LES ROIS MAUDITS/2 : LA REINE ETRANGLEE
Fresque historique en six épisodes, d’après l’œuvre de Maurice Druon. Adaptation : Marcel Jullian. Directeur de la photo : Pierre Mareschal. Décors : Maurice Valay. Costumes : Monique Dunan. Musique : Georges Delerue. Combats réglés par Claude Carliez. Réalisation : Claude Barma (Tournage : à partir de décembre 1971, 1ère diffusion : jeudi 28 décembre 1972, 2e chaîne ORTF).
Avec : Muriel Baptiste (Marguerite de Bourgogne), Catherine Hubeau (Blanche), Georges Ser (Louis X le Hutin), Jean Piat (Robert d’Artois), Georges Staquet (Lormet), Jean Deschamps (Charles de Valois), André Falcon (Enguerrand de Marigny), Bruno Balp (Bersumée), Monique Lejeune (Clémence de Hongrie), André Luguet (Bouville), Jean Luc Moreau (Guccio), Henri Virlojeux (Le cardinal Duèze), Louis Seigner (Tolomeï), José-Maria Flotats (Philippe le long)
29 novembre 1374 : Philippe Le Bel est mort. Louis X, son fils, lui succède. Il veut se remarier, mais doit auparavant obtenir l’annulation de son mariage. Le royaume se déchire entre d’une part Enguerrand de Marigny, le coadjuteur du défunt roi, et Charles de Valois, qui gouverne à travers le frêle Louis X.
Louis envoie Robert d’Artois à Château Gaillard où est emprisonnée Marguerite, pour qu’elle reconnaisse que sa fille Jeanne n’est pas de son mari, et qu’elle s’est toujours refusée à lui, permettant ainsi l’annulation du mariage. Marguerite refuse, si Louis venait à mourir, sa fille Jeanne deviendrait reine et il faudrait compter avec elle comme régente.
Mauvais calcul : Louis ne meurt pas, et lorsque Marguerite à bout de forces, écrit une lettre pour l’annulation du mariage, Marigny – qui la reçoit – la brûle. La mère de Clémence de Hongrie ayant demandé que le mariage de Louis X avec sa fille se fasse avant l’été, et le roi ne parvenant pas à faire élire un pape pour prononcer l’annulation de son mariage, il fait étrangler Marguerite dans sa prison, et « donne » Marigny à Charles de Valois en le faisant pendre.
Dans cet épisode, Muriel Baptiste a le premier rôle, elle est la vedette, mais la mort de son personnage la fait disparaître des épisodes suivants. L’épisode, plus que d’autres, nous donne une impression de théâtre filmé, tout est fait en studio. Nous ne voyons pas la forteresse de Château Gaillard. Beaucoup de gros plans sur Muriel, dont le visage est fatigué et les traits tirés par la maladie et la souffrance. Muriel ayant ici des cheveux, on peut supposer que Claude Barma n’a pas tourné « le roi de fer » et « la reine étranglée » dans l’ordre, puisque dans la scène du procès du premier épisode, Muriel était rasée.
Muriel est ici enlaidie, mais elle n’a jamais été aussi forte, aussi lumineuse, que dans le rôle de cette reine déchue. C’est un épisode tout en émotion et en tristesse, concentré sur l’impasse dans laquelle l’annulation du mariage provoque des drames (Exécution de Marguerite et de Marigny). Beaucoup d’acteurs du « roi de fer » ne reviendront que dans le 3e épisode : « Les poisons de la couronne » (Comme Catherine Rouvel).
Jean Piat se livre au début à un jeu du chat et de la souris avec Muriel, pourtant lorsque je lui écrivis en 1990, il ne se souvenait plus d’elle, il m’a dit ne l’avoir jamais revue après le tournage. Ce rôle va marquer Muriel Baptiste bien plus que « La princesse du rail » mais sans pour autant lui permettre de continuer sa carrière de comédienne.
La musique du regretté Georges Delerue, la voix de Jean Desailly, tout contribue à rendre l’épisode poignant, déchirant, triste.