Le collège de mon enfance qui me rappelle tant Muriel
En septembre 1970, j’entrai en classe de sixième au CES des Fourches (Créé à la rentrée 1968 afin de permettre l’accès à l’enseignement secondaire ailleurs qu’au lycée situé au centre ville).
J’y suis resté jusqu’en juin 1974 (fin de la classe de troisième).
La dernière année de ma scolarité (1973-1974), le collège changea de nom pour devenir « le collège Gustave Monod ».
Tous les quinze jours ou trois semaines, pour raisons familiales, je me retrouve le week end dans la ville où j’ai grandi. Il est difficile aujourd’hui, vu de l’extérieur, de reconnaître le collège tel qu’il se présentait au début des années 70. En effet, des bâtiments supplémentaires, d’aspect moderne « high tech », ont été construits, et cachent complètement la vue.
Le collège, initialement, offrait de l’extérieur la vue de pelouses, du bâtiment du gardien, du garage à vélos et du bâtiment principal.
Dans mon souvenir, dans le prolongement du garage à vélos se trouvait un préau. Entre le bâtiment principal et celui des internes, une cour avec un stade de handball et basket-ball. Au-delà du bâtiment des internes se situait le terrain de football, entouré de champs de maïs.
A la rentrée de septembre 1971, je fis la connaissance de F. qui devint mon meilleur ami jusqu’à notre fin de scolarité commune dans ce collège en juin 1974.
Il ne faudrait pas, aujourd’hui, tout embellir au sujet de cette période : il régnait une certaine violence au collège (bagarres) que je n’ai pas retrouvée par la suite au lycée (Rentrée de septembre 1974), puis à mon entrée en faculté en octobre 1978. On peut comprendre que, isolé par la brusquerie des autres, je me sois isolé dans mon monde. Il ne s’agissait pas en 1970-74 de violences comme celles qu’ont connu les collèges par la suite (rackets, etc.).
Toujours est il que je garde un souvenir enchanté de ces années de collège, et plus particulièrement des années passées avec mon meilleur camarade, F. hélas disparu.
Au fil des années qui ont suivi, la simple vision de ce collège me ramenait en mémoire l’actrice Muriel Baptiste. Il y a d’autres endroits mais ils ont totalement disparu (Par exemple, une librairie située au centre ville où j’avais découvert l’édition de « La reine étranglée » avec l’actrice en photo en couverture).
A partir de 1990, après avoir effectué des recherches vaines pour retrouver Muriel pendant plus de trois années à partir de la 3e diffusion des « Rois maudits » en 1987 , je m’étais résigné à ne jamais savoir ce qu’elle était devenue. Je pensais ne jamais l’apprendre et qu’elle s’était fondue dans l’anonymat. En pratique, avec la parution du livre d’Yvan Foucart « Dictionnaire des comédiens français disparus » aux éditions Grand Angle, j’aurais pu, dès 1999, apprendre que Muriel avait choisi de nous quitter le 7 septembre 1995. La nouvelle n’ayant pas été relayée autrement par les médias (Même le site Internet Movie Data Base ne la mentionnait pas), ce n’est que le dimanche 6 novembre 2005, en lisant une interview d’Hélène Duc par Mathieu Brughera dans « Ici Paris » que j’ai su.
Le CES des fourches reste l’un des endroits qui m’a fait le plus penser à Muriel. Pas tellement pour l’année 1970-71 (Classe de sixième) où mon seul souvenir d’elle reste qu’elle figurait dans « Lancelot du lac » diffusé le 25 décembre 1970 sur la seconde chaîne ORTF que notre vieux poste ne captait pas.
Ensuite, « Maigret aux assises » (diffusé le 11 septembre 1971) m’a permis de la revoir au début de la classe cinquième.
Mais c’est à partir de juillet 1972 (Diffusion de « La princesse du rail » et « Richard Lagrange ») puis surtout de décembre 1972 (« Les rois maudits ») que se sont liés dans ma mémoire les années de collège et les apparitions télévisées de Muriel.
Muriel reste associée dans mon souvenir à la scolarité dans ce collège parce qu’elle a arrêté sa carrière en 1974 au moment où je quittai l’endroit.
En particulier l’année 1972-73 (« Les rois maudits », « Les risques du métier » premier passage télévisé, « Le premier juré »), qui correspond à mon année de quatrième.
Lorsque je pense à d’autres artistes, comme par exemple Roger Moore (Découvert début octobre 1972 dans « Amicalement vôtre »), il n’y a pas la même association d’idées. J’étais au lycée lors de la sortie de « L’homme au pistolet d’or » et « L’espion qui m’aimait », en fac pendant celle de « Moonraker » et « Rien que pour vos yeux », au service militaire lorsque sortit « Octopussy ».
Pour Muriel, l’histoire s’arrête à la fin de l’année scolaire 1973-74.