Posté le 30.03.2007 par fansdemurielbaptiste
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Posté le 30.03.2007 par fansdemurielbaptiste
La dernière interview de Muriel Baptiste
Dans un article de deux pages de Télémagazine sous le titre « Le drame de la vérité » (à propos de la rediffusion de la pièce « Zoé », le journaliste Christian José Gonzalez a recueilli la toute dernière interview de Muriel. C’était le 1er juillet 1977.
Pour succéder à Nicole Courcel dans le rôle de Zoé, cette jeune femme fantasque et exubérante, d’une franchise qui confine à l’ingénuité (ou à la perversité ?), Jean Marsan choisit Muriel Baptiste, offrant ainsi son premier rôle comique à cette ravissante actrice brune aux yeux noisettes qui reconnaît elle-même être du genre « marrant ».
C’est à dix ans que Muriel Baptiste monte pour la première fois sur les planches : alors passionnée de danse elle est petit rat au Chatelet. Mais à treize ans, un malheureux accident de ski lui interdit de poursuivre dans cette voie.
Quelques années plus tard, elle est secrétaire à « Paris Match ». Elle pense un moment à être journaliste, pose pour des photos de mode, entre comme mannequin chez Catherine Harlé, en rêvant de devenir comédienne quand, ses photos ayant éveillé la curiosité, des producteurs italiens lui proposent de tenir un rôle dans « Les sultans » dont la vedette est Gina Lollobrigida. Muriel accepte et se pique au jeu.
Cette carrière entamée par hasard, elle ne veut justement plus la laisser au hasard. Promue comédienne, elle s’inscrit dans un cours de comédie. « Gigi », la pièce de Colette, pour laquelle elle a été préférée à plusieurs autres candidates et qu’elle jouera à Paris et en tournée en 1965, va la révéler au public.
Ensuite, très vite, c’est sa rencontre avec la télévision, et son rôle porte bonheur de « Quelle famille ! ». Ce feuilleton de Jean Nohain qui malgré un succès tout relatif, la fait découvrir et aimer des téléspectateurs.
Après « Quelle famille ! », Muriel ne cesse plus de tourner, enchaînant dramatique sur feuilleton. C’est un démarrage aussi soudain que brillant. Trop brillant peut-être ! Elle admet avoir eu trop de chance à ce moment-là.
« Pendant un certain temps, j’ai marché à côté de mes souliers », reconnaît-elle.
On la voit notamment dans « Plainte contre X », « Maigret aux assises », « La double vie de Mlle de La Faille », dans des feuilletons : « Lucide Lucile », « Une fille comme les autres », « La princesse du rail » dont l’héroïne, contre toute attente, n’est pas Muriel Baptiste mais une locomotive Crampton de 1852 qu’elle devait d’ailleurs défier à cheval : cavalière inexpérimentée, elle dut prendre des cours accélérés d’équitation.
LE TRAVAIL EST LA SEULE CERTITUDE
Car sous ses dehors d’enfant terrible toujours prête à faire une blague à ses camarades entre deux prises de vue, ou une fugue..pour aller toréer des vachettes (ce qui mit son metteur en scène en fureur !), Muriel travaille beaucoup et prend son métier très au sérieux.
« Il n’y a pas de loi dans ce métier qui est basé sur des rencontres, sur des coups de chance, dit-elle aujourd’hui, et c’est pour cela que le travail est indispensable, parce qu’il est la seule certitude que l’on puisse avoir. »
Elle saura éviter l’écueil où s’échoue bien des acteurs de feuilleton dont le personnage éclipse complètement la carrière.
« J’ai joué des personnages qui étaient réels, dans lesquels les gens pouvaient se reconnaître : le rôle d’Annunciata dans « La princesse du rail » aurait peut-être pu me « marquer » mais j’ai eu la chance de mourir à la fin du feuilleton » explique-t-elle avec un sourire.
Et puis en 1971, elle est Zoé : « Mon premier rôle fantaisiste et j’en garde un très bon souvenir ».
Ce genre de rôle convient à son tempérament mais, à part dans « Le premier juré », on ne lui en a plus proposé par la suite à son grand regret. Quand elle parle de « Zoé », c’est d’abord sa rencontre avec Annie Sinigalia, qui jouait également dans la pièce, qu’elle évoque :
« Nous sommes devenues amies, et nous le sommes restées depuis ».
Ensuite son trac quand elle a enregistré la pièce :
« On répète durant trois semaines, et en une seule fois on joue son va-tout, sans avoir le droit de se tromper ni la possibilité de se rattraper, puisque l’enregistrement se fait en direct. C’est affolant. On doit oublier que l’on joue pour des millions de gens et se jeter à l’eau ».
Après « Zoé », Muriel Baptiste va changer complètement d’emploi avec « Les rois maudits », dans la fresque de Claude Barma, inspirée de l’œuvre de Maurice Druon, elle est Marguerite de Bourgogne, la volage épouse de Louis le Hutin qui mourra défigurée et à demi-folle. Et les téléspectateurs sont peut être déconcertés de la voir dans ce rôle de reine perverse et sensuelle, personnage âpre et tragique.
La rediffusion de « Zoé » nous donne l’occasion de revoir Muriel Baptiste que l’on avait peu vu sur le petit écran ces dernières années. Elle en avait assez des rôles de « minettes » et voulait faire le point parce qu’elle a le sentiment d’être à un tournant de sa carrière. Aujourd’hui, elle prépare sa rentrée au café théâtre en octobre.
Christian José GONZALEZ
Commentaires
Cet article recèle plusieurs erreurs :
1.Ce ne sont pas les producteurs italiens des « Sultans » qui ont contacté Muriel chez Catherine Harlé, mais d’autres italiens pour un film qui ne s’est pas fait.
2.« Gigi » (1964) est antérieur aux « sultans » (1966)
3.« Lucide Lucile » est une dramatique (téléfilm) et non un feuilleton
4.« Le premier juré » n’est pas un rôle comique
Sinon, c’est la première fois qu’une explication est donné sur l’absence de Muriel entre 1974 (« Un curé de choc ») et 1977. La rentrée au café théâtre en octobre 1977 n’a jamais eu lieu. Plus personne n’a entendu parler de Muriel ensuite…
Posté le 29.03.2007 par fansdemurielbaptiste
C'est en février 1967, à l'âge de sept ans et demi, que je fis la connaissance de Muriel en regardant "La princesse du rail".
Elle éveilla chez le petit garçon que j'étais un sentiment inconnu: l'amour.
Longtemps, je l'ai appelée "La princesse du rail" et non Muriel Baptiste.
En juillet 1972, la série fut rediffusée chaque jour à 12h30 tandis qu'en soirée à 20h10, Muriel était la vedette des 30 épisodes de "Les dernières volontés de Richard Lagrange".
Elle était alors au sommet de sa gloire, et annonça dans "Télé Poche" puis dans "Télé 7 jours" qu'on allait la revoir dans "Les rois maudits" de Claude Barma, d'après l'oeuvre de Maurice Druon.
Les 21 et 28 décembre 1972 furent diffusés les deux épisodes des "rois maudits" avec Muriel: "Le roi de fer" et "La reine étranglée".
Elle devint alors pour moi Muriel, une actrice dont j'étais éperdument amoureux (Comme on peut l'être à treize ans), et sans me réferer à son personnage de "La princesse du rail".
Muriel fut à nouveau la vedette d'une série, "Le premier juré" en mars avril 1973.
Ensuite, elle disparut des écrans, et on ne devait la revoir que dans "La double vie de Mlle de la Faille" (tourné en 1971, diffusé le 9 février 1974), "L'affaire Bernardy de Sigoyer" (Téléfilm de 50 minutes, mars 1974), et un épisode de "Un curé de choc": "La mariée s'envole" diffusé en juillet 1974.
Muriel Baptiste a alors abandonné sa carrière d'actrice et a sombré dans l'anonymat. Après le succès des "rois maudits", elle attendait de beaux rôles qu'on ne lui a pas offert.
Lors de la 3e diffusion des "rois maudits" en 1987, j'ai mené une enquête de trois ans pour la retrouver: en vain.
On a appris avec dix années de retard qu'elle s'était suicidée le 7 septembre 1995.
La plupart de ses anciens partenaires comédiens l'ignorait.
Posté le 29.03.2007 par fansdemurielbaptiste
Cette photo date de 1965, Muriel est en vacances, à l'aube de sa carrière commencée un an plus tôt.
Elle avait toute la vie devant elle, et deux ans plus tard, j'allais faire sa connaissance à la télévision en regardant la série "La princesse du rail".
Posté le 29.03.2007 par fansdemurielbaptiste
De 1964 avec la pièce de théâtre "Gigi" de Colette, à 1974 avec un épisode de la série télé "Un curé de choc", la carrière de Muriel Baptiste n'aura duré que dix ans.
Elle était très populaire, mais après avoir pris du recul en 1974 et tenté de revenir au café théâtre en octobre 1977, elle a quitté le métier.
Les médias, bien ingrats, n'ont même pas signalé son suicide le 7 septembre 1995.
Posté le 29.03.2007 par fansdemurielbaptiste
Muriel,
Tu étais la plus belle,
Tout le monde t'a oublié
Tu étais et reste pour l'éternité la seule et unique Muriel Baptiste
Posté le 29.03.2007 par fansdemurielbaptiste
Dimanche 1er avril 1973
Je me souviens très bien de ce dimanche en raison du film diffusé à 14h30 sur la 2 : « Ne jouez pas avec les martiens ». Fan inconditionnel de la série « Les envahisseurs », je me suis jeté sur cette histoire de soucoupes volantes et de martiens. Hélas, nous sommes ici plus dans l’univers de « La soupe aux choux » que dans celui de David Vincent. Le film, réalisé par Henri Lanoë en 1967, avec en vedette Jean Rochefort, Macha Méril et André Vallardy, nous montre des extra-terrestres fort peu menaçants. Lorsqu’on leur tire dessus, ils prennent un air étonné, sont imperméables aux balles qu’ils se mettent à manger ! Un film loufoque dans la lignée de « L’Alphoméga ».
J’ai aussi vu « Horizons sans fin » qui relate la vie de l’aviatrice Hélène Boucher, à 17h00, puis « Le jeune Fabre ». Le soir, ce fut « La bourse ou la vie » avec Fernandel et Jean Poiret. Par rapport aux autres dimanches, j’ai beaucoup regardé la télévision, mais cela n’empêche pas que j’attendais le lundi avec impatience.
Lundi 2 avril 1973
Ce soir là débutait à 19h45 un feuilleton en quarante épisodes : « Le temps de vivre, le temps d’aimer ». L’intrigue est très bien construite, passionnante, tout commence par le générique chanté par Jean Claude Pascal. Le feuilleton est co écrit par Alain Quercy, qui joue avec Muriel dans « Le premier juré ». La distribution est éblouissante : Jean Claude Pascal, Pascale Roberts (qui n’a jamais été si bien dirigée), Françoise Dorner, Anne Lonnberg (une future James Bond girl de Roger Moore dans « Moonraker »), Perrette Pradier, Renée Faure, Alain Quercy, Robert Lombard (Portefruit dans « Les rois maudits »), Nicole Pescheux (« Les gens de Mogador »). A partir d’un scénario solide et de comédiens tous très juste dans leurs rôles, Louis Grospierre signe un chef d’œuvre. La série a été rediffusée en 1977 mais je n’ai pu la revoir. Et là se pose la cruelle question : quel mauvais sort a fait que ce feuilleton tourné dans la campagne genevoise ne soit pas proposée à notre chère Muriel Baptiste ? Elle s’ennuie dans « Le premier juré » sur la Une chaque soir à 20h15, or en ce printemps 1973, elle passe à côté de deux rôles qui auraient définitivement assis sa popularité : celui de Jeanne Fortier dans « La porteuse de pain », et celui de Mathilde Gimbaut dans « Le temps de vivre, le temps d’aimer ».
Le feuilleton raconte les problèmes d’une femme d’affaires partagée entre sa vie familiale (son mari Jean joué par Jean Claude Pascal) et son métier de directrice d’une usine de prêt-à-porter. Elle devra aussi faire face à son passé, en la personne de Perrette Pradier, une ouvrière nommée Sylvie, qui lui mènera la vie dure.
Le feuilleton a été tourné en 1972, Pascale Roberts été alors âgée de 39 ans (Elle est née en 1933). Jean Claude Pascal né en octobre 1927 (comme Roger Moore) a 46 ans, Muriel avait alors 29 ans. Trop jeune pour être crédible en épouse de Jean Claude Pascal et en directrice ?
Dans le reste de la distribution, Muriel est trop âgée pour les rôles clefs : Françoise Dorner, l’une des filles du couple, est censée avoir 18 ans bien que l’actrice en ait en réalité 23. Carole, la secrétaire de Jean, est jouée par Anne Lonnberg. Elle est celle dont Pascale Roberts est jalouse (à tort). Elle a, comme Nicole Pescheux, joué dans « Mogador ». Muriel aurait pu jouer le rôle, mais celle dont les téléspectateurs se souviennent, c’est Mathilde/Pascale Roberts. Alors ? Si elle a été là au bon endroit et au bon moment pour « Les rois maudits », Muriel rate une des plus belles occasions de sa carrière.
Muriel est à 20h20 ce soir là dans « Le premier juré ». Jean Louis, journaliste, interprété par Alain Quercy, qui a co écrit et joué les deux feuilletons, présente sa cousine Pierrette Vanier (Muriel) à Patrick Leroy (Michel Le Royer). Bien sûr, je ne vais pas gâcher mon plaisir, qui est immense, de voir celle pour qui mon cœur bat, tous les soirs à la télévision, mais le feuilleton tourne très vite en rond, les apparitions de Muriel sont fugitives, rien jusqu’au dernier épisode ne laisse penser à une romance entre son personnage et celui de Patrick Leroy.
Muriel doit défendre un rôle plutôt discret, bien que seconde dans l’ordre de distribution après Michel Le Royer, face à Olga Georges Picot, Lise Lachenal et Aude Loring. Elle n’est que peu de temps présente à l’écran chaque soir, et pas à son avantage. C’est une catastrophe pour sa carrière.
Mardi 3 avril 1973
Muriel contre Pascale, acte 2. Dans « Le temps de vivre », Mathilde alias Pascale Roberts va partir pour un séminaire de travail. Elle passe le dimanche avec son mari et des deux filles. Mathilde est jalouse des élèves de son mari qui est professeur d’université. Françoise Dorner sera en 1986 l’héroïne d’une série policière, « Madame et ses flics » dans la distribution de laquelle on retrouve notre « Charles de Valois » Jean Deschamps.
Si l’on regarde les vingt premiers épisodes de cette série, on constate que la tension ne faiblit à aucun moment, tandis qu’au bout de vingt numéros, « Le premier juré » est bouclé, voire bâclé.
Dans le 5e épisode du feuilleton avec Muriel, le président lit l’acte d’accusation et procède à l’appel des témoins. Le commissaire Leroux (Raymond Barrat) fait sa déposition à la barre. En Nicole Roman, accusée innocente jetée en prison, Lise Lachenal peine à nous émouvoir. Nous ne sommes pas dans la géniale série « Le fugitif » et elle est à des lieues du Docteur Richard Kimble qui durant 120 épisodes de 50 minutes nous entraînait dans son cauchemar.
« Le premier juré » nous présente une famille de mafiosi italienne, Les Bardini. Il y a les frères, la sœur (jouée par Inès Nazari). Trop de personnages sont présentés pour vingt épisodes de quinze minutes.
Michel Le Royer joue très juste, dans son registre habituel, qui nous l’a fait aimer dans « Le chevalier de Maison Rouge » et « Corsaires et flibustiers ». Il est un familier de ce genre de feuilletons (« Face au Lancaster », « La famille Cigale »). Il est aujourd’hui la voix française du héros de la série « Lost ». Michel Le Royer a été injustement boudé par le métier. La vie ne l’a pas non plus gâtée avec un grave accident à l’œil. Dans « Le premier juré », il est encore le « jeune premier », le « gendre idéal », bref le héros.
Olga Georges Picot a un rôle plus intéressant à défendre. C’est la « bad girl », Michèle Florin, une femme tourmentée, fragile, qui au début semble irréprochable, et lorsque le feuilleton commence, elle est fiancée à Patrick Leroy avec lequel elle doit se marier. Mais elle cache de lourds secrets, va tomber malade, et Pierrette/Muriel lui ravira le cœur de son fiancé.
Le soir de ce mardi, mes parents ont regardé « Tino Rossi pour toujours » de Jean Christophe Averty.
Mercredi 4 avril 1973
« Daktari » revient à 15h15 à la place de « Voyage au fond des mers ». Je n’en ai jamais raté un épisode, même en grandissant. Je dois connaître par cœur « Reportage à Wameru », l’épisode de ce jour là. Je dois avoir 80 épisodes en vidéo sur les 89 existants, mais il s’agit de VHS bien fatiguées. Il semble qu’il n’y aura jamais de rééditions en DVD car les masters sont perdus ou abîmés. Cette série évoque pour moi la jeunesse et l’insouciance.
Le 3e épisode du « Temps de vivre, le temps d’aimer » nous montre une Pascale Roberts mal à l’aise dans un séminaire où elle est victime de discrimination par rapport à ses collègues masculins. En 1973, très en avance sur son temps, la série abordait un phénomène de société dont on ne parlait pas ou peu.
Dans « Le premier juré », Muriel joue les détectives avec Alain Quercy, ils sont convaincus que l’accusée est innocente et procèdent à leurs investigations de journalistes pour mener à bien une enquête parallèle à celle de la police. En avril 1973, il était pour moi impensable que ce feuilleton serait le dernier de Muriel. Il me reste la satisfaction de n’avoir pas raté un épisode, une minute de son talent immense, de sa présence qui allait cruellement me manquer par la suite.
Jeudi 5 avril 1973
Dans le 4e épisode de la série « Le temps de vivre, le temps d’aimer », Mathilde apprend qu’elle doit passer des tests professionnels alors que la plupart de ses collègues sont confirmés dans leur fonction. Le consortium pour lequel elle travaille vient d’être absorbé par un groupe international qui veut réorganiser totalement la maison de couture. Mathilde craint d’être licenciée. En 1973, le chômage, les délocalisations, la condition de vie des cadres n’étaient pas abordés dans les films. C’est venu dans les années 80 avec des films comme « Que les gros salaires lèvent le doigt ».
« Le premier juré » continue sa course avec un épisode dans lequel Muriel Baptiste et Alain Quercy tentent de semer le doute dans l’esprit de Michel Le Royer sur la culpabilité du personnage de Nicole Roman joué par Lise Lachenal.
J’ai regardé ce soir là Guy Lux avec mes parents d’un œil distrait, l’esprit ailleurs.
Vendredi 6 avril 1973
Muriel Baptiste est en photo ce vendredi dans Télé Poche page 126. On la voit de profil avec Alain Quercy mener son enquête. Dans cet épisode, Michel Le Royer lui aussi se met à enquêter et se rend dans l’immeuble où a eu lieu le crime, celui de Giuseppe Bardini, amant de Nicole Roman qu’elle est accusée d’avoir empoisonné.
A 15h15, j’ai revu avec un immense bonheur l’épisode « La chasse au trésor » de « Chapeau melon et bottes de cuir » que j’avais vu chez un oncle en septembre 1968. C’était diffusé sur la seconde chaîne et notre vieux poste ne la recevait pas.
L’épisode du « Temps de vivre » s’attarde sur la réaction de la famille de Mathilde aux tests professionnels.
En soirée, c’est « Mission Impossible » avec l’épisode « Le bouddha de Pékin ». On y retrouve Anne Francis qui jouait dans l’épisode « La soucoupe volante » de la série « Les envahisseurs ».
Demain est un jour sans Muriel.
Samedi 7 avril 1973
Télé Poche consacre sa couverture à « L’éducation sentimentale » et en page 45 mentionne que l’équipe des « Rois maudits Barma/Jullian/Delerue prépare pour la 2 le tournage de « Roméo et Juliette ». Des nouvelles de Thérèse Liotard, Philippe Rouleau, Frederique di Pasquale, et un samedi exceptionnel, malgré l’absence de Muriel Baptiste.
Tout commence à 15h15 sur la 2 avec « Chapeau melon » : « Un petit déjeuner trop lourd », suivi à 18h20 sur la Une du 9e épisode de « La porteuse de pain ».
Dans « Le temps de vivre, le temps d’aimer » à 19h45 sur la 2, Mathilde apprend qu’elle est nommée directrice d’une usine à 80 km de chez elle et ne sait comment l’annoncer à son mari. La série est de plus en plus passionnante.
Le soir, c’est le dilemme, car il y a sur le Une « Le concours eurovision de la chanson » et sur la 2, « Devine qui est derrière la porte » suivi du retour de « Amicalement vôtre ». Je sais que je n’ai pas raté l’épisode, mais j’ai pourtant des souvenirs du concours que gagne Anne Marie David dont ma mère dit : « Elle ressemble un peu à Muriel Baptiste ».
Cette fois, ma passion secrète ne l’est plus.
Parmi les participants, Cliff Richard, Patrick Juvet, Martine Clémenceau (que mes parents détestent et qui fera une belle carrière au début des années 80 avec « Solitaire », « J’perdrai la tête », « Le divorce »), Massimo Ranieri, Marie (celle qui chantait « Soleil » en 1971 et nous a quitté suite à une maladie en 1990) – il existe un site officiel sur elle : http://www.marie-chanteuse.info/indexmai.php
Patrick Juvet alors très en vogue fait un mauvais score avec « Je vais me marier Marie », tandis qu’Anne Marie David triomphe. Massimo Ranieri continuera une carrière à la fois d’acteur et de chanteur (Il gagne le festival de San Remo en 1988).
Avril 1973 est le paradis pour moi : « Amicalement vôtre » + Muriel Baptiste en même temps. Neuf épisodes seront programmés. Pour Roger Moore, dont le premier « James Bond » va sortir, c’est déjà de l’histoire ancienne.
L’épisode de ce soir là, « L’un et l’autre », est l’un des meilleurs de la série.
Dimanche 8 avril 1973
Heureusement que je me suis couché la tard la veille, il n’y a que « Le jeune Fabre » d’intéressant à voir ce jour là.
Lundi 9 avril 1973
Nouveau match Muriel Baptiste contre Pascale Roberts. « Le temps de vivre, le temps d’aimer » nous entraîne dans une petite ville, Châtenay, dont Mathilde devient la directrice. Mais elle est confrontée à son passé. Une femme, Sylvie (Perrette Pradier) lui voue une rancune féroce. Mathilde est originaire de cette ville où son père, contremaître, est maintenant décédé. Je me souviens d’une porte qui claque au domicile de Perrette Pradier au nez de Pascale Roberts : « Madame la Directrice, tu peux faire ce que tu veux à l’usine mais ici tu es chez moi ».
Muriel maintenant, dans le 9e épisode (déjà !) du « Premier juré », elle rencontre les frères de la victime – le téléspectateur a tout de suite compris que ce sont les assassins – ainsi que la veuve Juana Bardini. Après le dimanche ennuyeux, c’est avec un immense plaisir que je la revois. Ensuite, rendez vous avec un vieil ami, Edward Meeks des « Globe trotters », pour « Le loup des mers », une superbe série allemande d’après le roman de Jack London, passionnante d’un bout à l’autre (Je manquerai seulement le 5e épisode). Je me souviens encore de la musique ! Raimund Harmstorf (encore un comédien qui s’est suicidé) connaîtra le triomphe en 1975 avec « Michel Strogoff ». « Le loup des mers » fit l’objet d’un remake américain avec Charles Bronson vers 1994. La télévision en 1973 savait nous offrir de très bonnes séries.
Mardi 10 avril 1973
Muriel est en photo dans « Télé Poche », page 90, à l’occasion du 10e épisode du « Premier juré », une photo qui n’est pas tirée de la série. Elle porte un foulard à poids et tire une mèche de cheveux jusque sous son nez. Commentaire du magazine : « Muriel Baptiste – Pierrette a perdu des cheveux pour tourner « Les rois maudits » que vous avez vu à la fin de l’année. Mais en perdant sa chevelure, elle a gagné un très beau rôle.
Dans l’épisode, l’intrigue s’embrouille un peu : Nicole Roman reconnaît avoir menti lors de l’instruction. Un témoin récalcitrant, Steiner, vient jeter le trouble.
Sur la 2, Mathilde/Pascale Roberts se laisse convaincre par son mari, malgré l’hostilité qu’on lui manifeste à Châtenay, d’accepter le poste de directrice.
Rien vu d’autre ce soir là.
Mercredi 11 avril 1973
Mon programme de ce jour là ? L’épisode « Prince » de « Daktari », et les deux séries du début de soirée.
Mathilde vire l’ancien directeur de l’usine et retrouve sa mère (Renée Faure) qui semble cacher un secret de famille.
Le feuilleton n’est jamais lassant car il utilise avec intelligence les deux acteurs principaux. Nous suivons Jean Claude Pascal en professeur d’université, dont la secrétaire Carole est peut être – du moins dans les soupçons de Mathilde – la maîtresse, et les démêlées de cette dernière à Châtenay.
Les deux histoires sont menées en parallèle, ce qui nous vaut des changements de décors, et plusieurs scènes montrent les retrouvailles de Mathilde et Jean, loin de leur métier qui les sépare.
Dans « Le premier juré », l’intrigue tourne en rond : Patrick Leroy, aidé de Pierrette et Jean Louis, confond le témoin qui a chargé Nicole Roman. Il a menti par dépit amoureux. Muriel est encore bien présente à l’écran dans cet épisode.
Jeudi 12 avril 1973
Encore un épisode de « Témoignages « sur la 3 : « Divorce », avec Renée Saint Cyr, mais ce n’est toujours pas celui avec Muriel Baptiste.
Mathilde continue d’explorer son passé, aidé par un de ses collaborateurs, Fourassié, qui lui parle de son père. Jean sait qu’elle ne peut le rejoindre à Genève, débordée de travail, et vient passer le week end à Châtenay.
Le 12e épisode du « Premier juré » fait du sur place, avec la déposition d’un des assassins, Luigi Bardini. Muriel ne doit y faire qu’une fugitive apparition.
Vendredi 13 avril 1973
Un superbe épisode de « Chapeau melon et bottes de cuir » : « La dynamo vivante ». En 1977, je l’ai acheté en super 8 et donc le connaît depuis par cœur (en VHS, en DVD…..). Il s’agit d’un des épisodes un peu effrayants dans la lignée de « Interférences », « Les cybernautes » et « Le tigre caché ».
Dans « Le temps de vivre », Mathilde essaie de faire parler sa mère, en vain, pour découvrir les raisons de l’hostilité à son égard des habitants.
Le 13e épisode du « Premier juré » nous entraîne à Vaison la Romaine, sur les traces de Michèle Florin (Olga Georges Picot) qui y a disparu, sauf erreur de ma part, Muriel n’est dans aucune scène de l’épisode.
Samedi 14 avril 1973
Le télé poche cette semaine là met en couverture Walter Spanghero dont ce sont les adieux, et en photo couleurs page 2 Véronique Jannot. Des téléspectateurs se plaignent de « L’Alphoméga » et de l’émission de Bouvard « Samedi soir ». Des nouvelles de Nicole Maurey (qui jouait dans « La demoiselle d’Avignon ») et un article sur Jean Piat en compagnie de sa femme, la regrettée Françoise Engel qui jouait alors dans la pièce « Rappelez moi votre nom ». Chaque article sur Jean Piat fait allusion aux « rois maudits ».
Le samedi, il faut attendre 16h30 pour voir « Chapeau melon et bottes de cuir », l’épisode « Le village de la mort ». La scène où Emma Peel est plongée dans un lac attachée à une planche me revient en mémoire, parce qu’en octobre 1968 lors de la première diffusion, j’avais accompagné ma mère chez un oncle qui était en train de regarder l’épisode. Juste le temps de voir cette séquence là.
A 18h00, c’est sur la 2 le 13e et dernier épisode de « Anna et le roi », à la même heure ou presque que le 10e épisode de « La porteuse de pain ».
A 19h45, « Le temps de vivre, le temps d’aimer » en est au douzième épisode. Nicole Pescheux (Dorothée dans « Les gens de Mogador ») y fait son arrivée. L’épisode relate la jalousie de Mathilde qui apprend que son mari est parti aux USA y donner des conférences tandis qu’elle a dû régler un marché en Allemagne. L’intrigue est de plus en plus passionnante.
Après Roger Pierre et Jean Marc Thibault, excellent épisode de « Amicalement vôtre » : « Formule à vendre », dont télé poche attribue la réalisation au producteur Robert S. Baker alors qu’il est signé Roger Moore. Dans l’épisode, on découvre sa fille Deborah Moore (très jeune à l’époque), ainsi que l’actrice Nicola Pagett, vedette de « Maîtres et valets » que TF1 diffusera en 1975.
Dimanche 15 avril 1973
En dehors du 11e épisode de la série « Le jeune Fabre », rien d’intéressant. Beaucoup de bonnes choses la veille et toujours des dimanches sans relief.
Lundi 16 avril 1973
Trois grands rendez vous, d’abord à 19h45, la suite des aventures de Mathilde/Pascal Roberts. Mathilde est confrontée à une lettre anonyme qu’a reçue son mari l’accusant d’avoir une liaison avec l’hôtelier de Châtenay. Charmante et paisible bourgade où Pascale Roberts affronte l’hostilité de tous les habitants.
L’épisode du « Premier juré » se consacre à Olga Georges Picot, dont le personnage, Michèle, est de plus en plus énigmatique. Patrick Leroy apprend par la police des révélations à son sujet. Le rôle de Muriel Baptiste dans la série devient très mineur dans certains épisodes. Mais c’est un bonheur de la voir sur le petit écran.
Second épisode de la série « Le loup des mers », passionnante elle aussi – c’est du Jack London – qui alterne séquences du présent et flash back sur la jeunesse des deux héros.
Mardi 17 avril 1973
Deux programmes intéressants : « Le temps de vivre, le temps d’aimer » et « Le premier juré ».
Dans le 14e épisode du premier titre cité, Mathilde doit faire face à deux dilemmes, l’un professionnel, l’autre privé.
Fourassié, son collaborateur à l’usine de Châtenay, doit prendre sa retraite et plusieurs cadres jouent du coude et intriguent pour obtenir son poste.
Jean, son mari, est de plus en plus irritable et jaloux. Elle le trouve de mauvaise foi.
Dans « Le premier juré », Muriel revient au cœur de l’intrigue dans ce 15e épisode : son personnage, Pierrette Vanier, qui est restée à Genève, affirme y avoir vu Michèle Florin (Olga Georges Picot) au moment où cette dernière prétendait être à Vaison La Romaine.
Une complice des frères Bardini, Laurence Meunier (Aude Loring), s’apprête à faire des révélations sur le meurtre de Giuseppe Bardini.
Intrigue brouillonne, confuse, ce « Premier juré » ne vaut que par la présence lumineuse de Muriel Baptiste, dont c’est l’un des tous derniers rôles. Plus que cinq épisodes avant la conclusion.
Le soir, la Une a remplacé « Les Sans Studio » par une émission de variétés présentée par Georges de Caunes : « Spectacle pour un inconnu ».
Mercredi 18 avril 1973
A 15h15 sur la 2, un classique de la série « Daktari » : « Le petit chimpanzé ».
Ensuite, à 19h45, dans « Le temps de vivre », Mathilde convainc Fourassié de rester à son poste quelques années, cela lui permet de retrouver la paix dans son entreprise.
Son mari Jean, dans le même temps, se calme et devient moins jaloux.
Le 16e épisode du « Premier juré » est surtout une confrontation Patrick Leroy/Laurence Meunier. La jeune femme est victime d’un attentat devant le night club des frères Bardini au moment où elle allait parler. Du coup, le personnage que joue Muriel, la journaliste Pierrette Vanier, voit son temps d’antenne sacrifié.
Un évènement télévisuel ce soir : Yves Mourousi débarque à la télévision avec sa première émission, « Feux croisés », à 20h35 sur la Une. Il est alors totalement inconnu.
Jeudi 19 avril 1973
En septembre 1968, mon oncle nous avait invité à regarder la 2 (que notre vieux poste ne captait pas) et je découvrai « Chapeau melon et bottes de cuir » avec l’épisode « La chasse au trésor ». Chez lui, je devais voir quelques minutes d’un autre épisode « Le village de la mort ». Il tenta alors de nous installer cette chaîne et je pus voir « Interférences » et « Ne m’oubliez pas », mais le vieux poste 819 lignes fut ensuite réfractaire et si la 2 avait pu continuer à y être captée, j’aurais vu à Noël 1970 « Lancelot du lac » avec Muriel.
Ce 19 avril, je suis en vacances scolaires et je revois donc à 15h15 « Interférences » avec l’inquiétant Christopher Lee, une histoire de robots à apparence humaine. J’ai longtemps voulu revoir cet épisode (une troisième fois) et il m’a fallu patienter jusqu’à septembre 1987 sur A2.
C’est mon épisode préféré de la série avec « Les cybernautes ».
Ce jeudi 19 avril est le jour de la Sainte Emma, et Emma Peel apparaît pour la dernière fois dans cette rediffusion de l’après midi.
Dans « Le temps de vivre, le temps d’aimer », Mathilde et Jean déménagent de Genève à Châtenay, mais Jean part aux USA et Mathilde se retrouve seule dans l’usine en vacances.
Si elle fait une apparition dans le 17e épisode du « Premier Juré », elle doit être fugitive. Muriel Baptiste n’est pas au centre le l’action qui continue avec le sauvetage de Laurence et les révélations qu’elle fait avant de s’évanouir.
Sur la 3, un épisode de « Témoignages » : « L’heure de pointe » avec Anne Bellec.
Vendredi 20 avril 1973
Ma grand-mère me demande de renoncer à regarder « Chapeau melon » pour l’accompagner au chemin de croix à l’église. C’était un épisode avec Linda Thorson, « Miroirs ».
A 19h45, dans « Le temps de vivre », Mathilde/Pascale Roberts découvre des irrégularités dans les dossiers de l’usine. Elle s’inquiète aussi de la conduite de sa fille Catherine tombée amoureuse.
Dans le 18e épisode du « Premier juré », Patrick Leroy se rend à un rendez vous avec les frères Bardini. Muriel Baptiste, une fois de plus, bien que second rôle en importance dans la distribution, est sacrifiée à l’intrigue.
A « Mission Impossible » sur la Une, mes parents ont préféré voir « Marius » sur la 2.
Samedi 21 avril 1973
Télé Poche consacre sa couverture au couple de la série « Le temps de vivre, le temps d’aimer », Pascale Roberts-Jean Claude Pascal, qui fait un triomphe.
En photos page 2, nous avons les deux héroïnes de « Chapeau melon et bottes de cuir » : Diana Rigg et Linda Thorson.
Dans le courrier des lecteurs, si l’on salue « Le temps de vivre », personne ne se manifeste pour « Le premier juré », et Muriel ne bénéficie d’aucune retombée positive médiatique pour sa carrière.
Télé Poche donne des nouvelles de Marie José Nat, de Michel Creton et d’Yves Mourousi.
A 15h20, je vois pour la première fois Linda Thorson dans « Chapeau melon », l’épisode « Mais qui est Steed ? » me permet de faire la connaissance de l’acteur Ian Ogilvy qui sera en 1979 le successeur de Roger Moore dans le rôle du Saint.
A 18h20 sur la Une, c’est le onzième épisode de « La porteuse de pain », l’intrigue touche à sa fin.
Dans « Le temps de vivre », Mathilde licencie Lorget (Robert Lombard), l’auteur des indélicatesses à l’usine.
Dernière émission de « Devine qui est derrière la porte » pour Roger Pierre et Jean Marc Thibault, qui précède un « classique » de « Amicalement vôtre » : « Regrets éternels », avec l’ex femme de Sean Connery Diane Cilento et Denholm Elliot qui jouera avec Roger Moore en 1980 dans la comédie « Les séducteurs ».
Dimanche 22 avril 1973
C’est l’avant dernier épisode du feuilleton « Le jeune Fabre » dont je n’ai jamais vu la fin, le dimanche suivant, mes parents partent pour deux jours dans le sud et je les suis. Je raterai aussi le 5e épisode du « Loup des mers » le lundi.
Rien d’autre ce dimanche là à part « Les Monroe ».
Lundi 23 avril 1973
Dans le 19e épisode du « Temps de vivre », Jean (Jean Claude Pascal) surprend Jérôme dans la chambre de sa fille et un terrible accrochage s’ensuit.
Mais l’important, c’est l’avant dernier épisode du « Premier juré ». Muriel Baptiste est de la partie. Le procès de Nicole Roman touche à sa fin. Le dernier jour d’audience auquel assiste Muriel, Michel Le Royer et Alain Quercy.
Ensuite, nouvel épisode du « Loup des mers ».
Mardi 24 avril 1973
« Voilà, c’est fini », comme dirait Jean Louis Aubert. Le 20e et dernier épisode du « Premier juré », chant du cygne de la carrière de Muriel avant trois apparitions en 1974. Je me souviens de ce dernier épisode, avec une fin téléphonée, les frères Bardini tombent en panne et poussent leur voiture, ils ne veulent pas d’aide, leur attitude intrigue des agents de police qui les arrêtent. Nicole Roman est innocentée.
Au mépris de toute cohérence, Muriel Baptiste et Michel Le Royer partent bras dessus bras dessous en amoureux dans la dernière scène du feuilleton. Oubliée la fiancée officielle, Olga Georges Picot.
Mes parents ne sont pas là, ils sont allés faire une visite familiale. Je suis resté à la maison pour voir Muriel Baptiste une dernière fois dans « Le premier juré ».
Ce que je me suis dit ce soit là ? Son prochain rôle sera mieux. Je ne sais pas, hélas, que je ne suis pas prêt de la revoir. Heureux les insouciants !
Je vais tout de même vite déchanter et elle va cruellement me manquer.
Posté le 29.03.2007 par fansdemurielbaptiste
Jeudi 1er mars 1973
Ce sera un mois dense en émotions par la présence de Muriel Baptiste, mais je ne le sais pas encore. A 19h15 sur la 3, « Témoignages » continue avec l’épisode « Un monstre ». « Les gens de Mogador » ne sont toujours pas remplacés. Il me semble, mais je n’en suis pas certain, que mes parents ont regardé ce soir là la Une qui donnait le film de 1934 « Le lac aux dames » avec Jean Pierre Aumont.
Vendredi 2 mars 1973
« Le saint » continue sa course, une série de seulement douze épisodes avec l’épisode « Les faux monnayeurs ». A 19h30 débute « Anna et le roi » (autre série qui me rappelle ce merveilleux printemps 1973 avec Muriel Baptiste à la télé). La série est plaisante et sans prétention, et sera rediffusée en 1975 dans « Samedi est à vous ». Le soir, « Columbo » dans l’épisode « SOS Scotland Yard » me permet de retrouver Honor Blackman que j’avais aimée dans l’épisode « Scandale en première page » de la série « Les règles du jeu ». Il y a aussi Richard Basehart, le héros de la série du mercredi après midi « Voyage au fond des mers ». « Les habits noirs » approchent de la fin : Ouf !
La 3 propose « Le capitaine Luckner ».
Samedi 3 mars 1973
« Le saint », « La porteuse de pain », « L’homme de fer » avec l’épisode « Mystère à l’exposition ». Dans l’émission de Philippe Bouvard « Samedi soir », Jean Yanne fait une apparition controversée.
La Une a au programme en soirée le second épisode des « Six femmes d’Henri VIII » et la 3 « L’avare » de Molière avec Jean Dasté.
Dimanche 4 mars 1973
La litanie des vieux films poussiéreux continue le dimanche après midi : sur la Une, « Courrier Sud » de Pierre Billon avec Pierre Richard Wilm et Charles Vanel, sur la 2 « Mardi gras » d’Edmund Gouldeng avec Pat Boone et Christine Carrère. En soirée, la 2 diffuse « Des torpilles sous l’Atlantique »
« Le jeune Fabre » continue mais je ne verrais pas le 13e et dernier épisode « Le tunnel rouge » et n’en connaîtrai jamais l’épilogue. Sur la 3, « Cannon » dont les épisodes seront rediffusés les années suivantes sur d’autres chaînes. La chaîne continue avec un classique du cinéma, « Métropolis ».
Lundi 5 mars 1973
Le générique de « L’Alphoméga » m’est resté en mémoire : une chansonnette qui disait « L’Alphoméga, oh Dieu sait qui le trouvera ». C’est une série affligeante de médiocrité. Henri Virlojeux a eu au cours de sa carrière des choix plus inspirés.
La 2 n’a rien de mieux à offrir : Tout d’abord, le magazine « Actuel 2 » suivi de « Alain Decaux raconte », tandis que l’après midi nous avons droit à « la récompense », un film de Serge Bourguignon avec Yvette Mimieux et Max Von Sydow.
Sur la 3, un classique : « Ziegfield follies » de Vincente Minelli avec Fred Astaire.
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Quelque chose est dans l’air, je suis toujours aussi amoureux de Muriel Baptiste trois mois après la diffusion des « Rois maudits », et j’ai comme le pressentiment que je vais la revoir très vite.
Le printemps arrive ce mois là.
Mardi 6 mars 1973
Ce sont les éliminatoires du Concours Eurovision de la Chanson sur la Une, Martine Clémenceau sera la représentante française 1973 à ce concours.
La 2 propose le film « L’empereur et le général » de Kihachi Okamoto. « Les dossiers de l’écran » sont consacrés au père de Foucauld avec le film « L’appel du silence ».
La 3 à 19h40 « La vie rêvée », un téléfilm avec Jeannette Hubert.
Mercredi 7 mars 1973
« Les habits noirs » cèdent la place à un soporifique feuilleton tiré de l’œuvre de Charles Exbrayat, « Les messieurs de Saint Roy » avec Jacques Alric, Louis Arbessier, Henri Guisol et Jacques Debary ». Le feuilleton de la 2 à 19h30 « Anna et le roi » est autrement plus intéressant. La Une propose en soirée un téléfilm : « Le complexe de Faust ».
Sur la 2, du football avec un match Ajax-Bayern.
La 3 à 19h40 nous offre un documentaire de la BBC « Ombres sur les nuages : histoire du dirigeable » et à 21h40 une émission de variétés, « Cabaret 3 » dont l’invitée vedette est Cora Vaucaire.
Jeudi 8 mars 1973
Je regrette de ne pas voir l’épisode « Antiquités » du « Saint » dans lequel joue Peter Wyngarde, le héros de la série « Département S ».
La Une déprogramme une rediffusion : « La caméra explore le temps : « La mort de Marie Antoinette », au profit d’une comédie de Félicien Marceau : « Le Bajour », tandis que la 2 n’a toujours pas remplacé « Mogador ». Salvatore Adamo est l’invité vedette de Guy Lux suivi du magazine « Presto ».
La télévision nous sature avec la campagne électorale à laquelle je ne comprends rien. Beaucoup de débats et d’émissions y sont consacrés.
Vendredi 9 mars 1973
La 2 déprogramme l’épisode du « Saint » : « La pièce d’or » pour le remplacer par un autre : «Le noyé ». Le soir, « Columbo » en arrive à son avant dernier épisode. La 2 propose « Les hors la loi », de James B. Clark avec Alan Ladd et Don Murray
La 3 « Veillées 73 », un documentaire de Claude Dupont.
Samedi 10 mars 1973
Fin anticipée du « Saint » avec l’épisode « Le fugitif », une histoire de chasse aux nazis. La 2 n’aura rediffusé que douze sur les treize épisodes programmés en avril 1970 sur la même chaîne. A noter dans cet épisode la grande actrice shakespearienne Francesca Annis, et le comédien John Barrie, vedette de deux séries britanniques que nous n’avons jamais vues en France : « The Z cars » et « The doctors ».
A 18h20, « La porteuse de pain » en est à son cinquième épisode, celui où Jeanne Fortier passe aux assises.
A 20h35, je regarde « Devine qui est derrière la porte » et apparaît un barde breton, Alan Stivell, et sa chanson « Tri Martolod » m’emballe immédiatement. Je décide d’acheter le disque sans savoir que cela sera une occasion de revoir Muriel Baptiste, vous trouverez cette info à « Vendredi 16 mars 1973 ». Pour cette raison, « Tri Martolod » devient l’hymne de ce printemps 1973 et à chaque écoute me revient en mémoire Muriel dans « la reine étranglée ».
La soirée se termine avec « L’homme de fer », épisode « Les péripéties du sergent Brown » qui en vedette Ed, interprété par Don Galloway. On a revu cet acteur dans les années 80 dans « Mac Gyver ».
Renée Saint Cyr est la vedette sur la 3 de « Il faut que le Sycomore coule », une pièce de Jean Michel Ribes.
Dimanche 11 mars 1973
Une journée d’élections, avec soirée électorale. J’ai vu ce jour là « Le jeune Fabre », et le film avec Robert Hossein « Brigade anti gangs ».
Michel Le Royer est invité de l’émission « Le sport en fête », mais je ne l’ai pas regardé, ou bien il n’a pas mentionné la série avec Muriel Baptiste qui va débuter le mercredi 28 mars, « Le premier juré ».
Lundi 12 mars 1973
Moi qui me plaignais de « Balsamo » ! C’est un chef d’œuvre à côté de « L’Alphoméga », triste farce de Lazare Iglésis. « Anna et le roi » à 19h30 sur la 2 est un moment de fraîcheur avec l’épisode « Le mariage d’Anna ».
La 3 diffuse le film « Le chevalier de Maupin » avec Catherine Spaak et Ottavia Piccolo.
Mardi 13 mars 1973
Encore un film que j’ai vu parce que mes parents l’avaient choisi : « Le défroqué » avec Pierre Fresnay, dans le cadre des « Dossiers de l’écran ».
Sur la 3, il y a un nouveau feuilleton avec Paul Guers, le père de Mehdi dans « Le jeune Fabre », intitulé « La feuille de Bétel ».
La Une est désespérément grise alignant « Les messieurs de Saint Roy », un feuilleton policier ennuyeux et l’émission « Les sans studio ».
Mercredi 14 mars 1973
« Anna et le roi » sur la 2 (« Bicycle ») précédé le 21e téléfilm de « Maigret » avec Jean Richard : « Mon ami Maigret », avec Micheline Luccioni. Je regardais « Maigret » depuis « Cécile est morte » en 1967. Je n’en avais pas manqué un seul épisode. Cette série hélas n’a pas résisté aux ravages du temps. En revoir aujourd’hui un épisode (à part « Maigret aux assises » avec Muriel) ne me tente pas.
Jeudi 15 mars 1973
« Mogador » est enfin remplacé par une nouvelle série, « L’éducation sentimentale », d’après une œuvre inachevée de Flaubert, mais mes parents estiment que cela finit trop tard et je n’aurais pas l’autorisation de la voir.
Pas de série sur la 2 à 15h15 ce jour là, mais un film de Fernandel, « Le rosier de Mme Husson ».
« Témoignages » continue sur la 3 avec l’épisode « Peter » dans lequel joue André Falcon.
Souvenir précis du vendredi 16 mars 1973
J’en ai parlé à plusieurs reprises, le vendredi 16 mars 1973 fut peut être le jour le plus mémorable de ces années d’adolescence pendant lesquelles je me passionnais pour Muriel Baptiste.
Le samedi 10 mars, Roger Pierre et Jean Marc Thibault avaient sur la seconde chaîne ORTF invité dans leur émission « Devine qui est derrière la porte » le chanteur breton Alan Stivell. Je ne le connaissais pas. Il chanta « Tri martolod » et l’air me plut immédiatement. J’avais cette chanson dans la tête et je décidai d’acheter le disque.
En 1972-73, j’étais en classe de quatrième. Je rentrais à midi et généralement regardais d’un œil distrait Danièle Gilbert et son « Miditrente ». Les journaux télévisés ne m’intéressaient pas. Je terminais tôt mes cours le vendredi après midi (vers 15h00) mais ce ne fut pas le cas ce vendredi 16 mars. En effet, en quinze minutes, je rentrais facilement du collège pour regarder la série de la 2 (Pendant cette année scolaire : « Match contre la vie », « Le saint », « Chapeau melon et bottes de cuir »). Or, je n’ai pas vu le 1er épisode de « Chapeau melon » diffusé ce vendredi 16 mars : « Bons baisers de Vénus ». Il y eut certainement, comme cela arrivait parfois, un cours de rattrapage d’un professeur absent de 15 à 16 heures. J’ai découvert ce « Bons baisers de Vénus » en 1977 sous forme de film super 8 lorsqu’il fut disponible à la vente sous ce format peu pratique à dire vrai.
C’est donc vers 16 heures que je me rendis en ville décidé à acheter le 45 tours d’Alan Stivell. Il faut une vingtaine de minutes pour se rendre au centre ville. A cette époque se trouvait rue de l’église un immense disquaire et il fut facile de mettre la main sur le 45 tours.
En sortant avec mon disque à la main, j’avisais la vitrine du libraire en face. Ce n’était pourtant pas un endroit attrayant, une librairie assez austère, surtout portée sur les ouvrages de religion et que peu de jeunes fréquentaient.
Les six tomes des « Rois maudits » étaient en vente, disposés en vitrine trois par trois, le second au centre montrant la photo de Muriel Baptiste en couverture.
Ce sont des moments de la vie que l’on oublie pas, car j’étais certainement en train de penser à elle (le 16 mars, nous étions trois mois après la diffusion des « rois maudits » et un de celle des « risques du métier).
Malheureusement, le livre coûtait 28 francs, somme que je n’avais pas en poche. Télé Poche à l’époque coûtait 1 franc et 30 centimes pour donner un ordre d’idée.
Je restai un moment à bader devant la vitrine, le cœur battant à rompre. Il me fallut attendre le lendemain pour revenir acheter ce précieux livre, qui représentait une grosse dépense pour mon budget à l’époque. Je précise que je possédais déjà en livre de poche « La reine étranglée » et n’ai acheté cette édition grand format Plon Del Duca que pour la photo de Muriel en couverture.
Muriel n’y est pourtant pas à son avantage, car cette photo la montre en gros plan dans les derniers instants de son personnage à Château Gaillard dans « La reine étranglée ».
Je revins chez moi fortement troublé. Le lendemain, c’était le 17 mars, jour de ma fête, la Saint Patrick, mais je ne pouvais demander ce cadeau à mes parents. Ma passion pour Muriel Baptiste était secrète.
Il n’y avait rien d’extraordinaire à regarder à la télévision ce vendredi soir là. Sur la 2, à 19h30, « Anna et le roi », série sympathique mais sans plus, avec Samantha Eggar et Yul Brynner, l’épisode s’intitulait « Education du prince héritier ». Je n’ai jamais revu cette série et me souviens seulement de la musique du générique et des claquements de main du roi joué par Brynner.
Samedi 17 mars 1973
La semaine qui commence allait être riche en rebondissements pour le fan de Muriel Baptiste que je suis. Ce 17 mars, Télé Poche présente en photo couleurs page 2 une actrice des « Rois maudits », Catherine Rouvel.. C’est une occasion pour le magazine de reparler de la série. Les autres nouvelles sont le début du tournage de « Chéri Bibi » avec Hervé Sand, l’accident dont est victime le comédien Pierre Santini (Coupure d’un doigt), la présentation de Martine Clémenceau qui va chanter à l’Eurovision, les nouveaux téléfilms d’André Gille et de Mary Marquet en tournage.
Côté programmes : « Chapeau melon et bottes de cuir » avec « Les marchands de peur », un classique. A 18h20, c’est le sixième épisode de « La porteuse de pain », toujours aussi passionnante. Le soir, sur la Une continue la série « Les six femmes d’Henri VIII » et en face sur la 2 « Devine qui est derrière la porte » avec la séquence « Les maudits rois fainéants ».
« L’homme de fer » met cette fois en vedette Marc alias Don Mitchell dans l’épisode « Candy ». La 3 a choisi des émissions au public plus ciblé comme « Le masque », dédié au peintre Théodore Braumer, et « Réalité fiction ».
Dimanche 18 mars 1973
Encore un Fernandel à 17h10 : « Raphaël le tatoué » avant de retrouver à 19h10 « Le jeune Fabre » dont c’est le septième épisode. Le film du dimanche soir est particulièrement bon : « Compartiment tueurs » de Costa Gavras. Rien ne vaut la première vision de cette intrigue bien menée. On y retrouve Claude Mann (« Un taxi dans les nuages »). La 2 s’était donné le mot pour trouver un film aussi vieillot que le Fernandel, c’est « Une fille qui promet » de 1957 avec Jane Powell. Sur la 3, la série « Cannon » qui va être régulièrement diffusé jusque dans les années 80.
Lundi 19 mars 1973
Rien d’intéressant après « Anna et le roi » à 19h30. Il semblait y avoir un film intéressant sur la 3, « Benito Cereno » de Serge Roullet.
Mardi 20 mars 1973
Le lendemain, en achetant Télé Poche, j’aurai un grand choc, mais ce 20 mars, il n’y a rien à regarder à la télé. « Les sans studio », « Le dossier noir » d’André Cayatte prévu sur la 2 est remplacé en dernière minute par « Le glaive et la balance » et sur la 3, « La voix venue d’ailleurs ».
Mercredi 21 mars 1973
Muriel Muriel Muriel ! Ca y est, elle revient, elle est là, même si la photo n’est pas belle. Elle est aux côtés d’Alain Quercy. La série s’appelle « Le premier juré », il y a vingt épisodes. Mon cœur bat à tout rompre. Le 21 mars, il n’y a rien de rien à la télé, même pas « Anna et le roi », mais de quoi se plaindre quand on sait que l’on va revoir l’objet de sa passion vingt soirs de suite ?
Ce sera la dernière joie, la dernière bonne surprise, après la tristesse viendra car Muriel va déserter la télévision.
Elle est toujours aussi belle, même sur une mauvaise photo. Elle est unique. Son personnage s’appelle Pierrette. Je compte les jours jusqu’à mercredi 28. Je suis sur un nuage. J’ai sans doute dû avoir l’air absent ce jour là.
Pourquoi cette époque bénie s’est elle terminée ? J’étais heureux, fou de joie, d’un bonheur qui était candide et naïf.
Jeudi 22 mars 1973
Programmes sans intérêt. Mes parents regardent « Cadet Rousselle », moi j’ai la tête ailleurs. Vite ! Que « Les messieurs de Saint Roy » laissent la place au « Premier juré » !
Sur la 3, « Témoignages » propose l’épisode « Eve et l’inventeur » avec Odette Joyeux et Jean Desailly.
Vendredi 23 mars 1973
Un épisode mémorable de « Chapeau melon » : « Remontons le temps », puis à 19h30 « Anna et le roi » et le retour de « Mission Impossible » avec la belle Lesley Ann Warren qui en 1973 me laisse de marbre. Quelques années plus tard, je la regarderai d’un autre œil, dans une autre vie, dans une autre partie de mon adolescence où Muriel a disparu.
Robert Conrad joue dans l’épisode « Le tueur ». Je n’ai encore jamais vu « Les mystères de l’ouest ».
Pour l’heure, toutes mes pensées sont fixées au mercredi prochain : Jour J – 5.
Samedi 24 mars 1973
On peut comprendre aujourd’hui en me lisant que « Anna et le roi », « La porteuse de pain », « L’homme de fer » (dont c’est l’avant dernier épisode : « La rançon » avec une jolie brune, Carla Borelli qui me rappelle Muriel), « Chapeau melon et bottes de cuir » sont liés pour toujours avec ma passion pour Muriel Baptiste.
Je suis cette semaine là dans la dernière ligne droite avant le bonheur suprême de revoir Muriel.
Dimanche 25 mars 1973
Il fallait un film exceptionnel pour me tirer de mes pensées et ce fut « La sirène du Mississipi ». C’est un film que je peux revoir à l’infini, je me souviens que la seconde diffusion eut lieu en 1977, je l’ai aujourd’hui en DVD. La formidable histoire d’amour entre Belmondo et Deneuve sur fond de polar me bouleverse.
« Les Monroe » et « Le jeune Fabre » sont les deux seuls autres programmes que je regarde.
Lundi 26 mars 1973
« L’Alphoméga » s’éternise, et je sature mon copain de collège à parler encore et toujours de Muriel Baptiste. Ce soir là sur la 2, il y a « Le défi ». Plus que deux jours à tenir et Muriel arrive !
Mardi 27 mars 1973
Bon débarras, dernier épisode des « Messieurs de Saint Roy ». La Une nous propose un « Show Stéphane Grappelli », la 2 « Le journal d’une femme en blanc » avec Marie José Nat et la 3 la série « Du plomb dans la tête » avec André Valmy.
Mercredi 28 mars 1973
C’est le grand jour et il est dur d’attendre jusqu’à 20h15. J’ai même regardé le dernier épisode de « Voyage au fond des mers » : « Créature de feu » (Toujours aussi nul !) pour tromper mon impatience.
Et puis la voilà, sous mes yeux, et peut être est-ce à ce moment là que mes parents ont deviné ma passion pour Muriel ? Elle n’est pas à son avantage, porte une sorte de bonnet ou de béret ridicule. L’histoire est loin d’être passionnante, et par conséquent, le seul intérêt du « Premier juré », c’est Muriel Baptiste.
Malheureusement, on ne la voit pas beaucoup : il y a Olga Georges Picot, Aude Loring et Lise Lachenal. Muriel en Pierrette Vanier ne fait que des apparitions furtives, dans un rôle assez peu consistant. Je comprends très vite qui sont les bons et qui sont les méchants. Les frères Bardini, joués par Henri Jacques Huet et Marcel Robert portent leur culpabilité sur leur front. Michel Le Royer est celui qui est le plus souvent à l’antenne.
Je suis revenu en juillet 1972 comme avec « Richard Lagrange ». Tous les jours, il y a Muriel, sauf le samedi et le dimanche, c’est le paradis
. Jeudi 29 mars 1973
Comme il fallait s’y attendre, je ne vais maintenant parler que de Muriel. Dans « Le premier juré », on ne sait jamais quand elle va apparaître à l’écran, chaque épisode dure quinze minutes et on la voit généralement avec Alain Quercy. En fait, peu avec Michel Le Royer, ce qui rend la romance finale du 20e épisode si peu crédible.
Il était durant ces semaines difficile d’attendre ces quinze minutes. Très vite, je trouvais que la série n’était pas bonne, l’histoire mal construite, et quand on sort des « Rois maudits », on est exigeant. Le feuilleton n’a jamais été rediffusé. Il n’a pas trop plu à mes parents qui n’ont jamais regardé le dernier épisode (Ils étaient de sortie ce soir là).
Muriel a éclipsé en un clin d’œil tous les autres programmes de cette fin de semaine. Pour ne pas la rater, j’étais prêt bien avant le début devant mon petit écran.
Vendredi 30 mars 1973
Soirée d’adieu provisoire à « Anna et le roi », sympathique série dont deux épisodes restent à programmer, et que « Le temps de vivre, le temps d’aimer » va remplacer sur la 2. C’est dans cette passionnante série que Muriel aurait dû jouer. En effet, l’intrigue du « Premier juré » manque de souffle et d’espace. Le feuilleton est tiré d’un polar « La bâton dans la fourmilière ». On peut regarder un épisode des « rois maudits » sans Muriel en étant captivé, alors que les passages sans elle dans « Le premier juré » sont pénibles à suivre. Mais je ne boude pas mon plaisir, je suis trop heureux, elle est là tous les soirs, même pour une fugitive apparition, avec sa voix que je reconnais dès qu’elle parle.
Trois mois après « Les rois maudits », c’est un bonheur qui m’est accordé.
Samedi 31 mars 1973
Télé Poche met en couverture l’acteur anglais Keith Mitchell pour « Les six femmes d’Henry VIII ». En seconde page de couverture, c’est Aude Loring que nous retrouvons, elle joue avec Muriel dans « Le premier juré ». On tourne « Ton amour et ma jeunesse » avec Daniel Sarky – le mari d’ « Emmanuelle » - et Danielle Volle, « Les brigades du tigre » et « Les grands détectives ». Des nouvelles de Nicole Jamet après son rôle de Cosette dans « Les misérables », Catherine et Marie Hélène Breillat posent ensemble, nul ne sait encore que Catherine deviendra le metteur en scène en vogue des années 1990-2000. Un Xavier Gélin jeune et heureux pose dans Télé Poche, il ne sait que le destin le fauchera comme Daniel Sarky, Danielle Volle et Muriel Baptiste. Pour l’heure, Xavier Gélin gagne le 19e grand prix des artistes de ski à Megève. Deux ans avant, il donnait la réplique à Michel Fugain dans la comédie musicale « Un enfant dans la ville » avec la délicieuse chanteuse allemande Mary Roos.
« Chapeau melon et bottes de cuir » continue à 15h15 avec « Une petite gare désaffectée ». La Une propose le huitième épisode de « La porteuse de pain », et « L’homme de fer » tire sa révérence avec l’épisode « Le trésor indien ». Moi, il me faut attendre lundi pour retrouver Muriel Baptiste dans « Le premier juré ».
Posté le 29.03.2007 par fansdemurielbaptiste
Lundi 5 février 1973
Muriel est revenue, ce n’est pas un rêve, elle était hier soir dans « Les risques du métier » à la télé. En blonde, mais ce n’est pas grave, désormais ce n’est plus la petite gitane de « La princesse du rail » dont je suis amoureux, mais de Muriel Baptiste, quel que soit la couleur de ses cheveux !
Alors ce lundi 5 février 1973, je n’ai qu’elle en tête, et « Joseph Balsamo » qui est en au cinquième épisode et n’en finit pas de commencer m’énerve sérieusement. Je n’ai dû accorder qu’une attention distraite à l’épisode. Peut être même aussi à « Docteur Caraïbes » dans lequel j’imaginais – à travers le personnage de Laura joué par Suzanna Leigh – Muriel. La vraie Muriel était hier à la télévision, dans l’une de ses rares apparitions au cinéma.
La France est à la veille d’un grand drame (L’incendie du CES Pailheron) et elle ne le sait pas.
« Les habits noirs » avec leur musique du générique surannée en forme de ritournelle (genre générique des enquêtes du Commissaire Maigret) me semble une série fade et inutile La télévision ce soir là propose « En toutes lettres » sur la une à 21h35 après Balsamo, la deux « Alain Decaux raconte » et « Actuel 2 », la trois « Hoa Binh ». Tout cela me passe complètement au dessus de la tête. Mes pensées sont réservées à Muriel.
Mardi 6 février 1973
Le mardi 6 février, les flash infos se succèdent suite à l’incendie d’un CES. La Une propose « Les habits noirs » puis « Les sans studio » animé par Les Frères Ennemis, sur la 2 « Les dossiers de l’écran », consacrés à la publicité, sont illustrés par le film « Une femme qui s’affiche » de George Cukor, et la 3 à au programme le téléfilm « Roc ou la malédiction » avec Claude Titre. J’ai vu Claude Titre dans la série « Bob Morane », avec également Billy Kearns sur la première chaîne l’été 1972 en seconde diffusion (la première remontant à 1965) mais étant en vacances à Bagnoles de l’Orne, seulement un ou deux épisodes.
La 3 continue avec le feuilleton « Pour Vermeer » dont la vedette est Dominique Paturel, pour moi la voix française de Roy Thinnes dans « Les envahisseurs » et le héros de « D’Artagnan » de Barma (1969) que je verrai lors de la seconde diffusion en décembre 1973. Il y a Catherine Rich (Jeanne de Bourgogne dans « Les rois maudits ») et Angelo Bardi (Le moine dans « La dame de Monsoreau »), mais je ne reçois pas la 3e chaîne.
Impossible de me souvenir si ce soir là, mes parents ont regardé Les frères ennemis sur la Une ou les dossiers de l’écran.
Malgré ce drame national du CES PAILHERON (Un incendie dans un collège provoqué par des élèves, et ayant fait des victimes car le bâtiment était mal protégé contre le feu), l’adolescent que j’étais continuait à rêver à Muriel Baptiste. Insouciance de la jeunesse.
Trente quatre ans plus tard, cette nuit du 23 au 24 janvier 2007, j’ai fait un étrange rêve : Il se passait en 1977 et Muriel Baptiste reprenait sa carrière. Rêve sans doute provoqué par l’énergie que je mets à proposer aux éditeurs la biographie que j’ai écrite sur elle, et à gérer ce blog.
Mercredi 7 février 1973
Toujours ce « Voyage au fond des mers », voyage au fond de l’ennui, qui encombre la case horaire de 15h15 sur la 2, rien à voir dans les émissions pour la jeunesse. L’évènement, c’est l’épisode inédit des « Cinq dernières minutes » : « Meurtre par intérim » sur la 2 avec Raymond Souplex et Pierre Brasseur pour leur dernier tournage., filmé en juillet 1972. Brasseur est mort en Août et Souplex en novembre. La fin d’une époque.
Je ne sus que plus tard que Pierre Brasseur avait joué avec Muriel en 1971 dans « Tchao » (Pièce dans laquelle débutait Jacques Weber).
Télé Succès a cessé de paraître mais le numéro 3 avec Louis Seigner en couverture va stagner un bon moment dans les rayons des marchands de journaux.
Jeudi 8 février 1973
Rien de rien sur la Une, avec « Les nuits de la colère » de Jean Paul Carrère avec Marc Cassot. Sur la 2, étant au collège, je rate l’épisode de « Match contre la vie » intitulé « Lucrère » avec Julie Harris dont le synopsis semblait prometteur. L’épisode diffusé le samedi précédent, « L’inconnue de la route » était excellent. Après Guy Lux, c’est le 12e et avant dernier épisode des « Gens de Mogador », qui convient à mon état d’esprit du moment, les malheurs de Brigitte Fossey et de Paul Barge en pleine Provence sont agréables à regarder quand on a l’âme romantique et que l’on vient de revoir Muriel.
La 3 proposait « Pour Vermeer » et le magazine « 52 ».
Vendredi 9 février 1973
Le drame du CES Pailheron fait toujours les gros titres. L’épisode de « Columbo » : « Symphonie en noir » me permet de découvrir – dans le rôle du meurtrier – le grand metteur en scène John Cassavetes. Je n’ai absolument aucun souvenir de l’épisode « Le train de nuit pour Chicago » de « Match contre la vie » que j’ai vu. La 2 proposait « Duel au soleil » de King Vidor et la 3 « Le canal du midi ». Quant à moi, je suis encore sous le charme de mon dimanche soir avec Muriel Baptiste dans « Les risques du métier ». Un peu comme si j’avais conservé dans un flacon l’ivresse de bonheur du dimanche soir.
Samedi 10 février 1973
Riche programme ce samedi après midi, tout d’abord sur la Une avec un épisode inédit de « Sam Cade » intitulé « Adieu au passé », dans lequel joue Simon Oakland, un comédien que l’on a vu souvent dans « Hawaii police d’état ». A 16h35, sur la 2, dernier épisode de « Match contre la vie » intitulé « L’assassin » dans lequel joue Arthur Hill (Acteur vu dans « Les envahisseurs » et « Le fugitif »). Cet épisode ne conclut pas la série, mais il est captivant, le personnage que joue Arthur Hill est atteint de la même maladie que Paul Bryan/Ben Gazzara, il veut commettre un meurtre et se suicider.
Deux autres épisodes intitulés « La princesse » et « Le scandale » seront diffusés le samedi soir en juin 1973.
Retour sur la Une à 18h20 avec le premier épisode de la rediffusion de « La porteuse de pain ». J’ai adoré cette série qui comme « Les gens de Mogador » par son côté mélodramatique et sentimental correspond à mon état d’esprit du moment. J’ai suivi la série treize samedi de suite sans en manquer un épisode. Elle reste liée dans ma mémoire à Muriel Baptiste puisque février mars avril 1973 furent des mois où je pensais à elle constamment, entre la diffusion des « Risques du métier » et celle du « Premier juré ».
Mes parents ont regardé sur la 2 « Top à Jacques Charon », comédien de théâtre qui devait disparaître deux ans plus tard, puis « L’homme de fer », l’épisode « Volé sans laisser de trace ». La 3 donnait une pièce de Odon Von Horvath : « Casimir et Caroline ».
Dimanche 11 février 1973
Le plus bel hiver de ma vie, comme je le qualifie souvent, fut composé aussi de moments creux, d’attentes, d’espérances, et chaque fois que je venais de revoir Muriel Baptiste à la télévision, le temps me semblait long jusqu’à la prochaine fois. Depuis juillet 1972, je guettais « La double vie de Mademoiselle de La Faille » que l’ORTF ne se décidait pas à programmer, et parallèlement, je n’avais aucune information sur les projets de l’actrice. Télé Poche n’en donnait pas.
Ce dimanche 11 février était, côté télévision, d’un ennui mortel, à part à 19h10 sur la première chaîne le second épisode du feuilleton « Le jeune Fabre ». Je n’ai jamais revu la série et n’en garde qu’un souvenir confus, par exemple, dans ce second épisode, il n’y a pas Véronique Jannot (dont je pensais qu’elle participait aux 13 épisodes) et on note la présence d’Armontel (l’inquiétant notaire Saint Firmin de « L’homme qui revient de loin » diffusé en septembre octobre 1972). La mémoire me joue des tours mais « Le jeune Fabre » m’a moins marqué que « Match contre la vie » ou toutes les séries avec Muriel Baptiste.
Ce dimanche 11 battait des records d’ennui avec « La piste aux étoiles » à 17h05 sur la Une en guise de plat de résistance pour l’après midi, succédant au « Sport en fête » de Drucker dont l’invitée était Annie Girardot. Le film du dimanche soir fut « Rocco et ses frères » que je n’ai pas regardé.
La 2 n’avait rien de mieux à proposer qu’un western de 1952, « La loi du fouet » de Lewis Millestone, dont la vedette est Peter Lawford, vu dans l’épisode de « Match contre la vie » : « Le carnaval finit à Minuit ». En soirée, c’est « Arcana, connaissance de la musique », un magazine soporifique de Maurice Le Roux, suivi à 21h30 d’une émission sur le réalisateur Arthur Penn.
La 3 proposait une nouvelle de Somerset Maugham « La confession » suivie du match de rugby France-Nouvelle Zélande en différé !
En regardant les prévisions programme de la semaine suivante, rien d’intéressant à l’horizon !
Ce sont des jours comme celui là où j’ai dû lire et relire « Les rois maudits » jusqu’à le connaître par cœur ou presque.
Lundi 12 février 1973
Soir de l’adieu à la série « Docteur Caraïbes » avec la mort du grand méchant depuis le début de l’histoire, Denniger interprété par Paul Massey. La vague Louis Velle, commencée par « La demoiselle d’Avignon », « Le 16 à Kerbriant », « L’homme qui revient de loin » et « Les témoins » va s’étioler, et la série « Docteur Caraïbes » ne sera rediffusée qu’une seule fois, sur Antenne 2, fin août 1984. A noter que dans les quatre derniers épisodes, on retrouvait Tippi Hedren, la vedette des films d’Hitchcock »Pas de printemps pour Marnie » et « Les oiseaux ».
Les soporifiques « Habits noirs » continuent d’encombrer la case horaire de 20h15, tandis que « Joseph Balsamo », arrivant avec peine au bout de son périple, sixième épisode sur sept, se révèle être une véritable daube. Télé Poche continuait de lui attribuer trois étoiles (Ce qui signifiait « A ne pas manquer ») mais la série sera peu rediffusée et l’effet Jean Marais en vedette ne fera plus illusion.
Ce lundi là, il y avait « Le défi » avec le fantaisiste Jean Claude Massoulier sur la 2, tandis que la 3 proposait « L’enfance nue », un film de Maurice Pialat.
Pas de Muriel Baptiste à l’horizon.
Mardi 13 février 1973
Pour une partie de la France, ce sont déjà les vacances scolaires. D’où la présence sur la Une de « Emissions pour les enfants » présenté par Christine Lebail. « Les sans studio » des frères ennemis continuent leur périple en soirée, ils invitent ce soir là Juliette Gréco. Il y avait à 22h25 Chuck Berry dans « Point Chaud » d’Albert Raisner, une émission que je regarderais volontiers aujourd’hui. La 2 nous propose « Allez France ! » avec Robert Dhéry et Colette Brosset, et en soirée « La maison dans la dune » de Georges Lampin (1951) avec Roger Pigaut. C’était la conception du cinéma selon l’ORTF ! Sur la 3, Gérard Depardieu jouait un voyou criminel dans la série « Un monsieur bien rangé », mais en 1973, personne ne savait qui il était.
Ce n’est pourtant pas sa première apparition au petit écran : l’actrice Martine Redon, qui a signé le livre d’or du blog, m’a parlé de « Rendez vous à Badenberg » (1970), série dans laquelle elle a joué aux côtés de Depardieu et d’André Falcon.
Mercredi 14 février 1973
Avec la meilleure volonté et indulgence du monde, il n’y avait rien à regarder ce jour là. « Ma sorcière bien aimée » reprend avec un nouvel acteur, Dick Sargent, à la place de Dick York qui souffre le martyre suite à une blessure au dos sur le tournage du film « Ceux de Cordura » et a mis un terme à sa carrière.
Sur la Une, une évocation historique « Un attentat à Marseille », sur la 2 un téléfilm « Pierre et Jean » avec en vedette le futur mari de « Julie Lescaut », François Marthouret et un partenaire de Muriel : Henri Virlojeux (Duèze dans « Les rois maudits »).
« Les rois maudits » commencent à devenir un souvenir pour la plupart des gens, et la carrière de Muriel n’a pas décollée. Ces mois qui passent et vont anéantir sa carrière, l’adolescent amoureux que je suis n’en ait pas conscient. Pour moi, il était évident que Muriel Baptiste ferait toujours partie du paysage. J’ai appris à me méfier des évidences.
Ce qui est certain, c’est qu’au collège, Muriel est mon seul sujet de conversation avec mon meilleur ami, il m’en parlera encore en fin d’année scolaire, en Juin 1973, pendant un cours de technologie. Certaines conversations se sont gravées dans mon esprit. Il n’était pas encombré par les soucis de la vie d’adulte.
Jeudi 15 février 1973
Double évènement ce jour là. « Le Saint » revient après trois ans d’absence. L’épisode « Le jeu de la mort » a été multi diffusé depuis, mais à l’époque, étant au collège, je l’ai manqué.
Je me souviens tant d’années après ne pas avoir été en vacances scolaires à cette époque à cause d’un épisode du « Saint » que j’ai raté. J’ai hâte de découvrir dès le lendemain Roger Moore, alias Lord Brett Sinclair, dans cette série mythique que je n’avais jamais vue. (En 1970, je ne recevais pas la seconde chaîne).
C’est aussi le chant du cygne des « Gens de Mogador », avec une fin sublime et triste. Brigitte Fossey, trahie par Paul Barge, qui dit à ses domestiques : « Désormais, je ne suis plus là pour personne ».
La série sera cependant rediffusée dès 1975 par Antenne 2 en soirée. La même année, à la même case horaire, cette chaîne rediffusera « Les rois maudits » et « La dame de Monsoreau ».
La Une nous propose « Tirez sur le pianiste » avec Aznavour, et la 3 « Un monsieur bien rangé » qui doit être aujourd’hui un « collector » pour les fans de Depardieu.
Et Muriel Baptiste dans tout cela ? Si elle occupe mon esprit en permanence, on ne peut en dire autant de sa présence à la télévision. Il me faudra patienter jusqu’au mercredi 28 mars pour la revoir dans « Le premier juré », son nouveau feuilleton qui durera vingt épisodes. Curieusement, je n’avais pas envie qu’elle soit trop présente, car j’avais ainsi l’impression qu’elle n’existait que pour moi. Mais sa disparition totale du petit écran après « Le premier juré » va me déchirer. Nous n’en sommes pas encore là.
Vendredi 16 février 1973
C’est ma première rencontre avec Simon Templar, en l’occurrence l’épisode « Le diamant ». Télé Poche a mis en illustration une photo de Roger Moore avec une actrice asiatique, en disant que c’est Jane Merrow. En regardant l’épisode, je me rends compte de l’erreur. La série me plaît moins que « Amicalement vôtre ».
Je trouve que la série a toujours été surestimée. Elle n’est pas fidèle aux romans de Leslie Charteris, et a trop marqué la carrière de Roger Moore. Il est bien meilleur en Brett Sinclair et en James Bond. Les histoires sont assez aseptisées pour plaire au plus grand nombre. Certains épisodes feront l’objet de remakes pour la série « Amicalement vôtre », par exemple « Le roi » qui devient « Premier contact », et « La vengeance » dont l’intrigue au mot près sert de support à « Une rancune tenace ».
« Columbo » en est déjà aux redites, puisque le criminel est joué par Ray Milland dans « Dites le avec des fleurs », et qu’en Janvier, cet acteur jouait un rôle semblable dans « Faux témoin ». Pour cette première série de treize épisodes, l’ORTF a pioché dans deux saisons diffusées aux USA car un même acteur ne revient pas deux fois en vedette invitée dans la même saison.
Sur la 2, « Le malade imaginaire » avec Michel Bouquet et sur la 3 la fin de la série avec Depardieu.
Je rêve toujours à Marguerite de Bourgogne, encore et toujours, je ne m’en lasse pas. En ce sens, cette époque demeure unique. C’est l’amour fou.
Samedi 17 février 1973
Télé Poche annonce la naissance de Julien, fils de Marie José Nat et du metteur en scène Michel Drach. L’héroïne des « Gens de Mogador » reste en pleine lumière, alors que personne ne parle de Muriel. Pierre Sabbagh (Directeur de la 2e chaîne) et Claude Barma vont présenter « Les rois maudits » au 13e festival international de télévision de Monte Carlo. Hélène Duc et Benoist Brione posent pour une photo, souriants, pour vanter le tournage de « Jean Pinot, médecin d’aujourd’hui » qui sera diffusé sur la 3. L’article évoque encore « Les rois maudits ». Dans la foulée, on a des nouvelles de Marthe Keller (« La demoiselle d’Avignon ») et de Sarah Brook (« Les Thibault »). On donne des informations sur un peu tout le monde sauf sur Muriel Baptiste, mais ma naïveté de l’époque m’empêche d’en prendre conscience.
Ce samedi là, je m’extasie devant l’épisode du « Saint » : « Intermède à Venise » que je trouve remarquable. Pourtant, avec le recul, il s’agissait d’un tournage en studio (et non à Venise), les incohérences sont nombreuses, la musique que je trouve romantique et triste est, tout comme l’intrigue, assez fade.
A 18h20, sur la Une, c’est le second épisode de « La porteuse de pain ». Il vaut mieux que je ne revoie pas la série aujourd’hui, je préfère rester sur mon bon souvenir.
La soirée est classique avec « Devine qui est derrière la porte » des Carpentier avec Roger Pierre et Jean Marc Thibault, ils profiteront de cette émission pour parodier « Les rois maudits » avec « Les maudits rois fainéants ». Ce sera un succès sur le moment, mais en poursuivant sur ce registre début 1975 avec « Les z’heureux rois z’Henri », ils vont saborder leur duo. Ce sera en effet un gros échec public et critique. « L’homme de fer » propose un épisode tourné vers 1967, « En service commandé », dont la vedette est Barbara Anderson. Dans cette histoire, son personnage tue un adolescent, en service commandé.
Claude Barma met en scène sur la Une un « hommage à Molière ». Des acteurs des « Rois maudits », on retrouve Geneviève Casile et Claude Giraud.
Sur la 3, une pièce « Cœur à cuir » avec Georges Claisse.
Comme je vais remplir des pages sur Muriel à propos de son feuilleton diffusé en mars avril « Le premier juré », je vous propose aujourd’hui d’en finir avec le mois de février 1973 pour arriver plus vite à des moments plus palpitants !
Dimanche 18 février 1973
Un de ces dimanches soporifiques des années ORTF dont elle avait le triste secret. Le plat de résistance de l’après midi est un film avec Bourvil, « Le cœur sur la main », la 2 proposant « Le fils des mousquetaires » avec Cornel Wilde. Je n’ai pas la nostalgie de ces vieux films diffusés et rediffusés, et me demande comment le public de l’époque pouvait les supporter.
En revanche, les séries de l’ORTF étaient bien meilleures que toutes les séries à « audimat » des années 2000, en particulier celles de TF1, dont le tournage cesse dès qu’un épisode ne fait pas recette. Derniers exemples en date : « Fargas » avec Guy Marchand, et « Le proc » avec François Eric Gendron. Aujourd’hui, des séries comme « Joseph Balsamo », « L’Alphoméga » ou « Là haut les quatre saisons » seraient virées de l’antenne au bout d’une semaine.
Le seul programme intéressant étant « Le jeune Fabre » qui dans ce 3e épisode nous permet de revoir Michèle Grellier (Aurore dans « Lagardère » en 1967). « Le jeune Fabre », comme « La porteuse de pain » et « Les gens de Mogador », était une série romantique, et j’avais l’âme romantique en ce temps là.
Je hais les dimanches. Je ne voyais pas de copains ces jours là. Je m’ennuyais. Il n’y avait personne à qui je pouvais parler de Muriel Baptiste, de la passion qu’elle m’inspirait. Cela intriguait beaucoup mon meilleur copain de collège. Il en parlait souvent, me demandait des nouvelles. Il était plus âgé que moi d’un an mais ne fréquentait personne d’autre au collège.
La Une donne en soirée « Le cardinal » d’Otto Preminger, qui finit à 23h30, autant dire que je n’ai pas eu la permission de le regarder. Pour mémoire, la 2 proposait un documentaire sur « Modigliani » et la 3 une rediffusion des « Cinq dernières minutes » (l’épisode avec Pierre Brasseur).
Pour les films du dimanche soir, l’autorisation de mes parents de les voir ou non dépendait de l’heure à laquelle ils se terminaient. Fort heureusement, « Les risques du métier » avec Muriel n’était pas trop long.
Lundi 19 février 1973
« Joseph Balsamo » septième épisode. Ouf, c’est fini ! On a l’impression que la série n’a pas encore commencée tant l’action est lente. C’était en fait une série ésotérique lancée comme un film de cape et d’épée, d’où la déception.
Aucun autre souvenir de ce lundi. Sur la 2, « La vie du bon côté » avec Jacques Faizant », la 3 proposant « Robin des bois » avec Errol Flynn.
« Docteur Caraïbes » me manque, « Ma sorcière bien aimée » qu’en 1973 on a déjà vue et revue, notamment les jours de pluie et les jours de grève, ne présente aucun intérêt.
Mardi 20 février 1973
Ce mardi là, la 2 propose à 15h15 « Sept épées pour le roi » de Riccardo Freda, un film de 1963. Ma grand-mère est en train de le regarder tandis que je reviens du collège. J’en fais de même sans rien comprendre car je n’ai pas vu le début. Et là, il y a une scène qui va me marquer pendant des années. L’un des personnages, considéré comme un traître par le méchant de l’histoire, est enfermé dans une cage et descendu dans une fosse remplie d’eau, en fait infestée de piranhas. Il hurle. Lorsque, la poulie grinçante, la cage est remontée au bout d’un câble, il y a un squelette à la place de l’acteur. Cette scène a hanté mes cauchemars pendant des années !
La 3 propose une série que je ne peux voir, « Le capitaine Luckner ». On y retrouve Yves Lefebvre, acteur vu dans « Miroir 2000 » en 1971, puis retrouvé dans le rôle du détective Nick Carter en 1974 dans « Au théâtre ce soir ». Toujours sur la 3, c’est le retour dans le téléfilm « Le hors champ » de Claude Mann, le héros de la série « Un taxi dans les nuages », bien oubliée aujourd’hui. La série, comme d’autres (« Les globe trotters », « Corsaires et flibustiers » ou « Gorri le diable ») avait fait l’objet d’une édition en livre dans une collection pour la jeunesse.
Mercredi 21 février 1973
Le mercredi après midi, en 1972-1973, fut la dernière année où je me rendais au catéchisme. J’y retrouvais mon meilleur copain et confident du collège. Le cours avait lieu de 14h à 15h, et plusieurs élèves de ma classe de quatrième nous rejoignaient. Un jeune d’origine asiatique, arrivé en cours d’année scolaire, se précipitait voir chez lui à 15h15 « Voyage au fond des mers ». Nous trouvions le catéchisme dépassé et ennuyeux. J’avais fait ma communion solennelle en juin 1971 et je n’étais donc plus obligé d’y aller.
Je me rends compte en rédigeant cette chronique que février 1973 ne fut pas si passionnant que cela passé la date du dimanche 4 (« Les risques du métier »). J’étais amoureux et le temps ne comptait pas.
Jeudi 22 février 1973
« Les gens de Mogador » me manquent, car la série n’a pas été remplacée. Seul programme de la journée, « Cadet Rousselle » de Guy Lux que mes parents regardaient.
Sur la 3, un épisode de cette série « Témoignages » dont j’ai maintes fois parlé : « Un monsieur bien sous tous rapports », avec Micheline Presle et Georges Wilson. C’était une coproduction ORTF Telfrance Radio Canada et SSR. L’épisode était réalisé par Hubert Cornfield. Il n’y avait généralement que deux acteurs par épisode. Muriel Baptiste y a joué sans doute grâce à Roger Burckhardt qui l’avait dirigée dans « Les dernières volontés de Richard Lagrange » puis « Le premier juré ».
Vendredi 23 février 1973
« Columbo » avec l’épisode « Le grain de sable » devient répétitif. L’épisode du « Saint », « La route de l’évasion » me permet de voir pour la première fois le grand comédien Donald Sutherland.
Toujours les émissions pour les enfants l’après midi sur la Une, pourtant je n’étais pas en vacances scolaires car j’ai raté la veille l’épisode du « Saint » : »Les championnes ».
Samedi 24 février 1973
Martine Sarcey fait la couverture de Télé Poche pour « La porteuse de pain ». Un téléspectateur dit dans le courrier des lecteurs qu’il a aimé « Les risques du métier », mais aurait préféré que le film soit suivi d’un débat dans « Les dossiers de l’écran ». Le mariage de Sheila et Ringo inonde ce que l’on n’appelle pas encore la presse people. Télé Poche donne des nouvelles du tournage des nouveaux « Arsène Lupin » et cite plusieurs actrices qui vont y figurer, Muriel n’en est pas : Pascale Roberts, Nicole Calfan, Claude Degliame, Catherine Rouvel, Thérèse Liotard, Prudence Harrington. Le même magazine parle de l’actualité des actrices de l’époque comme Maïa Simon (qui tourne « L’amour du métier » avec André Falcon ), Rachel Cathoud (« Les gens de Mogador), ou encore Michèle Sand (Rinette dans « Les Thibault »).
C’est un samedi traditionnel pour moi : « Le Saint » (épisode : « Le trésor mystérieux »), « La porteuse de pain », « L’homme de fer » (avec un épisode passionnant, « Lettres anonymes »).
Sur la Une débute la série anglaise « Les six femmes d’Henvi VIII » avec Keith Mitchell. Mes parents ne l’ont jamais regardé. Heureusement que « Les rois maudits » n’a pas été programmé à cette case horaire !
La 3 proposait « Capitaine Luckner ».
Dimanche 25 février 1973
« Les Monroe » reviennent à 17h15, ce qui est mieux qu’un vieux film poussiéreux que l’ORTF a l’habitude de proposer à cette case horaire. Véronique Jannot, pour son tout premier rôle, débarque dans le quatrième épisode de la série « Le Jeune Fabre ». Mes parents fans de « La demoiselle d’Avignon » ont voulu regarder « Le diable par la queue » de Philippe De Broca à 20h40 en raison de la présence de Marthe Keller au générique.
La 2 à 14h30 donne « Quentin Durward », mais c’est la version 1955 avec Robert Taylor, et non le feuilleton que j’ai bien aimé début 1971. Sur la 3 débute « Cannon » avec William Conrad, je devrais attendre l’année suivante pour en voir des épisodes.
Lundi 26 février 1973
Avec la série « L’Alphoméga », qui durera six semaines, nous atteignons les sommets de la bêtise. Que diable Henri Virlojeux est-il allé faire dans cette galère ? Une série d’espionnage humoristique à fuir. La 3 propose le film réalisé par Jean Claude Brialy « Eglantine » que j’ai vu avec le ciné jeunesse de mon CES un ou deux ans auparavant.
Mardi 27 février 1973
Un hommage à Fernandel, les sempiternels « habits noirs », un film trop intello pour moi aux « dossiers de l’écran » (« Abel ton frère »), bref rien à voir.
Mercredi 28 février 1973
La campagne électorale sur la Une ( !) suivie de « La vie des animaux » de Frédéric Rossif. Je n’ai pas regardé le téléfilm « L’équipe » avec Claude Brasseur. Sur la 3, « Par la grande porte », des variétés avec Maxime Le Forestier, Daniel Mesguich et le groupe Tri Yann.
Et voilà, ce mois de février est terminé, il n’était pas si passionnant finalement.
Posté le 29.03.2007 par fansdemurielbaptiste
Pour la période qui va du jeudi 21 décembre 1972 (jour de la première diffusion du « roi de fer » au dimanche 31), je vous propose une étude des programmes de l’époque.
Bien sûr, Muriel Baptiste n’était pas présente chaque soir à la télévision, mais il s’agit là du plus grand moment de sa carrière : le triomphe des « rois maudits ».
J’ai retrouvé dans le courrier des téléspectateurs de cette période des allusions à Catherine Rouvel et Jean Piat, des articles de presse sur Hélène Duc, Benoît Brione, et Jean Piat, mais rien sur Muriel.
Ceux qui aimaient Muriel Baptiste à l’époque se rappelleront de souvenirs télévisuels contemporains.
Avec le recul, c’est sans doute dans ce laps de temps que l’actrice a décidé de renoncer à sa carrière. Le dernier programme auquel elle participa fut « Un curé de choc » diffusé le 24 juillet 1974. Mais à l’époque, il y avait un décalage d’un à deux ans entre tournage et programmation. Par exemple, j’ai retrouvé entre décembre 1972 et avril 1973 des articles sur « Les brigades du tigre », dont la diffusion a commencé…en décembre 1974 !
Quelques programmes diffusés du 2 au 11 décembre 1972 :
Le samedi 2 décembre, un « top à Michel Fugain » qui fut critiqué pour son manque de fantaisie.
Le dimanche 3, le film de la une était « Le jardinier d’Argenteuil », un « Gabin ».
Le mardi 5 décembre, les fans d’Elvis Presley s’en souviennent, ce fut la première diffusion télé du film « Le rock du bagne » sur la 2.
Le mercredi 6 décembre, la une diffusa en soirée un épisode d’une série italienne de 1968, « Allo Fernandel », seule série à ma connaissance que le comique tourna pour la TV. Sur la 2, en seconde partie de soirée, « Amicalement vôtre » : l’épisode « Sept millions de livres », un des meilleurs de la série, avec Sinéad Cusak en fausse héroïne victime et un retournement de situation dans les dernières minutes à couper le souffle, aujourd’hui un peu éventé par les multiples rediffusions.
Le jeudi 7 décembre, une rediffusion de « La caméra explore le temps : l’affaire du courrier de Lyon » avec Marc Cassot (Partenaire de Muriel dans « Lucide Lucile »). Ce téléfilm datait de 1963 et racontait l’histoire d’une erreur judiciaire suite à un témoignage.
Samedi 9 décembre : 2ème partie de cette dramatique sur le Courrier de Lyon., Les Carpentier sur la 2 proposaient un « Top à Sylvie Vartan ».
Dimanche 10 décembre : le film du soir était « Khartoum » avec Laurence Olivier.
Lundi 11 décembre : « Au théâtre ce soir » : « Noix de Coco » de Marcel Achard.
Muriel à cette époque devait impatiemment attendre la diffusion des « Rois maudits », tandis que sa partenaire Blanche de Bourgogne alias Catherine Hubeau avait elle plusieurs téléfilms et séries à venir : elle fut notamment la vedette du tout premier feuilleton de la 3e chaîne : « Les fleurs succombent en Arcadie » réalisé par Jean Vernier, sur une musique de … Georges Delerue, le compositeur des « rois ». Peu de gens l’ont vu puisque la 3e chaîne n’était diffusée que sur une petite partie du territoire français
Chaque soir, la 2 nous proposait vers 19h la série britannique « Poigne de fer et séduction » avec Robert Vaughn (Héros de « Des agents très spéciaux ») et Nyree Dawn Porter (« La dynastie des Forsythe »), mais la brièveté des épisodes, entre 24 et 26 minutes, en faisait un produit nettement inférieur à l’autre production ITC du moment : « Amicalement vôtre ».
Mardi 12 décembre 1972
La une proposait ce mardi là un hommage à Jean Nohain. Je me souviens avoir regardé "les dossiers de l'écran" sur la 2 consacrés à Rudolph Valentino, me limitant sans doute à la vision du film.
D'autres soirées bien plus passionnantes allaient arriver ce mois là
Mercredi 13 décembre 1972
Ce soir là, la une proposait « A armes égales », débat politique entre Bernard Stasi et Alain Krivine.
J’ai regardé la 2 avec un épisode de « Amicalement vôtre » : « Minuit moins huit kilomètres », que sur l’instant je trouvai formidable. Il y a notamment Joan Collins, future Alexis de « Dynastie » et Ferdy Mayne, un comédien allemand qui a surtout travaillé en Angleterre, soit dans les films de vampires de la Hammer, soit à la télévision (« Le Saint », « Chapeau melon et bottes de cuir », « Destination danger », « L’homme à la valise »).
Cet épisode fut rediffusé deux fois en 1974, tout d’abord au printemps l’après midi sur la 2 après « Aujourd’hui Madame », et à la rentrée une troisième fois dans « La Une est à vous », et au fil des rediffusions, je trouve que c’est un épisode fort médiocre, un des plus mauvais de la série. Avec une Italie en carton pâte filmée en Angleterre, une musique obsédante et ridicule censée donner du rythme à l’action.
Une petite anecdote, l’un des personnages porte le nom de Manny Howard, or Télé Poche indiqua quelques jours plus tard, la samedi 16 décembre, que l’épisode d’Amicalement vôtre » intitulé "Une rancune tenace" était réalisé par…Manny Howard, alors qu’il l’est en fait par Peter Medak, un réalisateur de cinéma qui a notamment signé « La grande Zorro » avec George Hamilton !!!!!!!
Jeudi 14 décembre 1972
Ce soir là, j'ai regardé "la femme du boulanger" avec Raimu. Je n'avais pas compris à l'époque toutes les subtilités de l'intrigue, notamment pourquoi le boulanger incarné par Raimu fait une métaphore avec un chat qui est parti et revenu (comme son épouse) et se met dans une telle colère.
Le film était programmé dans le cadre de la série "Au cinéma ce soir".
Vendredi 15 décembre 1972
L’ORTF avait l’habitude d’acheter les séries américaines par tranches de 13 épisodes. C’était généralement pioché dans une saison, aux Usa, qui comportait 24, 26 ou 30 épisodes. Lorsque les programmes de fin d’année arrivaient, il n’était pas rare que, si la série avait commencé trop tardivement à l’automne, la totalité des 13 épisodes ne soient pas diffusés.
Ce fut le cas en septembre octobre novembre décembre 1973 pour « Mannix » dont 12 épisodes sur 13 furent programmés (Nul ne sait ce qu’il advint de ce 13e épisode car il fallut attendre TF1 et l’été 1975 pour voir réapparaître la série au niveau épisode inédits).
Le vendredi 15 décembre 1972, l’excellente série « Sam Cade » avec Glenn Ford, était proposée une ultime fois. Cette série comportait en Amérique une saison de 24 épisodes, c’était un western moderne ou le héros, le shérif Sam Cade, pilotait une jeep au lieu de se déplacer à cheval. A noter que Glenn Ford (qui vient de nous quitter) avait refusé le rôle de Danny Wilde dans « Amicalement vôtre ». (Le rôle avait déjà été proposé à Rock Hudson auparavant, et c’est Tony Curtis qui l’accepta).
« Sam Cade » n’arriva donc pas au bout de son périple de 13 épisodes et nous quitta ce vendredi 15 décembre.
En janvier 1973, la première chaîne préféra continuer « Columbo » plutôt que de diffuser la fin de « Sam Cade » le vendredi en début de soirée.
Un épisode inédit, « Adieu au passé », fut finalement programmé un samedi après midi du printemps 1973 sur la première chaîne ORTF. La série fut ensuite proposée au choix des téléspectateurs dans « La une est à vous » (pour des rediffusions) et revint le temps de quatre inédits au printemps 1977 le samedi après midi sur TF1.Depuis elle est totalement oubliée.
Les autres programmes de ce jour là furent « La qualité de la vie » sur la 1ere chaîne et « Italiques » sur la seconde.
Samedi 16 décembre 1972
Le samedi 16 décembre, le jeudi avec « les rois maudits » et Muriel devenait de plus en plus proche. Je n’oublierai jamais ce samedi 16 qui était un jour de déménagement. Or, je voulais absolument voir le soir à 21h40 le douzième épisode de « Amicalement vôtre » : « Une rancune tenace » (Premier des épisodes de cette série a être programmé un samedi).
C’est un membre de ma famille, qui était artisan installateur de télévision, qui devait venir faire (gratuitement) le branchement de l’antenne et l’installation électrique. Or les heures passaient et il n’arrivait pas. La soirée s’approchait avec la menace de ne pas voir Tony Curtis et Roger Moore, une journée où mes parents et moi étions fatigués physiquement, et avions connu une grande frayeur : les déménageurs avaient laissé ouverte la porte de l’appartement que nous quittions et mon chien s’était échappé. Il revint mais nous avons vraiment eu peur. Il fut ensuite « cadenassé » dans le nouvel appartement.
Aucun programme intéressant cet après midi là (la 2 proposait le feuilleton italien « Les fiancés » avec Paola Pitagora, et la une « samedi loisirs » et une émission sur Pierre Dac).
Finalement, mon cousin artisan arriva et en début de soirée la télévision fut mise en route. Il y avait un « Top à Joe Dassin » avec Henri Salvador, Gigliola Cinquetti, Mary Roos sur la 2 avant « Amicalement vôtre ». Cet épisode, un des meilleurs de la série, est le remake d’un épisode du « Saint » intitulé « La vengeance ». Exactement la même histoire.
Il faisait très froid ce samedi 16 décembre, c’était ma première soirée dans un nouvel appartement que ma mère habite toujours. La semaine qui commençait allait m’apporter la plus grande des joies : retrouver enfin Muriel Baptiste.
Ceux qui ont regardé la une ce samedi là purent voir un téléfilm, « Une brune aux yeux bleus » de Lazare Iglésis d’après un roman de Charles Exbrayat, dans lequel on trouve Mirès Vincent, partenaire de Muriel dans « La double vie de Mademoiselle de la Faille », suivi de « Le voleur de riens », comédie musicale avec Henri TIsot.
Dimanche 17 décembre 1972
Ce dimanche là, j’étais en plein dans les cartons à déballer, après le déménagement de la veille, et je n’ai sans doute pas regardé la télévision (à part peut être la série « Les Monroe »), de toute façon, rien de ce qui était au programme ne m’attirait.
La séquence du spectateur proposait un extrait de « L’aventure c’est l’aventure » avec André Falcon, mais je ne savais pas encore qui était cet acteur.
Sur la une, le programme de ce jour là était « discorama » de Denise Glaser, consacré à Los Indianos, « Le sport en fête » de Michel Drucker qui avait pour invité l’écrivain Paul Guimard, auteur de « Les choses de la vie » adapté au cinéma avec Michel Piccoli (En 1972, Drucker occupait déjà la case horaire qu’il a aujourd’hui avec « Vivement Dimanche » !), je note ensuite à 17h55 « Les Monroe » avec Barbara Hershey, une série que je regardais habituellement, l’épisode s’appelait « l’ami des animaux », le film du soir, « Les Vitteloni » de Fellini, je ne l’ai jamais vu.
Sur la deux, il y avait à 14h20 un western, « Le secret du grand canyon » de Donald Siegel datant de 1960 avec Cornel Wilde, et le soir à 20h30 « Hommage à Darius Milhaud » : « Le pauvre matelot », comédie en trois actes. Puis des variétés, « Si le cœur vous en dit », de Jean Christophe Averty à 21h00. Le ciné club proposait « Rendez vous à Bray » avec Anna Karina.
Ce n’était pas encore les vacances, je me souviens avoir parlé de l’épisode de « Amicalement vôtre » diffusé le samedi avec un copain de classe le lundi 18.
Bien entendu, je pensais beaucoup à Muriel, que je n’avais pas revue depuis le dernier épisode de « Richard Lagrange ». J’attendais avec impatience « Les rois maudits » dont deux noms, en dehors de Muriel, m’étaient familiers : Jean Piat, alias Lagardère en 1967, et Patrick Prejean, le chauffeur de Louis Velle dans « L’homme qui revient de loin ». J’ignorais encore que « Les rois maudits » serait un choc pour moi. C’était l’un des deux programmes annoncés en juillet 1972 dans l’interview de Muriel par Télé Poche avec « Mlle de la Faille ». Mon état d’esprit de l’époque était « l’un des deux PREMIERS programmes » mais hélas, il ne devait pas y en avoir beaucoup d’autres.
Lundi 18 décembre 1972
A la différence de cette année, pendant laquelle les « programmes des fêtes » de la télévision consistent à une énième rediffusion des James Bond « On ne vit que deux fois » et « Le monde ne suffit pas », et à une comédie musicale avec M/Mathieu Chédid « Le soldat rose », l’ORTF en 1972 avait préparé des séries pour les fêtes de fin d’année : « Les gens de Mogador », « Les aventures de Pinocchio », « Les rois maudits » et « Les Thibault ».
Le lundi 18 décembre 1972 était un jour travaillé, je ne m’attarde donc pas sur les programmes de l’après midi, la une le soir nous proposa « La piste aux étoiles » présentée par Roger Lanzac, tandis que sur la 2 continuait « Poigne de fer et séduction » que j’ai déjà évoqué (épisode « Disparition ») mais l’évènement c’était à 20h30 sur cette chaîne : le premier épisode de la série « Les gens de Mogador ».
La série fut pour moi un régal, une belle histoire d’amour à travers trois générations avec comme décor la Provence. Les six premiers épisodes étaient adaptés de « Julia », le roman d’Elisabeth Barbier, et nous permettaient de retrouver Marie José Nat et Jean Claude Drouot.
Saga infiniment plus passionnante que les soporifiques « Thibault » de Roger Martin du Gard, avec Charles Vanel. Cette série est si bonne que j’aurais aimé y voir figurer Muriel Baptiste dans la distribution. « Les gens de Mogador », dans le premier montage, diffusé en 1972, 1975 et 1979, prenait le temps de raconter l’histoire. En 1995, le réalisateur de la série, Robert Mazoyer, devait raccourcir son œuvre pour nous en proposer une version condensée. C’est bien dommage car seule cette version est désormais rediffusée et disponible en DVD. La saga « Les gens de Mogador » comportait à l’origine 13 épisodes de 55 minutes, on est très loin du compte avec la version 1995 ramenée à 10 heures de film.
« Les gens de Mogador », à partir du 18 décembre, me firent patienter dans l’attente de ce jeudi 21 décembre où le premier épisode des « rois maudits » avec Muriel Baptiste fut diffusé.
Mardi 19 décembre 1972
Le mardi 19 décembre (Jour J-2 avant le début des « Rois Maudits »), le programme télévisé n’était guère palpitant. La seconde chaîne avait eu la mauvaise idée, après les variétés de Guy Lux « Cadet Rousselle », de programmer un film de Fellini, « Les Clowns », qui relevait plus du ciné club que de cette case horaire. Rappelons qu’à l’époque, un épisode de « Amicalement vôtre » intitulé « L’héritage Ozerov » avait été déprogrammé et restait à diffuser. Il le sera finalement au printemps 1973 un samedi soir !
Sur la une commença le feuilleton en six épisodes de Luigi Comencini d’après le conte de Carlo Collodi : « Les aventures de Pinocchio » avec Nino Manfredi et Gina Lollobrigida. Je ne l’ai pas regardé pour plusieurs raisons : à 13 ans, je me sentais trop vieux pour ce programme, mes parents avaient choisi la 2 pour voir Guy Lux, et de toute façon le second épisode se trouvait, le 21 décembre, en face des « rois maudits » sur la 2. Tout ce que je sais de « Pinocchio » est l’excellente musique de Fiorenzo Carpi. Lors des annonces des programmes de Noël, la une diffusait des extraits de la série avec cette musique sautillante.
Sur la 2, il y eu un navet avec Georges Chakiris à 15h25, « On a volé la Joconde », que je n’ai pas regardé. Je me souviens qu’un copain du collège apprécia ce film dont il ne se souvenait pas du titre et qu’il avait rebaptisé « La valise rouge » car il en était parait-il question dans le film. Il semble que ce mardi là, nous avons été au collège de 14h00 à 15h00. J’aurais pu voir le film mais il ne m’intéressait pas.
Bref, les vacances approchaient mais ce mardi 19 décembre n’avait rien de mémorable. Restait l’attente de ces « rois maudits » dont je connaissais l’existence depuis juillet 1972.
Mercredi 20 décembre 1972
Jour J-1. Je n’ai aucune peine à me rappeler l’épisode de « L’autobus à impériale » que la une diffusa dans les émissions pour les enfants : « Silence on tourne ». Il a été maintes fois rediffusé. J’ai raté les débuts télévisés en France à 20h30 sur cette chaîne du lieutenant Columbo, ayant regardé le second épisode des « gens de Mogador ». L’humeur était plus que jamais à la rêverie : le lendemain, Muriel serait présente sur le petit écran en noir et blanc.
Jeudi 21 décembre 1972
Il n’y avait absolument rien à regarder l’après midi de ce fameux jour. Sur la Une, « Miditrente » avec Danièle Gilbert et rien jusqu’au jeu « Réponse à tout » à 19h25. Cette même chaîne proposait en soirée le second épisode de « Pinocchio » et le magazine d’actualité « Plein cadre ». Sur la 2, après « Aujourd’hui Madame », c’était le feuilleton italien « Les fiancés » qui ne m’a pas laissé un souvenir impérissable.
A 20h30 donc, arriva le grand moment. La saga « Les rois maudits » commençait.
Dès les premières scènes, je trouvai, en dehors de la présence de Muriel, que l’intrigue était formidable. Pleine de mystère, de complots, de meurtres, de secrets. Longue dut être l’attente jusqu’à la séquence de la tour de Nesle. Enfin, mon rêve se concrétisait sur le petit écran en noir et blanc, enfin résonnait sa voix grave et enchanteresse, celle de la petite gitane de la « Princesse du rail » devenue une femme. Sa sensualité m’échappait à l’époque mais l’actrice m’envoûtait réellement. Elle faisait vibrer mon cœur à chacun de ses regards. J’avais la veille acheté le programme de la semaine suivante et savait donc (Télé Poche n° 358 page 5) que le personnage de Marguerite de Bourgogne mourrait dans l’épisode « la reine étranglée ».
Avec « Les rois maudits », Muriel Baptiste réussissait l’impossible : me faire oublier Annunciata. Désormais, elle était la reine de Navarre prise dans la tourmente de la fin du long règne des Capétiens. Je n’ai sans doute pas, à la première vision du « roi de fer », saisi toutes les nuances de l’intrigue. J’ai un moment confondu l’acteur André Falcon avec le héros de la série « Fortune » Pierre Michaël. Jean Piat, dans son rôle machiavélique, était loin du Lagardère de mon enfance. L’épisode est passionnant jusque dans les évènements qui arrivent aux anonymes (comme la romance de Marie de Cressay et de Guccio). Muriel n’a que trois scènes dans le film, mais il me semblait que j’avais passé une heure trente avec elle ! Bref, mon attente était récompensée au-delà de toutes les espérances. Ce souvenir d’adolescent, venant renchérir le coup de foudre d’enfant pour « la princesse du rail » en 1967, explique que Muriel Baptiste est gravée dans mon cœur à jamais. J’ai dû dès le lendemain me précipiter chez un libraire pour acheter « Les rois maudits » en livre de poche, et entre cette diffusion et celle de 1975, je ferai des confusions entre le livre et la série, ce qui a été filmé ou non.
A partir de cette soirée et pour de longs mois, je vais me trouver sur un nuage, loin de la réalité. Aujourd’hui, j’ai revu des centaines de fois soit l’épisode complet, soit les scènes avec Muriel, et en couleurs, mais rien ne remplace la découverte de la première diffusion.
Jusque là, je disais « la princesse du rail » ou parfois « Annunciata », l’infirmière Geneviève Lagrange ou Ginette Meurant n’étaient pas des rôles qui m’avaient autant marqué. Désormais, ce serait Muriel.
C’était il y a trente deux ans et c’était hier. C’était la plus belle femme du monde, la plus belle voix du monde, les plus beaux yeux du monde. Chaque être est unique, mais pour moi, Muriel Baptiste est irremplaçable. On peut comprendre, en lisant ces lignes, que je l’ai recherchée dans les années 80, lorsqu’elle était loin du métier, que je fus écrasé de chagrin le dimanche 6 novembre 2005 en apprenant (si tardivement comme beaucoup) son suicide.
Revenons au 21 décembre 1972 : c’était le temps du bonheur et j’attendais la suite…..vite !
Vendredi 22 décembre 1972
Pas grand-chose à la télévision ce jour là. Dernier épisode des « fiancés » sur la 2, rien d’intéressant dans les émissions pour les enfants sur la une, qui en soirée proposait le film de Tony Richardson « Tom Jones ». J’ai regardé sur la 2 « Poigne de fer et séduction » avec l’inquiétant Derren Nesbitt (Cet épisode « Une vieille histoire » a été plusieurs fois rediffusé), et en soirée le troisième volet des « gens de Mogador ». Mais j’avais l’esprit ailleurs, encore sous le charme du film de la veille. L’attente du jeudi suivant avait commencé.
Samedi 23 décembre 1972
Noël approchait et ce n’était pas un Noël comme les autres. Il n’y avait rien à voir sur la première chaîne placée sous le signe d’œuvres sérieuses et austères, à 14h00 « Les habits neufs du grand duc », d’après un conte d’Andersen, et en soirée « Les Thibault » qui ne fut pas un grand succès public malgré la présence de Charles Vanel. Des variétés avec Mick Micheyl concluaient la soirée. L’année suivante, cette chanteuse se retira du monde du spectacle pour aborder un nouveau domaine artistique : la gravure sur acier.
La seconde chaîne était nettement plus attirante d’abord avec le retour de « Match contre la vie » même si j’ai oublié l’épisode de ce samedi là : « Contrebande de bijoux ». Les Carpentier proposaient à 20 h 30 « A la manière de 1937 » animé par Roger Pierre et Jean Marc Thibault, suivi du 20ème épisode de « Maigret » avec Jean Richard, « Maigret en meublé ». On y retrouvait Gérard Berner ( Le duc d’Anjou dans « La dame de Monsoreau »), Evelyne Dress (qui sera l’année suivante l’une des vedettes de la série « Le provocateur »), Mony Dalmès (Alors familière du petit écran, citons « Michel Vaillant » ou « Allo Police »), ou encore François Dyreck (Manot la Jeunesse dans « Mandrin » diffusé en juin 1972). Evelyne Dress est une actrice de la génération de Muriel et comme on dit « jouait dans sa catégorie » ; peut être sur certains castings étaient elles en concurrence.
Mon enfance a été marquée par la série « Maigret » avec Jean Richard même si je trouve aujourd’hui qu’elle a fort mal viellie. En dehors de la télévision, cette semaine de vacances se déroulait tranquillement chez moi. C’est un des Noël dont je garde le souvenir le plus enchanteur.
Dimanche 24 décembre 1972
Je n’ai qu’un souvenir de ce jour là, le film « Le milliardaire » avec Marylin et Montand, typiquement le genre de films que je regardais « passivement » en famille, sans me poser de questions ni trop comprendre, et que j’ai cessé de voir en 1975 lorsque j’ai eu un poste de télévision dans ma chambre. Aucun autre souvenir des programmes de la une (« Le sport en fête », « Le voleur de Bagdad », le 3e épisode de « Pinocchio », « L’arche de Noël » avec Brassens, ni de la Messe de Minuit. Tandis que je me souviens de celle de 1973 où participa le chanteur Gilbert Bécaud). La 2 n’avait rien de palpitant au programme : « Aventure en Floride » (qui inspira la série « Flipper le dauphin »), « Barbe Bleue » opéra bouffe d’Offenbach avec Jean Le Poulain, « Aujourd’hui à Paris » avec Poiret et Serrault, « Ma vie est une chanson » avec Mickey Rooney
Lundi 25 décembre 1972
En dehors des « Gens de Mogador », je n’ai rien dû regarder. Sur la une était proposé « Le roi et moi » avec Yul Brynner, « Les témoins » avec Louis Velle, et un spécial Buster Keaton, sur la 2, Caterina Valente et Michel Legrand, un John Wayne « Le grand Mc Lintock » et « Le Barbier de Séville » avec Teresa Berganza. Je devais défaire les paquets de mes cadeaux et lire « Les rois maudits ».
Mardi 26 décembre 1972
J’ai regardé un film avec Jean Marais, « Le miracle des loups », et sans doute Guy Lux sur la 2, « La maison des Bories » certainement pas. Rien ne m’a marqué sur la une, « Pinocchio » en était à son quatrième épisode, il était suivi d’une « rétrospective 72 ».
Mercredi 27 décembre 1972
Rien vu sur la une qui proposait « Columbo » : « Plein Cadre » avec Ross Martin ( Artémus Gordon dans « Les mystères de l’ouest ») et un show Sylvie Vartan. J’ai regardé « Match contre la vie » (aucun souvenir de l’épisode « Le guide » de ce jour là mais malgré 35 années sans rediffusions, je pourrais vous raconter des épisodes comme « Vivez dangereusement », « Le crime d’Alex », « Les tyrans » ou « Une petite injustice », merveilleux Ben Gazzara, formidable série créée par l’auteur du « Fugitif » Roy Huggins), « Les gens de Mogador » et pas vu le vaudeville « La station Champbaudet. Dans ma tête, j’étais déjà au lendemain où Muriel revenait. Depuis le 21 décembre, j’étais sur un nuage.
Jeudi 28 décembre 1972
Nous voici arrivés à ce fameux jeudi 28 décembre. Il constitua le zénith de la carrière de Muriel Baptiste qui ne devait plus jamais conn