LES ROIS MAUDITS : 1. LE ROI DE FER
Fresque historique de Claude Barma (1972-début du tournage décembre 1971), d’après le roman de Maurice Druon. Adaptation : Marcel Jullian. Directeur de la photo : Pierre Mareschal. Musique : Georges Delerue. Combats : Claude Carliez. Décors : Maurice Valay. Costumes : Monique Dunan. (Première diffusion le jeudi 21 décembre 1972, 2e chaîne ORTF)
Avec : Georges Marchal (Philippe Le Bel), Muriel Baptiste (Marguerite de Bourgogne), Georges Ser (Louis Le Hutin), Michel Beaune (Edouard II), Geneviève Casile (Isabelle de France), Xavier Depraz (Jacques de Molay), Jeanine Crispin (Eliabel de Cressay), José Maria Flotats (Philippe de Poitiers), Hélène Duc (Mahaut d’Artois), Patrick Lancelot (Philippe d’Aunay), André Luguet (Hugues de Bouville), Jean Piat (Robert d’Artois), Patrick Préjean (Pierre de Cressay), Catherine Rich (Jeanne de Bourgogne), Vincent Gauthier (Gautier d’Aunay), Catherine Hubeau (Blanche de Bourgogne), Gilles Béhat (Charles de la Marche), Catherine Rouvel (Béatrice d’Hirson), Yvon Sarray (Thierry d’Hirson), Louis Seigner (Spinello Tolomei), Anne Kreis (Marie de Cressay), Jean Luc Moreau (Guccio), Jean Deschamps (Charles de Valois), André Falcon (Enguerrand de Marigny), Guy Saint Jean (Jean de Cressay), Georges Staquet (Lormet)
Difficile de dire quoi que ce soit de nouveau et d’original sur ce film qui constitue avec sa suite « La reine étranglée » le plus beau rôle de Muriel Baptiste. Robert, comte d’Artois, spolié de ses terres, se rend à Londres auprès d’Isabelle, reine d’Angleterre et fille de Philippe Le Bel, pour dénoncer ses cousines, coupables d’adultère. Son but : se venger de sa tante Mahaut qui l’a dépossédé. Il réussit son entreprise et les princesses sont confondues. Marguerite de Bourgogne (Muriel Baptiste) et Blanche sont condamnées à la forteresse à vie, Jeanne, sœur de Blanche, à une peine moins lourde. L’histoire se passe sur fond de procès des templiers, que le roi Philippe Le Bel fait brûler pour prendre leur fortune. Sur son bûcher, le grand maître de l’ordre maudit le pape, Nogaret et le roi, ainsi que ses descendants jusqu’à la treizième génération. Le pape meurt de mort naturelle, Nogaret est empoisonné par Mahaut, et Philippe Le Bel foudroyé par une attaque. Malédiction ou coïncidence ?
Nous assistons aussi à la petite histoire de gens modestes, comme Guccio, fils du banquier Tolomeï, qui s’éprend d’une fille de noblesse.
La distribution est importante, je n’ai pas cité tous les rôles, mais l’action est sacrifiée ici au profit de la mise en valeur de l’intrigue. Nous sommes proches du théâtre filmé. Maurice Druon a mis plus de dix ans à se laisser persuader par une adaptation télévisée. Il craignait une reconstitution en costumes. Barma s’est attaché à mettre en valeur les personnages, leurs émotions (Haine, amour, souffrance). Ce téléfilm est en 1972 un énorme succès public et critique. La dureté des scènes et du tournage rend Muriel Baptiste malade, elle devra voyager et se reposer ensuite. Pour les besoins du film, elle sacrifie sa chevelure (Les princesses étant tondues lors du procès). L’importance du nombre d’acteurs dans la distribution fait que le succès rejaillit surtout sur Jean Piat. La série sera rediffusée en 1975, 1987 et 1990 avec le même triomphe. En 1974, Muriel Baptiste se plaignait dans « Télé Poche » qu’on ne lui propose plus que des rôles forts, suite à son interprétation de Marguerite. La majorité des personnes qui se souviennent de l’actrice aujourd’hui ne connaissent que ce rôle. Depuis plusieurs années, il est disponible en vidéo, hier VHS aujourd’hui DVD.