Posté le 28.03.2007 par fansdemurielbaptiste
FILMOGRAPHIE COMPLETE DE MURIEL BAPTISTE
Née Yvette Baptiste le 11 juillet 1943 à Lyon
Décédée le 7 septembre 1995 à Paris 18ème
Elevée par sa tante puis en pension en Angleterre et en France
D'abord petit rat au Châtelet de 10 à 13 ans. Doit renoncer à cause d'un accident de ski.
Ensuite veut devenir journaliste (engagée comme secrétaire à "Paris Match")
Puis modèle pour des photos de mode (Magazine: "Marie Claire")
1964: Théâtre: Gigi, de Colette, son rôle: Gigi
1965 Cinéma: Déclic et des claques, de Philippe Clair, avec Enrico Macias, son rôle: Pistache
1965: Théâtre: Le nez en trompette, de Michel Fermeau (annoncé dans le journal "Marie Claire")
1965: TV: quelle famille (série), de Roger Pradines, son rôle: Martine Anodin
1966: TV: Plainte contre X, de Philippe Ducrest avec Hélène Duc, J L de Villalonga, Jacques Morel, son rôle: Lisbeth
1966: Cinéma: Les sultans, de Jean Delannoy, avec Gina Lollobrigida, son rôle: Kim
1967: TV: La princesse du rail, série de 26 épisodes avec Jacques Santi
(En 1972 fut remonté en 13 épisodes plus longs) son rôle: Annunciata
1967: TV: Par mesure de silence, de Philippe Ducrest, d'après André Helena avec Alfred Adam, Raymond Danjou; son rôle: Cynthia
1967: TV: Lucide Lucile, de Jean Paul Sassy, avec Juliette Mills et Marc Cassot, son rôle: Agnès
1967: TV: Les chevaliers du ciel, avec Jacques Santi et Christian Marin, son rôle: Muriel (initialement, le personnage s'appelait Colette)
1967: Cinéma: Les risques du métier, d' André Cayatte, avec Jacques Brel, son rôle: Martine Augier
1968: Cinéma: Le mois le plus beau, de Guy Blanc avec Yves Rénier, son rôle: Rosine
1968: TV: "Le corso des tireurs" de Philippe Ducrest, d'après le roman d'Ange Bastiani; son rôle: Babeth
1970: TV: Lancelot du lac, de Claude Santelli, diffusé le 25 décembre 1970 2e chaîne, son rôle: La princesse Hélène
1971: pièce de théatre: TCHAO avec Pierre Brasseur
1971: Théatre: Zoé, de Jean Marsan, filmé pour "Au théâtre ce soir"; son rôle: Zoé
1971: TV: Maigret aux assises, téléfilm de Marcel Cravenne, avec Jean Richard, son rôle: Ginette Meurant
1972: TV: Allo Juliette, de Jacques Pierre, avec Danièle Evenou, téléfilm, son rôle: Sophie Ponthiviers
1972: TV: Les dernières volontés de Richard Lagrange, de Roger Burckhardt, son rôle: Geneviève Lagrange
1972: TV : Les rois maudits, série, de Claude Barma avec Jean Piat, son rôle: Marguerite de Bourgogne
1973: TV Témoignages (1 épisode) de Roger Burckhardt, diffusé sur la 3e chaîne
1973: TV : Le premier juré, série de 20 épisodes de Roger Burckhardt, avec Michel Le Royer, rôle de Pierrette Vanier
1974: TV: La double vie de Mademoiselle de La Faille, de Michel Subiéla, avec Joel Bion, rôle de Clémence de la Faye
A noter: il s'agit d'un épisode de la série "le tribunal de l'impossible" que l'ORTF mit près de quatre ans à diffuser.
1974: TV: Contre-enquête:"L'affaire Bernardy de Sigoyer", de Régis Forissier, avec Gabriel Cattand, son rôle: Irène Leblond
1974: TV: Un curé de choc, série de Philippe Arnal, avec Jean Sagols, Muriel ne joue que dans un épisode intitulé: "La mariée s'envole" Son rôle: Sonia.
A noter: "Télé Poche" en juillet 1972 mentionne que Muriel a joué au cinéma dans "La cavale", de Michel Mitrani (1971). Elle ne figure dans aucune scène du film.
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Posté le 28.03.2007 par fansdemurielbaptiste
Et puis vint l’hiver…
Et puis vint l’hiver. Le plus beau de ma vie, qui précédera le plus beau printemps. Le jeudi 21 décembre 1972, c’est le choc. Dans le premier épisode des « Rois maudits », adapté de l’œuvre de Maurice Druon, intitulé « Le roi de fer », Muriel joue le rôle de Marguerite de Bourgogne, reine de Navarre, future (éphémère) souveraine de France. Elle est resplendissante de beauté, de charme, de magnétisme, sous la direction de Claude Barma. La voix est toujours aussi fascinante, c’est celle d’Annunciata. Cependant, elle devient ce soir-là pour moi Muriel (Je l’appelais jusque-là « La princesse du rail »). Annunciata et Marguerite sont deux rôles tragiques. Les deux personnages connaissent une mort dramatique. C’était le temps où mes larmes étaient vite séchées parce que c’était, comme on dit, « du cinéma ». Le 28 décembre, Marguerite meurt dans le second épisode des « rois maudits » : « La reine étranglée ». L’émotion est à son comble.
Que dire de cette fin d’année 72 si ce n’est que je n’ai plus qu’une chose en tête : Muriel Baptiste. Il me semblait que quelque chose commençait qui n’aurait jamais de fin.
Muriel n’a que six scènes dans « Les rois maudits » : trois dans chacun des deux premiers épisodes. Elle est donc loin d’occuper l’écran pendant les 90 minutes que compte un volet des « Rois maudits ». Pourtant, elle est omniprésente. Il est d’ailleurs question jusque dans le sixième et dernier épisode de son personnage de reine assassinée.
Georges Delerue (1925-1992) a signé la superbe musique des « rois maudits ». Dans les lignes qui suivent, j’ai noté les différents moments où la musique intervient dans les scènes avec Muriel Baptiste.
Pour la commodité de la compréhension, j’ai appelé le thème triste qui apparaît à plusieurs reprises « la lettre du désespoir », faisant référence à une scène de l’épisode « la reine étranglée » où cette musique figure.
Ce thème triste est présent tout au long de la série, il exprime la désolation, la désillusion, le désespoir, la tristesse. Cette musique reviendra bien après la mort de Marguerite de Bourgogne.
J’ai aussi noté un thème récurrent, une douce mélodie médiévale romantique, elle aussi omniprésente dans la série, une musique qui évoque la sérénité et l’amour.
En dehors de la musique composée par Delerue, il y a la voix de Muriel, qui résonne comme une musique, avec ses tons graves, solennels. Dans certaines scènes sans musique, c’est la voix de Muriel qui la remplace.
Scène 1 : La tour de Nesle
Plusieurs musiques selon les situations vont s’enchaîner dans cette séquence. Muriel apparaît dans une superbe robe rouge, elle est la plus petite, en taille, de tous les protagonistes présents à l’écran. Elle veut rassurer son amant jaloux, Gautier.
Nous avons au début la douce mélodie médiévale, qui accompagne l’arrivée des frères d’Aunay. Curieusement, dans cette scène joyeuse apparaît le thème de « La lettre du désespoir ».
Enfin, lorsque les templiers sont emmenés au bûcher, un autre thème, très dramatique celui-là, bien que très court, intervient juste avant la scène d’amour entre Marguerite et son amant.
Scène 2 : Maubuisson : la dénonciation d’Isabelle
Aucune musique dans cette scène, qui réunit les trois princesses, le roi, Isabelle, les frères d’Aunay, les gardes. Juste avant qu’Isabelle et son père n’arrivent chez les princesses, on entend un bruit de vent.
Muriel porte dans cette scène une robe différente, cette fois rose.
En fin de séquence, lorsque les frères d’Aunay sont confondus et que Robert d’Artois triomphe, on entend brièvement le thème de Delerue « la lettre du désespoir ».
Scène 3 : Maubuisson : le jugement
Dans cette scène, il n’y a aucune musique, en dehors de la voix de Muriel : « Moi, j’ai eu le printemps », lors du face à face entre Marguerite et Isabelle. Muriel a troqué les belles tenues pour une robe de bure de moine et a le crâne rasé. A la fin de la scène, lorsque les trois princesses condamnées quittent en file indienne le décor résonne un gong.
Scène 4 : Le roi est mort
C’est le début de « la reine étranglée ». Marguerite et Blanche s’exclament de joie à l’annonce de la mort de Philippe Le Bel. Elles portent chacune des coiffes sommaires et des robes de bure. Aucune musique dans cette scène. Nous assistons à l’affrontement de Marguerite avec Bersumée, le geôlier.
Robert d’Artois arrive et une courte musique magistrale l’annonce, pour ensuite laisser la place aux dialogues.
Nous quittons ensuite Muriel pour deux scènes sans elle : Le roi Louis X qui n’arrive pas à dormir appelle Eudeline, la lingère, et Robert d’Artois qui questionne le chapelain sur les confessions des prisonnières.
Après, c’est le jeu du chat et de la souris entre Marguerite et Robert : aucune musique lorsque Marguerite refuse d’abdiquer.
Scène 5 : La lettre du désespoir
Cette scène, annoncée par la musique de Delerue, met en confrontation Muriel Baptiste et Catherine Hubeau, soit Marguerite et Blanche. Scène poignante où la reine Marguerite se résout à abdiquer et écrit la fameuse lettre.
Scène 6 : les assassins dans la prison
Ce sont les adieux de Robert et Marguerite, la colère de Robert contre Bersumée, l’assassinat de Marguerite, à aucun moment, la musique de Delerue n’intervient.
Scène 7 : Blanche écrasée de douleur
A nouveau le thème de Delerue « La lettre du désespoir », la voix de Desailly magistrale : « il ne restait plus à Château Gaillard qu’une princesse captive, égarée de douleur, qui pleurait sur le corps de l’infortunée Marguerite ». Blanche est devant le cercueil, et pleure. Le générique de fin soit le thème des « rois maudits » vient nous surprendre en pleine émotion.
« Les rois maudits » a malheureusement marqué le début de la fin pour Muriel en tant qu’actrice, ce dont j’étais très loin d’être conscient à l’époque. Après un rôle aussi fort, les propositions auraient dû se bousculer. Ce ne devait pas être le cas. Muriel a épousé la cause de Marguerite de Bourgogne. Elle ne joue pas, elle est Marguerite. Elle sacrifie sa belle chevelure lorsque Marguerite, convaincue d’adultère, est tondue. Muriel a confié à Télé Poche être tombée malade après le tournage ayant perdu sept kilos, avoir dû voyager pour se retrouver et n’avoir rien tourné entre mars et juillet 1972.
Je ne pense pas alors aux lendemains, où plus exactement, je n’envisage que des lendemains qui chantent. Le 31 décembre 1972, j’étais sur un nuage, le 31 décembre 1973, j’en étais (hélas) bien redescendu.
Posté le 28.03.2007 par fansdemurielbaptiste
Elle était fantastique, magnifique, et a enchanté mon enfance et adolescence. Sous l'ORTF, elle passait d'un feuilleton à l'autre. Le point culminant fut l'année 1972-1973.
Je l'avais découverte dans "la princesse du rail" aux côtés de Jacques Santi. Une bohémienne nommée Annunciata, une belle brune aux cheveux longs. Le feuilleton se terminait mal, pour elle, mais comme on dit, c'était du cinéma.
Je collais ses photos, ses interviews dans des cahiers. Les feuilletons se succédèrent: et puis un jour LE rôle. Marguerite de Bourgogne dans "les rois maudits", aux côtés de Jean Piat. Noël 1972. Elle mourrait tragiquement à la fin du second épisode.
Muriel Baptiste, un nom magique, en 72, j'avais 13 ans et elle occupait tout mon esprit.
Muriel et Marguerite se confondant un peu en moi, j'ai vu le fameux CHATEAU GAILLARD aux Andelys, ou en 1315, la reine Marguerite de Bourgogne, restituée avec tant de talent par Muriel, a été assassinée. Enfin, les ruines de CHATEAU GAILLARD évidemment.
Et puis, en 74, deux seules apparitions: un téléfilm (à l'époque on disait "une dramatique": la double vie de mademoiselle de la FAYE", et un épisode d'une navrante série, "un curé de choc" avec jean Sagols.
Après, plus rien, sauf peut être du théâtre?
Le cinéma lui avait offert un rôle dans "les risques du métier" avec jacques Brel, et aussi deux films: "les sultans" et "la cavale". Puis la TV l'avait accaparée.
En 75, "les rois maudits" repassèrent. A l'époque, les magnétoscopes, les dvd n'existaient pas, chaque diffusion était précieuse.
En 1987, j'avais bien grandi (j'ai eu ma fille cette année là) et ce fut la 3e diffusion des "rois maudits". Muriel toujours invisible, j'entrepris de savoir ce qu'elle était devenue, allant jusqu'à démarcher CLAUDE BARMA! Sa secrétaire me répondit: "Claude barma non plus n'a pas de nouvelles de Muriel Baptiste". Barma est décédé en 1992. Le comédien Jean Piat, auquel j’écrivis, me répondit à son tour gentiment en 1990 que depuis le feuilleton, il n’avait jamais revu Muriel, sa partenaire des « rois maudits ».
Mon « enquête » si l'on peut dire aboutit à ce qu'elle avait un projet au théâtre en 1977, non concrétisé, et qu'elle avait figuré dans l'annuaire professionnels des comédiens jusqu'en 1982.
Je l'imaginais loin des studios, ayant quitté le métier, mariée, heureuse, maman, que sais-je encore.
Et puis France 2 a décidé de faire un très mauvais remake des "rois maudits". L'actrice Hélène Duc, qui jouait dans la version 72, tient un petit rôle dans le remake, et a donné une interview au journaliste Mathieu Brughera:
"Il n'y a pas de malédiction sur ceux qui tournent dans les rois maudits. Le seul drame concerne la comédienne Muriel Baptiste qui jouait dans la première version. Cette jeune comédienne qui débutait était remarquable. Et pourtant elle n'a eu aucun succès. Elle s'est suicidée. J'ai eu beaucoup de peine".
Mme DUC, vous n'êtes pas la seule. J'ai donné cette info sur le site france 2 des "rois maudits" et découvert toute une série de messages de fans qui ne l'ont pas oublié et sont consternés. Je n'étais pas le seul à l'aimer autant.
Muriel s’est en effet suicidée le 7 septembre 1995 à Paris, à l’âge de 52 ans, dans l’indifférence générale et aucun média ne lui a rendu hommage ni n’a signalé la nouvelle.
Pour moi, c'est un rideau qui tombe sur ces années d'enfance et d'adolescence, sur cet amour bien innocent.
Des artistes que j'aimais beaucoup ont disparu au fil des ans. On se fait une raison, cela rend triste, mais ce ne sont pas des personnes que l'on connaît dans la vie.
Mais là, cette fois, je n'ai pas l'impression que c'est une "idole" qui est partie. C'est beaucoup plus.