Dimanche 1er avril 1973
Je me souviens très bien de ce dimanche en raison du film diffusé à 14h30 sur la 2 : « Ne jouez pas avec les martiens ». Fan inconditionnel de la série « Les envahisseurs », je me suis jeté sur cette histoire de soucoupes volantes et de martiens. Hélas, nous sommes ici plus dans l’univers de « La soupe aux choux » que dans celui de David Vincent. Le film, réalisé par Henri Lanoë en 1967, avec en vedette Jean Rochefort, Macha Méril et André Vallardy, nous montre des extra-terrestres fort peu menaçants. Lorsqu’on leur tire dessus, ils prennent un air étonné, sont imperméables aux balles qu’ils se mettent à manger ! Un film loufoque dans la lignée de « L’Alphoméga ».
J’ai aussi vu « Horizons sans fin » qui relate la vie de l’aviatrice Hélène Boucher, à 17h00, puis « Le jeune Fabre ». Le soir, ce fut « La bourse ou la vie » avec Fernandel et Jean Poiret. Par rapport aux autres dimanches, j’ai beaucoup regardé la télévision, mais cela n’empêche pas que j’attendais le lundi avec impatience.
Lundi 2 avril 1973
Ce soir là débutait à 19h45 un feuilleton en quarante épisodes : « Le temps de vivre, le temps d’aimer ». L’intrigue est très bien construite, passionnante, tout commence par le générique chanté par Jean Claude Pascal. Le feuilleton est co écrit par Alain Quercy, qui joue avec Muriel dans « Le premier juré ». La distribution est éblouissante : Jean Claude Pascal, Pascale Roberts (qui n’a jamais été si bien dirigée), Françoise Dorner, Anne Lonnberg (une future James Bond girl de Roger Moore dans « Moonraker »), Perrette Pradier, Renée Faure, Alain Quercy, Robert Lombard (Portefruit dans « Les rois maudits »), Nicole Pescheux (« Les gens de Mogador »). A partir d’un scénario solide et de comédiens tous très juste dans leurs rôles, Louis Grospierre signe un chef d’œuvre. La série a été rediffusée en 1977 mais je n’ai pu la revoir. Et là se pose la cruelle question : quel mauvais sort a fait que ce feuilleton tourné dans la campagne genevoise ne soit pas proposée à notre chère Muriel Baptiste ? Elle s’ennuie dans « Le premier juré » sur la Une chaque soir à 20h15, or en ce printemps 1973, elle passe à côté de deux rôles qui auraient définitivement assis sa popularité : celui de Jeanne Fortier dans « La porteuse de pain », et celui de Mathilde Gimbaut dans « Le temps de vivre, le temps d’aimer ».
Le feuilleton raconte les problèmes d’une femme d’affaires partagée entre sa vie familiale (son mari Jean joué par Jean Claude Pascal) et son métier de directrice d’une usine de prêt-à-porter. Elle devra aussi faire face à son passé, en la personne de Perrette Pradier, une ouvrière nommée Sylvie, qui lui mènera la vie dure.
Le feuilleton a été tourné en 1972, Pascale Roberts été alors âgée de 39 ans (Elle est née en 1933). Jean Claude Pascal né en octobre 1927 (comme Roger Moore) a 46 ans, Muriel avait alors 29 ans. Trop jeune pour être crédible en épouse de Jean Claude Pascal et en directrice ?
Dans le reste de la distribution, Muriel est trop âgée pour les rôles clefs : Françoise Dorner, l’une des filles du couple, est censée avoir 18 ans bien que l’actrice en ait en réalité 23. Carole, la secrétaire de Jean, est jouée par Anne Lonnberg. Elle est celle dont Pascale Roberts est jalouse (à tort). Elle a, comme Nicole Pescheux, joué dans « Mogador ». Muriel aurait pu jouer le rôle, mais celle dont les téléspectateurs se souviennent, c’est Mathilde/Pascale Roberts. Alors ? Si elle a été là au bon endroit et au bon moment pour « Les rois maudits », Muriel rate une des plus belles occasions de sa carrière.
Muriel est à 20h20 ce soir là dans « Le premier juré ». Jean Louis, journaliste, interprété par Alain Quercy, qui a co écrit et joué les deux feuilletons, présente sa cousine Pierrette Vanier (Muriel) à Patrick Leroy (Michel Le Royer). Bien sûr, je ne vais pas gâcher mon plaisir, qui est immense, de voir celle pour qui mon cœur bat, tous les soirs à la télévision, mais le feuilleton tourne très vite en rond, les apparitions de Muriel sont fugitives, rien jusqu’au dernier épisode ne laisse penser à une romance entre son personnage et celui de Patrick Leroy.
Muriel doit défendre un rôle plutôt discret, bien que seconde dans l’ordre de distribution après Michel Le Royer, face à Olga Georges Picot, Lise Lachenal et Aude Loring. Elle n’est que peu de temps présente à l’écran chaque soir, et pas à son avantage. C’est une catastrophe pour sa carrière.
Mardi 3 avril 1973
Muriel contre Pascale, acte 2. Dans « Le temps de vivre », Mathilde alias Pascale Roberts va partir pour un séminaire de travail. Elle passe le dimanche avec son mari et des deux filles. Mathilde est jalouse des élèves de son mari qui est professeur d’université. Françoise Dorner sera en 1986 l’héroïne d’une série policière, « Madame et ses flics » dans la distribution de laquelle on retrouve notre « Charles de Valois » Jean Deschamps.
Si l’on regarde les vingt premiers épisodes de cette série, on constate que la tension ne faiblit à aucun moment, tandis qu’au bout de vingt numéros, « Le premier juré » est bouclé, voire bâclé.
Dans le 5e épisode du feuilleton avec Muriel, le président lit l’acte d’accusation et procède à l’appel des témoins. Le commissaire Leroux (Raymond Barrat) fait sa déposition à la barre. En Nicole Roman, accusée innocente jetée en prison, Lise Lachenal peine à nous émouvoir. Nous ne sommes pas dans la géniale série « Le fugitif » et elle est à des lieues du Docteur Richard Kimble qui durant 120 épisodes de 50 minutes nous entraînait dans son cauchemar.
« Le premier juré » nous présente une famille de mafiosi italienne, Les Bardini. Il y a les frères, la sœur (jouée par Inès Nazari). Trop de personnages sont présentés pour vingt épisodes de quinze minutes.
Michel Le Royer joue très juste, dans son registre habituel, qui nous l’a fait aimer dans « Le chevalier de Maison Rouge » et « Corsaires et flibustiers ». Il est un familier de ce genre de feuilletons (« Face au Lancaster », « La famille Cigale »). Il est aujourd’hui la voix française du héros de la série « Lost ». Michel Le Royer a été injustement boudé par le métier. La vie ne l’a pas non plus gâtée avec un grave accident à l’œil. Dans « Le premier juré », il est encore le « jeune premier », le « gendre idéal », bref le héros.
Olga Georges Picot a un rôle plus intéressant à défendre. C’est la « bad girl », Michèle Florin, une femme tourmentée, fragile, qui au début semble irréprochable, et lorsque le feuilleton commence, elle est fiancée à Patrick Leroy avec lequel elle doit se marier. Mais elle cache de lourds secrets, va tomber malade, et Pierrette/Muriel lui ravira le cœur de son fiancé.
Le soir de ce mardi, mes parents ont regardé « Tino Rossi pour toujours » de Jean Christophe Averty.
Mercredi 4 avril 1973
« Daktari » revient à 15h15 à la place de « Voyage au fond des mers ». Je n’en ai jamais raté un épisode, même en grandissant. Je dois connaître par cœur « Reportage à Wameru », l’épisode de ce jour là. Je dois avoir 80 épisodes en vidéo sur les 89 existants, mais il s’agit de VHS bien fatiguées. Il semble qu’il n’y aura jamais de rééditions en DVD car les masters sont perdus ou abîmés. Cette série évoque pour moi la jeunesse et l’insouciance.
Le 3e épisode du « Temps de vivre, le temps d’aimer » nous montre une Pascale Roberts mal à l’aise dans un séminaire où elle est victime de discrimination par rapport à ses collègues masculins. En 1973, très en avance sur son temps, la série abordait un phénomène de société dont on ne parlait pas ou peu.
Dans « Le premier juré », Muriel joue les détectives avec Alain Quercy, ils sont convaincus que l’accusée est innocente et procèdent à leurs investigations de journalistes pour mener à bien une enquête parallèle à celle de la police. En avril 1973, il était pour moi impensable que ce feuilleton serait le dernier de Muriel. Il me reste la satisfaction de n’avoir pas raté un épisode, une minute de son talent immense, de sa présence qui allait cruellement me manquer par la suite.
Jeudi 5 avril 1973
Dans le 4e épisode de la série « Le temps de vivre, le temps d’aimer », Mathilde apprend qu’elle doit passer des tests professionnels alors que la plupart de ses collègues sont confirmés dans leur fonction. Le consortium pour lequel elle travaille vient d’être absorbé par un groupe international qui veut réorganiser totalement la maison de couture. Mathilde craint d’être licenciée. En 1973, le chômage, les délocalisations, la condition de vie des cadres n’étaient pas abordés dans les films. C’est venu dans les années 80 avec des films comme « Que les gros salaires lèvent le doigt ».
« Le premier juré » continue sa course avec un épisode dans lequel Muriel Baptiste et Alain Quercy tentent de semer le doute dans l’esprit de Michel Le Royer sur la culpabilité du personnage de Nicole Roman joué par Lise Lachenal.
J’ai regardé ce soir là Guy Lux avec mes parents d’un œil distrait, l’esprit ailleurs.
Vendredi 6 avril 1973
Muriel Baptiste est en photo ce vendredi dans Télé Poche page 126. On la voit de profil avec Alain Quercy mener son enquête. Dans cet épisode, Michel Le Royer lui aussi se met à enquêter et se rend dans l’immeuble où a eu lieu le crime, celui de Giuseppe Bardini, amant de Nicole Roman qu’elle est accusée d’avoir empoisonné.
A 15h15, j’ai revu avec un immense bonheur l’épisode « La chasse au trésor » de « Chapeau melon et bottes de cuir » que j’avais vu chez un oncle en septembre 1968. C’était diffusé sur la seconde chaîne et notre vieux poste ne la recevait pas.
L’épisode du « Temps de vivre » s’attarde sur la réaction de la famille de Mathilde aux tests professionnels.
En soirée, c’est « Mission Impossible » avec l’épisode « Le bouddha de Pékin ». On y retrouve Anne Francis qui jouait dans l’épisode « La soucoupe volante » de la série « Les envahisseurs ».
Demain est un jour sans Muriel.
Samedi 7 avril 1973
Télé Poche consacre sa couverture à « L’éducation sentimentale » et en page 45 mentionne que l’équipe des « Rois maudits Barma/Jullian/Delerue prépare pour la 2 le tournage de « Roméo et Juliette ». Des nouvelles de Thérèse Liotard, Philippe Rouleau, Frederique di Pasquale, et un samedi exceptionnel, malgré l’absence de Muriel Baptiste.
Tout commence à 15h15 sur la 2 avec « Chapeau melon » : « Un petit déjeuner trop lourd », suivi à 18h20 sur la Une du 9e épisode de « La porteuse de pain ».
Dans « Le temps de vivre, le temps d’aimer » à 19h45 sur la 2, Mathilde apprend qu’elle est nommée directrice d’une usine à 80 km de chez elle et ne sait comment l’annoncer à son mari. La série est de plus en plus passionnante.
Le soir, c’est le dilemme, car il y a sur le Une « Le concours eurovision de la chanson » et sur la 2, « Devine qui est derrière la porte » suivi du retour de « Amicalement vôtre ». Je sais que je n’ai pas raté l’épisode, mais j’ai pourtant des souvenirs du concours que gagne Anne Marie David dont ma mère dit : « Elle ressemble un peu à Muriel Baptiste ».
Cette fois, ma passion secrète ne l’est plus.
Parmi les participants, Cliff Richard, Patrick Juvet, Martine Clémenceau (que mes parents détestent et qui fera une belle carrière au début des années 80 avec « Solitaire », « J’perdrai la tête », « Le divorce »), Massimo Ranieri, Marie (celle qui chantait « Soleil » en 1971 et nous a quitté suite à une maladie en 1990) – il existe un site officiel sur elle : http://www.marie-chanteuse.info/indexmai.php
Patrick Juvet alors très en vogue fait un mauvais score avec « Je vais me marier Marie », tandis qu’Anne Marie David triomphe. Massimo Ranieri continuera une carrière à la fois d’acteur et de chanteur (Il gagne le festival de San Remo en 1988).
Avril 1973 est le paradis pour moi : « Amicalement vôtre » + Muriel Baptiste en même temps. Neuf épisodes seront programmés. Pour Roger Moore, dont le premier « James Bond » va sortir, c’est déjà de l’histoire ancienne.
L’épisode de ce soir là, « L’un et l’autre », est l’un des meilleurs de la série.
Dimanche 8 avril 1973
Heureusement que je me suis couché la tard la veille, il n’y a que « Le jeune Fabre » d’intéressant à voir ce jour là.
Lundi 9 avril 1973
Nouveau match Muriel Baptiste contre Pascale Roberts. « Le temps de vivre, le temps d’aimer » nous entraîne dans une petite ville, Châtenay, dont Mathilde devient la directrice. Mais elle est confrontée à son passé. Une femme, Sylvie (Perrette Pradier) lui voue une rancune féroce. Mathilde est originaire de cette ville où son père, contremaître, est maintenant décédé. Je me souviens d’une porte qui claque au domicile de Perrette Pradier au nez de Pascale Roberts : « Madame la Directrice, tu peux faire ce que tu veux à l’usine mais ici tu es chez moi ».
Muriel maintenant, dans le 9e épisode (déjà !) du « Premier juré », elle rencontre les frères de la victime – le téléspectateur a tout de suite compris que ce sont les assassins – ainsi que la veuve Juana Bardini. Après le dimanche ennuyeux, c’est avec un immense plaisir que je la revois. Ensuite, rendez vous avec un vieil ami, Edward Meeks des « Globe trotters », pour « Le loup des mers », une superbe série allemande d’après le roman de Jack London, passionnante d’un bout à l’autre (Je manquerai seulement le 5e épisode). Je me souviens encore de la musique ! Raimund Harmstorf (encore un comédien qui s’est suicidé) connaîtra le triomphe en 1975 avec « Michel Strogoff ». « Le loup des mers » fit l’objet d’un remake américain avec Charles Bronson vers 1994. La télévision en 1973 savait nous offrir de très bonnes séries.
Mardi 10 avril 1973
Muriel est en photo dans « Télé Poche », page 90, à l’occasion du 10e épisode du « Premier juré », une photo qui n’est pas tirée de la série. Elle porte un foulard à poids et tire une mèche de cheveux jusque sous son nez. Commentaire du magazine : « Muriel Baptiste – Pierrette a perdu des cheveux pour tourner « Les rois maudits » que vous avez vu à la fin de l’année. Mais en perdant sa chevelure, elle a gagné un très beau rôle.
Dans l’épisode, l’intrigue s’embrouille un peu : Nicole Roman reconnaît avoir menti lors de l’instruction. Un témoin récalcitrant, Steiner, vient jeter le trouble.
Sur la 2, Mathilde/Pascale Roberts se laisse convaincre par son mari, malgré l’hostilité qu’on lui manifeste à Châtenay, d’accepter le poste de directrice.
Rien vu d’autre ce soir là.
Mercredi 11 avril 1973
Mon programme de ce jour là ? L’épisode « Prince » de « Daktari », et les deux séries du début de soirée.
Mathilde vire l’ancien directeur de l’usine et retrouve sa mère (Renée Faure) qui semble cacher un secret de famille.
Le feuilleton n’est jamais lassant car il utilise avec intelligence les deux acteurs principaux. Nous suivons Jean Claude Pascal en professeur d’université, dont la secrétaire Carole est peut être – du moins dans les soupçons de Mathilde – la maîtresse, et les démêlées de cette dernière à Châtenay.
Les deux histoires sont menées en parallèle, ce qui nous vaut des changements de décors, et plusieurs scènes montrent les retrouvailles de Mathilde et Jean, loin de leur métier qui les sépare.
Dans « Le premier juré », l’intrigue tourne en rond : Patrick Leroy, aidé de Pierrette et Jean Louis, confond le témoin qui a chargé Nicole Roman. Il a menti par dépit amoureux. Muriel est encore bien présente à l’écran dans cet épisode.
Jeudi 12 avril 1973
Encore un épisode de « Témoignages « sur la 3 : « Divorce », avec Renée Saint Cyr, mais ce n’est toujours pas celui avec Muriel Baptiste.
Mathilde continue d’explorer son passé, aidé par un de ses collaborateurs, Fourassié, qui lui parle de son père. Jean sait qu’elle ne peut le rejoindre à Genève, débordée de travail, et vient passer le week end à Châtenay.
Le 12e épisode du « Premier juré » fait du sur place, avec la déposition d’un des assassins, Luigi Bardini. Muriel ne doit y faire qu’une fugitive apparition.
Vendredi 13 avril 1973
Un superbe épisode de « Chapeau melon et bottes de cuir » : « La dynamo vivante ». En 1977, je l’ai acheté en super 8 et donc le connaît depuis par cœur (en VHS, en DVD…..). Il s’agit d’un des épisodes un peu effrayants dans la lignée de « Interférences », « Les cybernautes » et « Le tigre caché ».
Dans « Le temps de vivre », Mathilde essaie de faire parler sa mère, en vain, pour découvrir les raisons de l’hostilité à son égard des habitants.
Le 13e épisode du « Premier juré » nous entraîne à Vaison la Romaine, sur les traces de Michèle Florin (Olga Georges Picot) qui y a disparu, sauf erreur de ma part, Muriel n’est dans aucune scène de l’épisode.
Samedi 14 avril 1973
Le télé poche cette semaine là met en couverture Walter Spanghero dont ce sont les adieux, et en photo couleurs page 2 Véronique Jannot. Des téléspectateurs se plaignent de « L’Alphoméga » et de l’émission de Bouvard « Samedi soir ». Des nouvelles de Nicole Maurey (qui jouait dans « La demoiselle d’Avignon ») et un article sur Jean Piat en compagnie de sa femme, la regrettée Françoise Engel qui jouait alors dans la pièce « Rappelez moi votre nom ». Chaque article sur Jean Piat fait allusion aux « rois maudits ».
Le samedi, il faut attendre 16h30 pour voir « Chapeau melon et bottes de cuir », l’épisode « Le village de la mort ». La scène où Emma Peel est plongée dans un lac attachée à une planche me revient en mémoire, parce qu’en octobre 1968 lors de la première diffusion, j’avais accompagné ma mère chez un oncle qui était en train de regarder l’épisode. Juste le temps de voir cette séquence là.
A 18h00, c’est sur la 2 le 13e et dernier épisode de « Anna et le roi », à la même heure ou presque que le 10e épisode de « La porteuse de pain ».
A 19h45, « Le temps de vivre, le temps d’aimer » en est au douzième épisode. Nicole Pescheux (Dorothée dans « Les gens de Mogador ») y fait son arrivée. L’épisode relate la jalousie de Mathilde qui apprend que son mari est parti aux USA y donner des conférences tandis qu’elle a dû régler un marché en Allemagne. L’intrigue est de plus en plus passionnante.
Après Roger Pierre et Jean Marc Thibault, excellent épisode de « Amicalement vôtre » : « Formule à vendre », dont télé poche attribue la réalisation au producteur Robert S. Baker alors qu’il est signé Roger Moore. Dans l’épisode, on découvre sa fille Deborah Moore (très jeune à l’époque), ainsi que l’actrice Nicola Pagett, vedette de « Maîtres et valets » que TF1 diffusera en 1975.
Dimanche 15 avril 1973
En dehors du 11e épisode de la série « Le jeune Fabre », rien d’intéressant. Beaucoup de bonnes choses la veille et toujours des dimanches sans relief.
Lundi 16 avril 1973
Trois grands rendez vous, d’abord à 19h45, la suite des aventures de Mathilde/Pascal Roberts. Mathilde est confrontée à une lettre anonyme qu’a reçue son mari l’accusant d’avoir une liaison avec l’hôtelier de Châtenay. Charmante et paisible bourgade où Pascale Roberts affronte l’hostilité de tous les habitants.
L’épisode du « Premier juré » se consacre à Olga Georges Picot, dont le personnage, Michèle, est de plus en plus énigmatique. Patrick Leroy apprend par la police des révélations à son sujet. Le rôle de Muriel Baptiste dans la série devient très mineur dans certains épisodes. Mais c’est un bonheur de la voir sur le petit écran.
Second épisode de la série « Le loup des mers », passionnante elle aussi – c’est du Jack London – qui alterne séquences du présent et flash back sur la jeunesse des deux héros.
Mardi 17 avril 1973
Deux programmes intéressants : « Le temps de vivre, le temps d’aimer » et « Le premier juré ».
Dans le 14e épisode du premier titre cité, Mathilde doit faire face à deux dilemmes, l’un professionnel, l’autre privé.
Fourassié, son collaborateur à l’usine de Châtenay, doit prendre sa retraite et plusieurs cadres jouent du coude et intriguent pour obtenir son poste.
Jean, son mari, est de plus en plus irritable et jaloux. Elle le trouve de mauvaise foi.
Dans « Le premier juré », Muriel revient au cœur de l’intrigue dans ce 15e épisode : son personnage, Pierrette Vanier, qui est restée à Genève, affirme y avoir vu Michèle Florin (Olga Georges Picot) au moment où cette dernière prétendait être à Vaison La Romaine.
Une complice des frères Bardini, Laurence Meunier (Aude Loring), s’apprête à faire des révélations sur le meurtre de Giuseppe Bardini.
Intrigue brouillonne, confuse, ce « Premier juré » ne vaut que par la présence lumineuse de Muriel Baptiste, dont c’est l’un des tous derniers rôles. Plus que cinq épisodes avant la conclusion.
Le soir, la Une a remplacé « Les Sans Studio » par une émission de variétés présentée par Georges de Caunes : « Spectacle pour un inconnu ».
Mercredi 18 avril 1973
A 15h15 sur la 2, un classique de la série « Daktari » : « Le petit chimpanzé ».
Ensuite, à 19h45, dans « Le temps de vivre », Mathilde convainc Fourassié de rester à son poste quelques années, cela lui permet de retrouver la paix dans son entreprise.
Son mari Jean, dans le même temps, se calme et devient moins jaloux.
Le 16e épisode du « Premier juré » est surtout une confrontation Patrick Leroy/Laurence Meunier. La jeune femme est victime d’un attentat devant le night club des frères Bardini au moment où elle allait parler. Du coup, le personnage que joue Muriel, la journaliste Pierrette Vanier, voit son temps d’antenne sacrifié.
Un évènement télévisuel ce soir : Yves Mourousi débarque à la télévision avec sa première émission, « Feux croisés », à 20h35 sur la Une. Il est alors totalement inconnu.
Jeudi 19 avril 1973
En septembre 1968, mon oncle nous avait invité à regarder la 2 (que notre vieux poste ne captait pas) et je découvrai « Chapeau melon et bottes de cuir » avec l’épisode « La chasse au trésor ». Chez lui, je devais voir quelques minutes d’un autre épisode « Le village de la mort ». Il tenta alors de nous installer cette chaîne et je pus voir « Interférences » et « Ne m’oubliez pas », mais le vieux poste 819 lignes fut ensuite réfractaire et si la 2 avait pu continuer à y être captée, j’aurais vu à Noël 1970 « Lancelot du lac » avec Muriel.
Ce 19 avril, je suis en vacances scolaires et je revois donc à 15h15 « Interférences » avec l’inquiétant Christopher Lee, une histoire de robots à apparence humaine. J’ai longtemps voulu revoir cet épisode (une troisième fois) et il m’a fallu patienter jusqu’à septembre 1987 sur A2.
C’est mon épisode préféré de la série avec « Les cybernautes ».
Ce jeudi 19 avril est le jour de la Sainte Emma, et Emma Peel apparaît pour la dernière fois dans cette rediffusion de l’après midi.
Dans « Le temps de vivre, le temps d’aimer », Mathilde et Jean déménagent de Genève à Châtenay, mais Jean part aux USA et Mathilde se retrouve seule dans l’usine en vacances.
Si elle fait une apparition dans le 17e épisode du « Premier Juré », elle doit être fugitive. Muriel Baptiste n’est pas au centre le l’action qui continue avec le sauvetage de Laurence et les révélations qu’elle fait avant de s’évanouir.
Sur la 3, un épisode de « Témoignages » : « L’heure de pointe » avec Anne Bellec.
Vendredi 20 avril 1973
Ma grand-mère me demande de renoncer à regarder « Chapeau melon » pour l’accompagner au chemin de croix à l’église. C’était un épisode avec Linda Thorson, « Miroirs ».
A 19h45, dans « Le temps de vivre », Mathilde/Pascale Roberts découvre des irrégularités dans les dossiers de l’usine. Elle s’inquiète aussi de la conduite de sa fille Catherine tombée amoureuse.
Dans le 18e épisode du « Premier juré », Patrick Leroy se rend à un rendez vous avec les frères Bardini. Muriel Baptiste, une fois de plus, bien que second rôle en importance dans la distribution, est sacrifiée à l’intrigue.
A « Mission Impossible » sur la Une, mes parents ont préféré voir « Marius » sur la 2.
Samedi 21 avril 1973
Télé Poche consacre sa couverture au couple de la série « Le temps de vivre, le temps d’aimer », Pascale Roberts-Jean Claude Pascal, qui fait un triomphe.
En photos page 2, nous avons les deux héroïnes de « Chapeau melon et bottes de cuir » : Diana Rigg et Linda Thorson.
Dans le courrier des lecteurs, si l’on salue « Le temps de vivre », personne ne se manifeste pour « Le premier juré », et Muriel ne bénéficie d’aucune retombée positive médiatique pour sa carrière.
Télé Poche donne des nouvelles de Marie José Nat, de Michel Creton et d’Yves Mourousi.
A 15h20, je vois pour la première fois Linda Thorson dans « Chapeau melon », l’épisode « Mais qui est Steed ? » me permet de faire la connaissance de l’acteur Ian Ogilvy qui sera en 1979 le successeur de Roger Moore dans le rôle du Saint.
A 18h20 sur la Une, c’est le onzième épisode de « La porteuse de pain », l’intrigue touche à sa fin.
Dans « Le temps de vivre », Mathilde licencie Lorget (Robert Lombard), l’auteur des indélicatesses à l’usine.
Dernière émission de « Devine qui est derrière la porte » pour Roger Pierre et Jean Marc Thibault, qui précède un « classique » de « Amicalement vôtre » : « Regrets éternels », avec l’ex femme de Sean Connery Diane Cilento et Denholm Elliot qui jouera avec Roger Moore en 1980 dans la comédie « Les séducteurs ».
Dimanche 22 avril 1973
C’est l’avant dernier épisode du feuilleton « Le jeune Fabre » dont je n’ai jamais vu la fin, le dimanche suivant, mes parents partent pour deux jours dans le sud et je les suis. Je raterai aussi le 5e épisode du « Loup des mers » le lundi.
Rien d’autre ce dimanche là à part « Les Monroe ».
Lundi 23 avril 1973
Dans le 19e épisode du « Temps de vivre », Jean (Jean Claude Pascal) surprend Jérôme dans la chambre de sa fille et un terrible accrochage s’ensuit.
Mais l’important, c’est l’avant dernier épisode du « Premier juré ». Muriel Baptiste est de la partie. Le procès de Nicole Roman touche à sa fin. Le dernier jour d’audience auquel assiste Muriel, Michel Le Royer et Alain Quercy.
Ensuite, nouvel épisode du « Loup des mers ».
Mardi 24 avril 1973
« Voilà, c’est fini », comme dirait Jean Louis Aubert. Le 20e et dernier épisode du « Premier juré », chant du cygne de la carrière de Muriel avant trois apparitions en 1974. Je me souviens de ce dernier épisode, avec une fin téléphonée, les frères Bardini tombent en panne et poussent leur voiture, ils ne veulent pas d’aide, leur attitude intrigue des agents de police qui les arrêtent. Nicole Roman est innocentée.
Au mépris de toute cohérence, Muriel Baptiste et Michel Le Royer partent bras dessus bras dessous en amoureux dans la dernière scène du feuilleton. Oubliée la fiancée officielle, Olga Georges Picot.
Mes parents ne sont pas là, ils sont allés faire une visite familiale. Je suis resté à la maison pour voir Muriel Baptiste une dernière fois dans « Le premier juré ».
Ce que je me suis dit ce soit là ? Son prochain rôle sera mieux. Je ne sais pas, hélas, que je ne suis pas prêt de la revoir. Heureux les insouciants !
Je vais tout de même vite déchanter et elle va cruellement me manquer.