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fansdemurielbaptiste
Description du blog :
Blog dédié à la comédienne Muriel Baptiste (Les rois maudits)
Catégorie :
Blog Télévision
Date de création :
26.03.2007
Dernière mise à jour :
11.07.2008
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MURIELMANIA: les programmes TV déc 72-4 Fév 73

MURIELMANIA: les programmes TV déc 72-4 Fév 73

Posté le 29.03.2007 par fansdemurielbaptiste
Pour la période qui va du jeudi 21 décembre 1972 (jour de la première diffusion du « roi de fer » au dimanche 31), je vous propose une étude des programmes de l’époque.
Bien sûr, Muriel Baptiste n’était pas présente chaque soir à la télévision, mais il s’agit là du plus grand moment de sa carrière : le triomphe des « rois maudits ».
J’ai retrouvé dans le courrier des téléspectateurs de cette période des allusions à Catherine Rouvel et Jean Piat, des articles de presse sur Hélène Duc, Benoît Brione, et Jean Piat, mais rien sur Muriel.
Ceux qui aimaient Muriel Baptiste à l’époque se rappelleront de souvenirs télévisuels contemporains.
Avec le recul, c’est sans doute dans ce laps de temps que l’actrice a décidé de renoncer à sa carrière. Le dernier programme auquel elle participa fut « Un curé de choc » diffusé le 24 juillet 1974. Mais à l’époque, il y avait un décalage d’un à deux ans entre tournage et programmation. Par exemple, j’ai retrouvé entre décembre 1972 et avril 1973 des articles sur « Les brigades du tigre », dont la diffusion a commencé…en décembre 1974 !
Quelques programmes diffusés du 2 au 11 décembre 1972 :
Le samedi 2 décembre, un « top à Michel Fugain » qui fut critiqué pour son manque de fantaisie.
Le dimanche 3, le film de la une était « Le jardinier d’Argenteuil », un « Gabin ».
Le mardi 5 décembre, les fans d’Elvis Presley s’en souviennent, ce fut la première diffusion télé du film « Le rock du bagne » sur la 2.
Le mercredi 6 décembre, la une diffusa en soirée un épisode d’une série italienne de 1968, « Allo Fernandel », seule série à ma connaissance que le comique tourna pour la TV. Sur la 2, en seconde partie de soirée, « Amicalement vôtre » : l’épisode « Sept millions de livres », un des meilleurs de la série, avec Sinéad Cusak en fausse héroïne victime et un retournement de situation dans les dernières minutes à couper le souffle, aujourd’hui un peu éventé par les multiples rediffusions.
Le jeudi 7 décembre, une rediffusion de « La caméra explore le temps : l’affaire du courrier de Lyon » avec Marc Cassot (Partenaire de Muriel dans « Lucide Lucile »). Ce téléfilm datait de 1963 et racontait l’histoire d’une erreur judiciaire suite à un témoignage.
Samedi 9 décembre : 2ème partie de cette dramatique sur le Courrier de Lyon., Les Carpentier sur la 2 proposaient un « Top à Sylvie Vartan ».
Dimanche 10 décembre : le film du soir était « Khartoum » avec Laurence Olivier.
Lundi 11 décembre : « Au théâtre ce soir » : « Noix de Coco » de Marcel Achard.

Muriel à cette époque devait impatiemment attendre la diffusion des « Rois maudits », tandis que sa partenaire Blanche de Bourgogne alias Catherine Hubeau avait elle plusieurs téléfilms et séries à venir : elle fut notamment la vedette du tout premier feuilleton de la 3e chaîne : « Les fleurs succombent en Arcadie » réalisé par Jean Vernier, sur une musique de … Georges Delerue, le compositeur des « rois ». Peu de gens l’ont vu puisque la 3e chaîne n’était diffusée que sur une petite partie du territoire français



Chaque soir, la 2 nous proposait vers 19h la série britannique « Poigne de fer et séduction » avec Robert Vaughn (Héros de « Des agents très spéciaux ») et Nyree Dawn Porter (« La dynastie des Forsythe »), mais la brièveté des épisodes, entre 24 et 26 minutes, en faisait un produit nettement inférieur à l’autre production ITC du moment : « Amicalement vôtre ».



Mardi 12 décembre 1972

La une proposait ce mardi là un hommage à Jean Nohain. Je me souviens avoir regardé "les dossiers de l'écran" sur la 2 consacrés à Rudolph Valentino, me limitant sans doute à la vision du film.
D'autres soirées bien plus passionnantes allaient arriver ce mois là


Mercredi 13 décembre 1972

Ce soir là, la une proposait « A armes égales », débat politique entre Bernard Stasi et Alain Krivine.

J’ai regardé la 2 avec un épisode de « Amicalement vôtre » : « Minuit moins huit kilomètres », que sur l’instant je trouvai formidable. Il y a notamment Joan Collins, future Alexis de « Dynastie » et Ferdy Mayne, un comédien allemand qui a surtout travaillé en Angleterre, soit dans les films de vampires de la Hammer, soit à la télévision (« Le Saint », « Chapeau melon et bottes de cuir », « Destination danger », « L’homme à la valise »).
Cet épisode fut rediffusé deux fois en 1974, tout d’abord au printemps l’après midi sur la 2 après « Aujourd’hui Madame », et à la rentrée une troisième fois dans « La Une est à vous », et au fil des rediffusions, je trouve que c’est un épisode fort médiocre, un des plus mauvais de la série. Avec une Italie en carton pâte filmée en Angleterre, une musique obsédante et ridicule censée donner du rythme à l’action.

Une petite anecdote, l’un des personnages porte le nom de Manny Howard, or Télé Poche indiqua quelques jours plus tard, la samedi 16 décembre, que l’épisode d’Amicalement vôtre » intitulé "Une rancune tenace" était réalisé par…Manny Howard, alors qu’il l’est en fait par Peter Medak, un réalisateur de cinéma qui a notamment signé « La grande Zorro » avec George Hamilton !!!!!!!

Jeudi 14 décembre 1972

Ce soir là, j'ai regardé "la femme du boulanger" avec Raimu. Je n'avais pas compris à l'époque toutes les subtilités de l'intrigue, notamment pourquoi le boulanger incarné par Raimu fait une métaphore avec un chat qui est parti et revenu (comme son épouse) et se met dans une telle colère.
Le film était programmé dans le cadre de la série "Au cinéma ce soir".

Vendredi 15 décembre 1972


L’ORTF avait l’habitude d’acheter les séries américaines par tranches de 13 épisodes. C’était généralement pioché dans une saison, aux Usa, qui comportait 24, 26 ou 30 épisodes. Lorsque les programmes de fin d’année arrivaient, il n’était pas rare que, si la série avait commencé trop tardivement à l’automne, la totalité des 13 épisodes ne soient pas diffusés.
Ce fut le cas en septembre octobre novembre décembre 1973 pour « Mannix » dont 12 épisodes sur 13 furent programmés (Nul ne sait ce qu’il advint de ce 13e épisode car il fallut attendre TF1 et l’été 1975 pour voir réapparaître la série au niveau épisode inédits).
Le vendredi 15 décembre 1972, l’excellente série « Sam Cade » avec Glenn Ford, était proposée une ultime fois. Cette série comportait en Amérique une saison de 24 épisodes, c’était un western moderne ou le héros, le shérif Sam Cade, pilotait une jeep au lieu de se déplacer à cheval. A noter que Glenn Ford (qui vient de nous quitter) avait refusé le rôle de Danny Wilde dans « Amicalement vôtre ». (Le rôle avait déjà été proposé à Rock Hudson auparavant, et c’est Tony Curtis qui l’accepta).
« Sam Cade » n’arriva donc pas au bout de son périple de 13 épisodes et nous quitta ce vendredi 15 décembre.
En janvier 1973, la première chaîne préféra continuer « Columbo » plutôt que de diffuser la fin de « Sam Cade » le vendredi en début de soirée.
Un épisode inédit, « Adieu au passé », fut finalement programmé un samedi après midi du printemps 1973 sur la première chaîne ORTF. La série fut ensuite proposée au choix des téléspectateurs dans « La une est à vous » (pour des rediffusions) et revint le temps de quatre inédits au printemps 1977 le samedi après midi sur TF1.Depuis elle est totalement oubliée.

Les autres programmes de ce jour là furent « La qualité de la vie » sur la 1ere chaîne et « Italiques » sur la seconde.


Samedi 16 décembre 1972


Le samedi 16 décembre, le jeudi avec « les rois maudits » et Muriel devenait de plus en plus proche. Je n’oublierai jamais ce samedi 16 qui était un jour de déménagement. Or, je voulais absolument voir le soir à 21h40 le douzième épisode de « Amicalement vôtre » : « Une rancune tenace » (Premier des épisodes de cette série a être programmé un samedi).
C’est un membre de ma famille, qui était artisan installateur de télévision, qui devait venir faire (gratuitement) le branchement de l’antenne et l’installation électrique. Or les heures passaient et il n’arrivait pas. La soirée s’approchait avec la menace de ne pas voir Tony Curtis et Roger Moore, une journée où mes parents et moi étions fatigués physiquement, et avions connu une grande frayeur : les déménageurs avaient laissé ouverte la porte de l’appartement que nous quittions et mon chien s’était échappé. Il revint mais nous avons vraiment eu peur. Il fut ensuite « cadenassé » dans le nouvel appartement.
Aucun programme intéressant cet après midi là (la 2 proposait le feuilleton italien « Les fiancés » avec Paola Pitagora, et la une « samedi loisirs » et une émission sur Pierre Dac).
Finalement, mon cousin artisan arriva et en début de soirée la télévision fut mise en route. Il y avait un « Top à Joe Dassin » avec Henri Salvador, Gigliola Cinquetti, Mary Roos sur la 2 avant « Amicalement vôtre ». Cet épisode, un des meilleurs de la série, est le remake d’un épisode du « Saint » intitulé « La vengeance ». Exactement la même histoire.
Il faisait très froid ce samedi 16 décembre, c’était ma première soirée dans un nouvel appartement que ma mère habite toujours. La semaine qui commençait allait m’apporter la plus grande des joies : retrouver enfin Muriel Baptiste.
Ceux qui ont regardé la une ce samedi là purent voir un téléfilm, « Une brune aux yeux bleus » de Lazare Iglésis d’après un roman de Charles Exbrayat, dans lequel on trouve Mirès Vincent, partenaire de Muriel dans « La double vie de Mademoiselle de la Faille », suivi de « Le voleur de riens », comédie musicale avec Henri TIsot.

Dimanche 17 décembre 1972


Ce dimanche là, j’étais en plein dans les cartons à déballer, après le déménagement de la veille, et je n’ai sans doute pas regardé la télévision (à part peut être la série « Les Monroe »), de toute façon, rien de ce qui était au programme ne m’attirait.
La séquence du spectateur proposait un extrait de « L’aventure c’est l’aventure » avec André Falcon, mais je ne savais pas encore qui était cet acteur.
Sur la une, le programme de ce jour là était « discorama » de Denise Glaser, consacré à Los Indianos, « Le sport en fête » de Michel Drucker qui avait pour invité l’écrivain Paul Guimard, auteur de « Les choses de la vie » adapté au cinéma avec Michel Piccoli (En 1972, Drucker occupait déjà la case horaire qu’il a aujourd’hui avec « Vivement Dimanche » !), je note ensuite à 17h55 « Les Monroe » avec Barbara Hershey, une série que je regardais habituellement, l’épisode s’appelait « l’ami des animaux », le film du soir, « Les Vitteloni » de Fellini, je ne l’ai jamais vu.
Sur la deux, il y avait à 14h20 un western, « Le secret du grand canyon » de Donald Siegel datant de 1960 avec Cornel Wilde, et le soir à 20h30 « Hommage à Darius Milhaud » : « Le pauvre matelot », comédie en trois actes. Puis des variétés, « Si le cœur vous en dit », de Jean Christophe Averty à 21h00. Le ciné club proposait « Rendez vous à Bray » avec Anna Karina.
Ce n’était pas encore les vacances, je me souviens avoir parlé de l’épisode de « Amicalement vôtre » diffusé le samedi avec un copain de classe le lundi 18.
Bien entendu, je pensais beaucoup à Muriel, que je n’avais pas revue depuis le dernier épisode de « Richard Lagrange ». J’attendais avec impatience « Les rois maudits » dont deux noms, en dehors de Muriel, m’étaient familiers : Jean Piat, alias Lagardère en 1967, et Patrick Prejean, le chauffeur de Louis Velle dans « L’homme qui revient de loin ». J’ignorais encore que « Les rois maudits » serait un choc pour moi. C’était l’un des deux programmes annoncés en juillet 1972 dans l’interview de Muriel par Télé Poche avec « Mlle de la Faille ». Mon état d’esprit de l’époque était « l’un des deux PREMIERS programmes » mais hélas, il ne devait pas y en avoir beaucoup d’autres.

Lundi 18 décembre 1972


A la différence de cette année, pendant laquelle les « programmes des fêtes » de la télévision consistent à une énième rediffusion des James Bond « On ne vit que deux fois » et « Le monde ne suffit pas », et à une comédie musicale avec M/Mathieu Chédid « Le soldat rose », l’ORTF en 1972 avait préparé des séries pour les fêtes de fin d’année : « Les gens de Mogador », « Les aventures de Pinocchio », « Les rois maudits » et « Les Thibault ».
Le lundi 18 décembre 1972 était un jour travaillé, je ne m’attarde donc pas sur les programmes de l’après midi, la une le soir nous proposa « La piste aux étoiles » présentée par Roger Lanzac, tandis que sur la 2 continuait « Poigne de fer et séduction » que j’ai déjà évoqué (épisode « Disparition ») mais l’évènement c’était à 20h30 sur cette chaîne : le premier épisode de la série « Les gens de Mogador ».
La série fut pour moi un régal, une belle histoire d’amour à travers trois générations avec comme décor la Provence. Les six premiers épisodes étaient adaptés de « Julia », le roman d’Elisabeth Barbier, et nous permettaient de retrouver Marie José Nat et Jean Claude Drouot.
Saga infiniment plus passionnante que les soporifiques « Thibault » de Roger Martin du Gard, avec Charles Vanel. Cette série est si bonne que j’aurais aimé y voir figurer Muriel Baptiste dans la distribution. « Les gens de Mogador », dans le premier montage, diffusé en 1972, 1975 et 1979, prenait le temps de raconter l’histoire. En 1995, le réalisateur de la série, Robert Mazoyer, devait raccourcir son œuvre pour nous en proposer une version condensée. C’est bien dommage car seule cette version est désormais rediffusée et disponible en DVD. La saga « Les gens de Mogador » comportait à l’origine 13 épisodes de 55 minutes, on est très loin du compte avec la version 1995 ramenée à 10 heures de film.
« Les gens de Mogador », à partir du 18 décembre, me firent patienter dans l’attente de ce jeudi 21 décembre où le premier épisode des « rois maudits » avec Muriel Baptiste fut diffusé.

Mardi 19 décembre 1972


Le mardi 19 décembre (Jour J-2 avant le début des « Rois Maudits »), le programme télévisé n’était guère palpitant. La seconde chaîne avait eu la mauvaise idée, après les variétés de Guy Lux « Cadet Rousselle », de programmer un film de Fellini, « Les Clowns », qui relevait plus du ciné club que de cette case horaire. Rappelons qu’à l’époque, un épisode de « Amicalement vôtre » intitulé « L’héritage Ozerov » avait été déprogrammé et restait à diffuser. Il le sera finalement au printemps 1973 un samedi soir !

Sur la une commença le feuilleton en six épisodes de Luigi Comencini d’après le conte de Carlo Collodi : « Les aventures de Pinocchio » avec Nino Manfredi et Gina Lollobrigida. Je ne l’ai pas regardé pour plusieurs raisons : à 13 ans, je me sentais trop vieux pour ce programme, mes parents avaient choisi la 2 pour voir Guy Lux, et de toute façon le second épisode se trouvait, le 21 décembre, en face des « rois maudits » sur la 2. Tout ce que je sais de « Pinocchio » est l’excellente musique de Fiorenzo Carpi. Lors des annonces des programmes de Noël, la une diffusait des extraits de la série avec cette musique sautillante.

Sur la 2, il y eu un navet avec Georges Chakiris à 15h25, « On a volé la Joconde », que je n’ai pas regardé. Je me souviens qu’un copain du collège apprécia ce film dont il ne se souvenait pas du titre et qu’il avait rebaptisé « La valise rouge » car il en était parait-il question dans le film. Il semble que ce mardi là, nous avons été au collège de 14h00 à 15h00. J’aurais pu voir le film mais il ne m’intéressait pas.

Bref, les vacances approchaient mais ce mardi 19 décembre n’avait rien de mémorable. Restait l’attente de ces « rois maudits » dont je connaissais l’existence depuis juillet 1972.


Mercredi 20 décembre 1972

Jour J-1. Je n’ai aucune peine à me rappeler l’épisode de « L’autobus à impériale » que la une diffusa dans les émissions pour les enfants : « Silence on tourne ». Il a été maintes fois rediffusé. J’ai raté les débuts télévisés en France à 20h30 sur cette chaîne du lieutenant Columbo, ayant regardé le second épisode des « gens de Mogador ». L’humeur était plus que jamais à la rêverie : le lendemain, Muriel serait présente sur le petit écran en noir et blanc.
Jeudi 21 décembre 1972


Il n’y avait absolument rien à regarder l’après midi de ce fameux jour. Sur la Une, « Miditrente » avec Danièle Gilbert et rien jusqu’au jeu « Réponse à tout » à 19h25. Cette même chaîne proposait en soirée le second épisode de « Pinocchio » et le magazine d’actualité « Plein cadre ». Sur la 2, après « Aujourd’hui Madame », c’était le feuilleton italien « Les fiancés » qui ne m’a pas laissé un souvenir impérissable.
A 20h30 donc, arriva le grand moment. La saga « Les rois maudits » commençait.
Dès les premières scènes, je trouvai, en dehors de la présence de Muriel, que l’intrigue était formidable. Pleine de mystère, de complots, de meurtres, de secrets. Longue dut être l’attente jusqu’à la séquence de la tour de Nesle. Enfin, mon rêve se concrétisait sur le petit écran en noir et blanc, enfin résonnait sa voix grave et enchanteresse, celle de la petite gitane de la « Princesse du rail » devenue une femme. Sa sensualité m’échappait à l’époque mais l’actrice m’envoûtait réellement. Elle faisait vibrer mon cœur à chacun de ses regards. J’avais la veille acheté le programme de la semaine suivante et savait donc (Télé Poche n° 358 page 5) que le personnage de Marguerite de Bourgogne mourrait dans l’épisode « la reine étranglée ».
Avec « Les rois maudits », Muriel Baptiste réussissait l’impossible : me faire oublier Annunciata. Désormais, elle était la reine de Navarre prise dans la tourmente de la fin du long règne des Capétiens. Je n’ai sans doute pas, à la première vision du « roi de fer », saisi toutes les nuances de l’intrigue. J’ai un moment confondu l’acteur André Falcon avec le héros de la série « Fortune » Pierre Michaël. Jean Piat, dans son rôle machiavélique, était loin du Lagardère de mon enfance. L’épisode est passionnant jusque dans les évènements qui arrivent aux anonymes (comme la romance de Marie de Cressay et de Guccio). Muriel n’a que trois scènes dans le film, mais il me semblait que j’avais passé une heure trente avec elle ! Bref, mon attente était récompensée au-delà de toutes les espérances. Ce souvenir d’adolescent, venant renchérir le coup de foudre d’enfant pour « la princesse du rail » en 1967, explique que Muriel Baptiste est gravée dans mon cœur à jamais. J’ai dû dès le lendemain me précipiter chez un libraire pour acheter « Les rois maudits » en livre de poche, et entre cette diffusion et celle de 1975, je ferai des confusions entre le livre et la série, ce qui a été filmé ou non.

A partir de cette soirée et pour de longs mois, je vais me trouver sur un nuage, loin de la réalité. Aujourd’hui, j’ai revu des centaines de fois soit l’épisode complet, soit les scènes avec Muriel, et en couleurs, mais rien ne remplace la découverte de la première diffusion.
Jusque là, je disais « la princesse du rail » ou parfois « Annunciata », l’infirmière Geneviève Lagrange ou Ginette Meurant n’étaient pas des rôles qui m’avaient autant marqué. Désormais, ce serait Muriel.

C’était il y a trente deux ans et c’était hier. C’était la plus belle femme du monde, la plus belle voix du monde, les plus beaux yeux du monde. Chaque être est unique, mais pour moi, Muriel Baptiste est irremplaçable. On peut comprendre, en lisant ces lignes, que je l’ai recherchée dans les années 80, lorsqu’elle était loin du métier, que je fus écrasé de chagrin le dimanche 6 novembre 2005 en apprenant (si tardivement comme beaucoup) son suicide.
Revenons au 21 décembre 1972 : c’était le temps du bonheur et j’attendais la suite…..vite !


Vendredi 22 décembre 1972

Pas grand-chose à la télévision ce jour là. Dernier épisode des « fiancés » sur la 2, rien d’intéressant dans les émissions pour les enfants sur la une, qui en soirée proposait le film de Tony Richardson « Tom Jones ». J’ai regardé sur la 2 « Poigne de fer et séduction » avec l’inquiétant Derren Nesbitt (Cet épisode « Une vieille histoire » a été plusieurs fois rediffusé), et en soirée le troisième volet des « gens de Mogador ». Mais j’avais l’esprit ailleurs, encore sous le charme du film de la veille. L’attente du jeudi suivant avait commencé.

Samedi 23 décembre 1972

Noël approchait et ce n’était pas un Noël comme les autres. Il n’y avait rien à voir sur la première chaîne placée sous le signe d’œuvres sérieuses et austères, à 14h00 « Les habits neufs du grand duc », d’après un conte d’Andersen, et en soirée « Les Thibault » qui ne fut pas un grand succès public malgré la présence de Charles Vanel. Des variétés avec Mick Micheyl concluaient la soirée. L’année suivante, cette chanteuse se retira du monde du spectacle pour aborder un nouveau domaine artistique : la gravure sur acier.

La seconde chaîne était nettement plus attirante d’abord avec le retour de « Match contre la vie » même si j’ai oublié l’épisode de ce samedi là : « Contrebande de bijoux ». Les Carpentier proposaient à 20 h 30 « A la manière de 1937 » animé par Roger Pierre et Jean Marc Thibault, suivi du 20ème épisode de « Maigret » avec Jean Richard, « Maigret en meublé ». On y retrouvait Gérard Berner ( Le duc d’Anjou dans « La dame de Monsoreau »), Evelyne Dress (qui sera l’année suivante l’une des vedettes de la série « Le provocateur »), Mony Dalmès (Alors familière du petit écran, citons « Michel Vaillant » ou « Allo Police »), ou encore François Dyreck (Manot la Jeunesse dans « Mandrin » diffusé en juin 1972). Evelyne Dress est une actrice de la génération de Muriel et comme on dit « jouait dans sa catégorie » ; peut être sur certains castings étaient elles en concurrence.

Mon enfance a été marquée par la série « Maigret » avec Jean Richard même si je trouve aujourd’hui qu’elle a fort mal viellie. En dehors de la télévision, cette semaine de vacances se déroulait tranquillement chez moi. C’est un des Noël dont je garde le souvenir le plus enchanteur.

Dimanche 24 décembre 1972

Je n’ai qu’un souvenir de ce jour là, le film « Le milliardaire » avec Marylin et Montand, typiquement le genre de films que je regardais « passivement » en famille, sans me poser de questions ni trop comprendre, et que j’ai cessé de voir en 1975 lorsque j’ai eu un poste de télévision dans ma chambre. Aucun autre souvenir des programmes de la une (« Le sport en fête », « Le voleur de Bagdad », le 3e épisode de « Pinocchio », « L’arche de Noël » avec Brassens, ni de la Messe de Minuit. Tandis que je me souviens de celle de 1973 où participa le chanteur Gilbert Bécaud). La 2 n’avait rien de palpitant au programme : « Aventure en Floride » (qui inspira la série « Flipper le dauphin »), « Barbe Bleue » opéra bouffe d’Offenbach avec Jean Le Poulain, « Aujourd’hui à Paris » avec Poiret et Serrault, « Ma vie est une chanson » avec Mickey Rooney

Lundi 25 décembre 1972

En dehors des « Gens de Mogador », je n’ai rien dû regarder. Sur la une était proposé « Le roi et moi » avec Yul Brynner, « Les témoins » avec Louis Velle, et un spécial Buster Keaton, sur la 2, Caterina Valente et Michel Legrand, un John Wayne « Le grand Mc Lintock » et « Le Barbier de Séville » avec Teresa Berganza. Je devais défaire les paquets de mes cadeaux et lire « Les rois maudits ».


Mardi 26 décembre 1972

J’ai regardé un film avec Jean Marais, « Le miracle des loups », et sans doute Guy Lux sur la 2, « La maison des Bories » certainement pas. Rien ne m’a marqué sur la une, « Pinocchio » en était à son quatrième épisode, il était suivi d’une « rétrospective 72 ».

Mercredi 27 décembre 1972

Rien vu sur la une qui proposait « Columbo » : « Plein Cadre » avec Ross Martin ( Artémus Gordon dans « Les mystères de l’ouest ») et un show Sylvie Vartan. J’ai regardé « Match contre la vie » (aucun souvenir de l’épisode « Le guide » de ce jour là mais malgré 35 années sans rediffusions, je pourrais vous raconter des épisodes comme « Vivez dangereusement », « Le crime d’Alex », « Les tyrans » ou « Une petite injustice », merveilleux Ben Gazzara, formidable série créée par l’auteur du « Fugitif » Roy Huggins), « Les gens de Mogador » et pas vu le vaudeville « La station Champbaudet. Dans ma tête, j’étais déjà au lendemain où Muriel revenait. Depuis le 21 décembre, j’étais sur un nuage.

Jeudi 28 décembre 1972

Nous voici arrivés à ce fameux jeudi 28 décembre. Il constitua le zénith de la carrière de Muriel Baptiste qui ne devait plus jamais connaître une telle audience et un tel succès.

Les programmes télévisés étaient réjouissants avec à 15h10 un épisode de « Match contre la vie » : « A l’est de l’Equateur ». Le générique disait : « Deux ans, trois peut être, c’est court, quand la mort est au bout. Que faire pendant ces quelques mois ? Je n’ai pas de parents, pas de femme, pas d’enfants. Alors, prendre la route, partir loin, loin, ailleurs… »
La série ne comporte ni pilote ni épisode final. Le premier épisode « Vivez dangereusement » a été diffusé aux USA dans le cadre de l’anthologie « The Kraft suspense theatre » sous le titre « A rapture of two-forty » et en France comme second épisode de la série. Il met en scène d’emblée le personnage de Paul Bryan dans la situation décrite au générique, à la façon d’une autre série de Roy Huggins « Le Fugitif ». « A l’est de l’équateur » est l’épisode 56 (26ème de la 2ème saison). La série se terminera au 86ème épisode intitulé « The exchange », une intrigue d’espionnage jamais diffusée en France.
Dans « A l’est de l’Equateur », Paul Bryan (Ben Gazzara) visite une galerie de peinture en compagnie de Caroline Willins, l’épouse d’un peintre qui a disparu. Il tombe en arrêt devant un tableau de style primitif signé Da Silva. Paul comprend que le peintre Jeffry Willins est toujours vivant et entreprend un voyage. Il le retrouvera mais l’artiste a choisi de disparaître volontairement du monde et de se cacher.

Sur la Une, à 17h30, les Barios, clowns du cirque Jean Richard et abonnés aux émissions pour la Jeunesse, me firent rire et patienter.

Je n’avais cure du 5e épisode de « Pinocchio » sur la une ni du « Livre d’or des français ». A 20h30, j’étais le cœur battant devant la seconde chaîne.
Muriel est supposée être enlaidie par les rigueurs de la prison mais je la trouvai plus belle que jamais. Marguerite de Bourgogne est de retour et tient tête, depuis sa forteresse, au roi de France. Catherine Hubeau, André Falcon, Henri Virlogeux, (Virlojeux à l’époque), Jean Piat, Jean Deschamps, Georges Ser, Louis Seigner et les autres, tous sont admirables. L’épisode passe trop vite. Et Marguerite-Muriel est assassinée. Je retins une larme quand Blanche est agenouillée devant le cercueil et que Jean Desailly commenta l’épilogue.
Ce soir là, quand le poste de télévision fut éteint, j’ai fait une immense erreur : croire que Muriel Baptiste était devenue une star. Elle l’a été dans mon imaginaire d’enfant, mais on ne retrouve pas de lettres de téléspectateurs dans la presse de l’époque pour saluer sa performance. Bien sûr, l’empreinte de son talent va durablement me conforter dans l’idée qu’elle est la plus grande des actrices. La profession, les hasards de la vie et le destin vont en décider autrement.

Vendredi 29 décembre 1972

Encore sous le choc de la diffusion de « la reine étranglée », je regardai distraitement les programmes du vendredi sur la 2 : « Match contre la vie » proposait l’épisode « Le crime d’Alex » (en VO : « At the end of the rainbow, there’s another rainbow ») qui met en scène deux personnages récurrents de la série : Molly Ryder (Anne Helm) et Bruce Dern, son mari dans la série, Alex Ryder. L’épisode raconte une histoire d’escroquerie à l’assurance mais en diffusant les épisodes dans le désordre, l’ORTF n’aidait pas à la compréhension ! Le soir, « Les gens de Mogador » atteignaient le 6ème épisode soit la fin du cycle Julia/Marie José Nat. La Une proposait deux films, « Heidi » et « Rio Bravo ». Toutes mes pensées allaient ailleurs. J’étais encore dans l’univers des « rois maudits ».

Samedi 30 décembre 1972

Mon seul souvenir télévisuel précis de ce jour là fut l’épisode de « Match contre la vie » : « La fugitive », avec la jeune Kim Darby. L’histoire consiste en un jeu du chat et de la souris entre la jeune Tina (Kim Darby), une adolescente fugueuse et Paul Bryan. Dans les dernières minutes de l’épisode, Tina devine son secret tout à fait par hasard en lui disant : « En revenant d’une chasse au Congo, vous avez appris que vous étiez atteint d’une maladie incurable ». Paul Bryan pâlit et se trahit.
Le reste des programmes tant sur la une (« Samedi Loisirs », « Les Thibault », « Jean Christophe Averty follies 1930 ») que sur la 2 (« Monsieur Octave », « Les mousquetaires au couvent ») étaient pour moi sans intérêt. Je devais lire et dévorer les romans de Druon pour y retrouver Marguerite de Bourgogne.

Dimanche 31 décembre 1972

La troisième chaîne est inaugurée mais pour une poignée de téléspectateurs qui a le privilège de la capter. J’ai vu sur la une le film « Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages » de Michel Audiard pour passer de 1972 à 1973, totalement insensible aux charmes de Marlène Jobert et trouvant le film absurde. Sur la deux, dans un « Top à 1973 », Marthe Keller et Louis Velle reprirent pour une séquence leurs rôles de « La demoiselle d’Avignon », le succès du début d’année. Je n’ai rien dû regarder d’autre, perdu dans les rêves de l’adolescence, dans l’amour fou et somme toute bien innocent pour Muriel Baptiste


Lundi 1er janvier 1973


Seul vague souvenir de ce jour de l’an : la diffusion télé d’un navet avec Tony Curtis, à l’époque en pleine gloire sur l’ORTF en raison de la diffusion de « Amicalement vôtre » : « La grande course autour du monde », de Blake Edwards. Le reste des programmes me laissa indifférent (« Carmen », « Le guépard », « La vie et la passion de Dodin Bouffant », « Alain Decaux raconte »). Par curiosité, j’attendais le 3e volet des « rois maudits » le mercredi même si Muriel Baptiste n’y figurait pas.
L’année commençait et j’en attendais beaucoup. Les quatre premiers mois allaient me combler, mais j’allais ensuite déchanter.


Mardi 2 janvier 1973


Dernier jour des vacances scolaires de fin d’année 72-73. A 17h40, dans les émissions pour les enfants, on trouvait Tony Curtis (encore !) venu présenter « Le cirque aux étoiles », un spectacle de Bouglione. Sur la 2, j’ai vu « le train sifflera trois fois » en soirée avec Gary Cooper, tandis que la 3e chaîne (que nous ne recevions pas dans ma région) proposait son premier feuilleton, « Les fleurs succombent en Arcadie », dont la vedette n’était autre que Catherine Hubeau (Blanche de Bourgogne dans « Les rois maudits »), qui à la différence de Muriel, allait enchaîner les rôles.


Mercredi 3 janvier 1973


Les vacances étaient terminées mais le mercredi, depuis cette année 1972-73, était devenu le jour de congé scolaire hebdomadaire à la place du jeudi. Avant les vacances, c’était la seconde saison des « Globe trotters » (1967), avec Yves Rénier et Edward Meeks, qui était diffusée. Terminée, elle est remplacée chaque mercredi à 15h10 par le soporifique « Voyage au fond des mers ». J’ai éteint le récepteur au bout de quelques minutes du premier épisode, « Le tueur des abîmes », le seul autre épisode dont j’ai vu quelques extraits fut le 13e et dernier, « Créature de feu ». Il existe outre Atlantique quatre saisons et 118 épisodes de cette série dont j’avoue n’avoir jamais compris le succès. Rien de rien à voir sur la une, le seul autre rendez vous télévisé fut le 3e épisode des « rois maudits », « Les poisons de la couronne », le premier sans Muriel. « Les rois maudits » après Muriel n’ont plus le même charme. Je suis à l’époque dans une situation d’attente, celle du retour de Muriel à la télévision.

Jeudi 4 janvier 1973

Les cours en classe de quatrième ont repris pour moi, et je ne peux voir « Match contre la vie » sur la 2 à 15h10 dont l’épisode s’intitule « Les vagabonds ». En soirée, j’ai l’autorisation de regarder « Les gens de Mogador » après Guy Lux. Mes parents m’envoyaient parfois au lit après 21h30, ce qui me priva en septembre 73 de la série « La mer est grande » par exemple. Nous en sommes au septième épisode, les amours de Ludivine (Marie France Pisier) et Frédéric (André Laurence) me laissent de marbre, cependant la série retrouvera un bon niveau lors des épisodes avec Brigitte Fossey et Paul Barge. Je me rends compte au collège que personne n’a remarqué Muriel Baptiste même si l’on parle des « rois maudits ».
En y repensant aujourd’hui, cette époque est étrange, elle me rappelle un immense bonheur mais dans le même temps, pour l’actrice Muriel Baptiste le succès n’est pas au rendez vous. « Le premier juré » (que l’on verra en avril) a été tourné juste après l’été 1972, et les réalisateurs ne lui proposent rien. Je ne savais pas que la carrière de Muriel était en train de se briser à tout jamais.
La une ce jeudi 4 janvier proposait « La duchesse de Langeais » avec Edwige Feuillère et la 3 « Les fleurs succombent en Arcadie » et le magazine de reportages « 52 ».


Vendredi 5 janvier 1973

Ce vendredi là marque ma première rencontre télévisuelle avec le lieutenant Columbo, dont le troisième épisode, « Faux témoin » avec Ray Milland, me met vite dans l’ambiance de cette série qui à l’époque fut un succès comparable à « Amicalement vôtre ». Aucun souvenir de l’épisode de « Match contre la vie » (« Mort d’un chef de bande » avec Henry Silva) sur la 2. A 19h30, le 14e épisode de « Poigne de fer et séduction » avec Robert Vaughn était aussitôt vu aussitôt oublié. « Au théâtre ce soir », à la même heure que « Columbo » mais sur la 2, proposait « Mascarin ».
J’étais toujours en plein effet post « rois maudits », d’autant plus qu’une revue sortait dans les maisons de la presse et bureaux de tabac intitulée « Télé Succès » avec Georges Marchal en couverture. Ce magazine publiait « Le roi de fer » ainsi que le roman de Frédérique Hébrard : « La demoiselle d’Avignon ». Une petite photo de Muriel en Marguerite y figurait mais à force de la coller et redécoller de mes cahiers, elle se déchira. Très vite, « Télé Succès » devint introuvable. Il s’agit de la même photo que la revue « Historia » publia à la même époque.

Samedi 6 janvier 1973


Ce samedi là, « Match contre la vie » fut diffusé tard dans l’après midi à cause d’un match de rugby Angleterre-Nouvelle Zélande. L’ORTF avait la mauvaise habitude de diffuser les séries américaines sans respecter l’ordre des saisons et des épisodes. On retrouve ainsi dans « Les bolides » le personnage de Pete, coureur qui s’est tué dans un épisode intitulé « Records du monde » diffusé en novembre 1972 !
« L’homme de fer » revient le samedi soir en seconde partie de programme pour une troisième tranche de 13 épisodes, curieusement toujours piochée dans les premières saisons 1966-67. Télé Poche annonce « Ni le lieu, ni l’heure » mais c’est « Une heure à tuer » qui est diffusé après le Top à Mireille Mathieu de Maritie et Gilbert Carpentier. Sur la une, j’échappe aux soporifiques « Thibault ». Pour information, la 3 proposait à son programme « George Dandin » de Molière avec Robert Hirsch et un documentaire, « les enfants des antipodes ».
En 1973, « L’homme de fer » était déjà un peu démodé. Les critiques des téléspectateurs de l’époque en attestent. J’aimais cette série dont la composition de la distribution rappelait un peu celle de « Daktari. ».
Mais pour moi, l’essentiel était ailleurs, je devais avoir déjà lu au moins deux fois « les rois maudits » tome 1 et 2 de Maurice Druon. Je rêvais à Marguerite de Bourgogne que je faisais revivre au fil de mes lectures.

Dimanche 7 janvier 1973


Rien d’extraordinaire au programme ce dimanche où Thierry Le Luron commença sa série de variétés « Le luron du dimanche » aux côtés du chansonnier Patrick Font (De Font et Val). L’après midi déprimant ne proposait que le film « Le mouton » avec Fernand Raynaud et la série western « Les Monroe ». Pas mieux sur la 2 avec le film « l’aventure est au large ». C’était un temps où le téléspectateur, peu exigeant, se contentait de vieux films. J’ai peu de souvenirs des dimanches soir où généralement je regardais le film de la une s’il ne se terminait pas trop tard
Et où Muriel Baptiste devait avec étonnement attendre derrière son téléphone le rôle qu’un metteur en scène ne lui donnerait jamais.

Lundi 8 janvier 1973

« Joseph Balsamo » avec Jean Marais, une fausse bonne idée. Nous sommes loin des films de cape et d’épée comme « Le Bossu » ou « Le Capitan ». Jean Marais eut cependant du succès pour sa première série télé, avant de connaître six mois plus tard un désastre critique et public pour « Karatékas and Co ». Ce n’est qu’au fil des épisodes et des semaines que j’ai trouvé « Balsamo » raté et ennuyeux, comme si l’action ne démarrait jamais.
Nous étions moins réactifs à l’époque, la série se monta sur les seuls noms de Jean Marais, Alexandre Dumas et André Hunebelle. Il faut croire qu’elle attire encore quelques curieux (qui doivent vite déchanter tant la série est médiocre) puisque LCJ a eu la mauvaise idée de l’éditer, alors que tant de programmes avec Muriel Baptiste dorment à l’INA.
La 2 proposait l’émission « Cabaret » de Jacques Rouland, tandis que la 3 proposait la première diffusion télé des « Amants du Capricorne » d’Hitchcock. L’un de ses moins bons à mon avis. Je l’ai vu quelques années plus tard.

Mardi 9 janvier 1973

Absolument rien à regarder ce jour là en ce qui me concerne. Une journée de janvier 1973 n’était cependant pas ordinaire, les programmes des fêtes étaient dans ma mémoire. Le lendemain, c’était le quatrième épisode des « rois maudits ». Je n’avais pas de magnétoscope mais des souvenirs et des images plein la tête. La télévision, c’était aussi dans les conversations au collège avec mon meilleur ami que je gavais des mes impressions sur Muriel dans la série de Barma. A cette époque, je ne pensais qu’à elle et devais être bien distrait en classe.
Ce soir, la Une proposait Aznavour, la 2 le film « les années folles », un film de 1960 réalisé par Mirea Alexandresco (Le créateur du jeu « Télé mon droit » quelques années plus tôt), et commenté par Serge Reggiani, la 3 un téléfilm « Le gardien de l’eau ».

Mercredi 10 janvier 1973

Rien à voir dans les émissions pour la jeunesse sur la Une, et je ne regarde pas, sur la 2, « Voyage au fond des mers ». Je dois donc attendre le soir pour regarder « Poigne de fer et séduction ».
« Les rois maudits » continuent, avec « la loi des mâles ». Je frissonne à chaque mention de la reine Marguerite de Bourgogne dont la fille Jeanne est pressentie pour succéder à Louis X le hutin. Une bonne surprise m’attend le mercredi suivant, et je ne le sais pas encore.
Sur la Une en face, il y avait l’émission politique « A armes égales » et sur la 3 « C’était hier » d’Henri de Turenne et Daniel Costelle.

Jeudi 11 janvier 1973

Après Guy Lux, je suis perdu dans mes rêves pendant la diffusion du huitième épisode des « gens de Mogador », série romanesque dans laquelle Muriel aurait fait merveille. Elle convenait tout à fait à mon état d’esprit de l’époque. J’avais l’impression d’une série « reposante » dans laquelle il ne se passait pas grand-chose, en lisant récemment les romans et en regardant la version DVD, je me suis rendu compte de mon erreur.
La Une proposait une rediffusion de « La caméra explore le temps » (« Sainte Hélène ») et la 3 le documentaire « Des yeux pour voir ».

Vendredi 12 janvier 1973

Après un épisode inédit de « Match contre la vie » sur la 2 à 15h10, « Le livre témoin », quatrième épisode de « Columbo » sur la Une, confirme mon excellente impression du vendredi dernier. Ce sont des épisodes que j’aurais l’occasion de revoir dès 1974 dans l’émission « La Une est à vous ». Depuis, ils ont été multi diffusés. La série devait connaître un succès croissant jusqu’en 1976. A l’automne, les épisodes inédits furent diffusés le samedi après midi et non plus en soirée, comme de 1972 à 1975.
Sur la 2 était programmé le western « Duel au soleil » avec Gregory Peck et sur la 3 « Lumières du Mzab ».

Samedi 13 janvier 1973

Le samedi après midi, il fallut attendre, pour cause de tournoi des cinq nations France Ecosse 16h35 pour voir l’excellent épisode de « Match contre la vie » : « Amnésie ». Après un accident de ski en Suisse, Paul Bryan (Ben Gazzara) revient à San Francisco comme si de rien n’était, ignorant tout de sa maladie. Il retrouve sa fiancée Kate (Carol Lawrence), sa belle sœur Molly et son beau frère Alex. Cet épisode aurait pu servir de pilote à la série, lorsque Paul Bryan apprend qu’il est atteint d’un mal incurable. Molly et Alex reviennent au fil des épisodes diffusés dans le désordre : « Le carnaval finit à minuit », « Le crime d’Alex », « Le gros lot », etc…
Sur la Une, l’ennui régnait avec le salon de la navigation de plaisance et l’émission « Loisirs loisirs ».
En soirée, Marcel Amont, invité des Carpentier, fut préféré par mes parents au quatrième épisode des « Thibault ». A la suite fut diffusé « Ni le lieu ni l’heure », l’épisode de « L’homme de fer ». Un souvenir effrayant me reste d’un samedi soir de l’époque sans que j’en situe la date précise. Ce jour là, ma mère était tombée en panne de voiture mais je l’ignorai. Les Carpentier et « L’homme de fer » défilèrent tandis que je l’attendais avec angoisse en compagnie de ma grand-mère. J’ai oublié la date de ce moment de panique et retenu les jours heureux liés à des évènements de la carrière de Muriel Baptiste.
Nous regardions souvent après la série du samedi soir l’émission de Philippe Bouvard qui fut l’objet de fréquentes polémiques.
La 3 proposait ce 13 janvier la pièce de Jacques Borel « Tata ou de l’éducation » et l’émission « réalité fiction » de Jean Frapat.
Le second numéro de « Télé succès » avait dû paraître, traitant toujours des « rois maudits » et de Muriel Baptiste pour son rôle de Marguerite. Malheureusement, cette revue cessa d’exister après le 3e numéro dont la couverture représentait le banquier lombard Tolomeï alias Louis Seigner. Je regrettais beaucoup cette disparition qui me privait de photos et d’articles sur Muriel. Je ne devais pas me ruiner en magazines et livres proposant des photos d’elle par la suite.

Dimanche 14 janvier 1973

Tout ce que j’ai dû voir ce jour là se résume à l’épisode des « Monroe » sur la une à 14h15 intitulé « Sous la menace » et au premier épisode d’un soporifique feuilleton allemand « Les sables volants » à 19h10, même chaîne.

Lundi 15 janvier 1973

Dernier épisode de « Poigne de fer et séduction », (intitulé « Le président ») que l’on laisse partir sans regrets, et second épisode de « Joseph Balsamo » qui n’en finit pas de commencer.
Dans « Poigne de fer et séduction» (« The protectors » en anglais), seul le générique était réussi, alignant des scènes d’action sur une musique rythmée de John Cameron. Sa vedette, Robert Vaughn avait été auparavant Napoléon Solo dans « Agents très spéciaux », série diffusée sur l’ORTF de 1967 à 1969, trente neuf épisodes en trois tranches de treize. Jusqu’en 1976, la télévision fut avare de rediffusions concernant l’agent de l’Uncle, si l’on excepte un épisode proposé dans « la Une est à vous » en novembre 1973. C’est une série très surestimée, malgré la qualité de l’interprétation de Robert Vaughn et de son complice David Mc Callum. Les histoires des deux dernières saisons donnent dans l’absurde et le burlesque à outrance, mais la série était cependant supérieure en qualité à « Poigne de fer et séduction », victime de son format 30 minutes.
En 1973, Tom Jones vint un jour chanter à la télévision le générique de cette série, « avenues and alleways ». Au générique de fin de la série, c’est Tony Christie qui interprétait la chanson et en français (« Dans les rues et dans les avenues »).
C’était le temps de mes quatorze ans, où je croyais naïvement que la bonne santé vous est donnée pour toujours, où j’ignorais tout des tracas financiers, où la vie était insouciante, heureuse, et où le bonheur, la joie de vivre, se résumait à un prénom : Muriel. Le bonheur s’alimentait du manque de réflexion et d’objectivité, de regard sur l’avenir, vivant intensément l’instant présent qui seul comptait.
C’était aussi un temps où il en fallait peu pour me contenter Pas de magnétoscope, de DVD, de CD, tout cela n’existait pas.
Même la télévision était naïve, qui maintenait sept semaines de suite le lundi en « début de soirée », en « prime time » dirait-on aujourd’hui, un navet comme « Joseph Balsamo » sur le seul souvenir du prestige de son interprète principal.
Sur la 2, à la même heure que Balsamo, Jacques Rouland animait « Le défi » avec son frère Jean Paul. A 21h10 (j’étais couché), « Actuel 2 » était présenté par Jean Pierre Elkabbach, et le film « la décharge » de Jacques Baratier (1970) commençait à 22h15, avec Bernadette Lafont et Daniel Duval, la 3 proposait à 20h05 « Le roi de cœur » de Philippe de Broca avec Geneviève Bujold.


Mardi 16 janvier 1973

Triste soirée avec « La piste aux étoiles » sur la Une, l’émission sur le cirque était en 1973 très fatiguée. Elle avait été un succès pendant les débuts de la télévision, mais les années ne l’avaient pas bonifiée. Son créateur, Gilles Margaritis, étant décédé en 1965 , sa veuve Hélène continuait à la produire tandis que Roger Lanzac était le « Monsieur Loyal ».

La une poursuivait la soirée avec « Pourquoi pas l’exploit ? », magazine du service des sports, qui remplaçait « les coulisses de l’exploit » de Raymond Marcillac, remercié par l’ORTF en 1972 pour une affaire de « publicité clandestine ».

Sur la 2, l’après midi, Pierre Brasseur (partenaire de Muriel dans « Tchao ») était la vedette du film « L’arche de Noé » (1946) – pas vu – et en soirée, « Les dossiers de l’écran » étaient illustrés par un documentaire « Football à Mexico » (pas vu non plus).

« La porteuse de pain » commençait ce soir là sur la 3, chaîne que notre région ne captait pas.
C’était une injustice, car cette chaîne proposait des programmes que l’on ne trouvait pas ailleurs, par exemple la série « témoignages » dont Muriel joua un épisode.

Martine Sarcey succédait dans le rôle de Jeanne Fortier à Suzanne Flon au cinéma.

Le casting est assez inattendu, on y trouve le vétéran Jacques Monod, habitué du petit écran, le fantaisiste Sim qui faisait ses débuts d’acteurs dans un rôle à contre emploi.
Philippe Léotard était au générique mais il n’avait pas la renommée qui fut la sienne par la suite grâce au cinéma, de même que la canadienne Carole Laure qui joue le rôle de sa fille Mary Harmant (Léotard est Jacques Garaud jeune, Monod est Jacques Garaud vieux caché sous le nom de Paul Harmant). Une invraisemblance flagrante de la distribution car Léotard et Monod ne se ressemblaient pas et ils étaient supposés être le même personnage, le méchant de l’histoire, à deux âges de son existence ! Citons encore Laurence Vincendon, (la fille de Jeanne Fortier qui sera deux ans plus tard la vedette de la série « Christine »), et Dadzu dans le rôle du peintre Etienne Castel.

Une grande surprise m’attendait le lendemain pendant « les rois maudits ».


Mercredi 17 janvier 1973

Muriel à la télé ! Pour quelques secondes seulement, lors d’une séquence flash back de « La louve de France » où l’on revoit Muriel rasée dans la scène du « roi de fer » : « Et moi, j’ai eu le printemps ». Un moment de bonheur immense pour l’adolescent que j’étais. L’épisode fit scandale en raison du supplice réservé à Edouard II. Claude Barma fut contraint de venir s’expliquer le lendemain au journal télévisé.
Ce 17 janvier débutait une série policière tropicale « Docteur Caraïbes », avec Louis Velle, sur une musique trépidante de Jacques Arel et un générique de fin chanté par Herbert Léonard. Je n’en ratai pas un épisode en imaginant Muriel en lieu et place de l’actrice Suzanna Leigh qui joue le rôle de Laura.
Je rêvais, je rêvais, toujours et sans fin.
Avec quelques secondes de Muriel dans « La louve de France », j’avais pris des réserves de passion pour des semaines.
Aujourd’hui, cela peut sembler très peu, car on peut se repasser le DVD à l’infini, mais à l’époque, ces secondes étaient précieuses. Elles interviennent après deux épisodes sans Muriel, et de façon tout à fait inattendue, lorsque la reine Isabelle regrette (après une nuit d’amour avec Mortimer joué par Claude Giraud), d’avoir jadis dénoncé Marguerite de Bourgogne.

Jeudi 18 janvier 1973

Ce soir là, la 3 proposait la série « Témoignages ». Il s’agissait de court-métrages de 30 minutes avec des vedettes différentes à chaque épisode. Celui du 18 janvier s’appelait « La consultation » et permettait de voir Claire Maurier (« Quentin Durward ») et Louis Velle. Quelques mois plus tard, ce fut la catastrophe, la 3 était toujours invisible dans ma région et Muriel jouait dans un épisode. Il n’y avait pas de photos d’elle, juste la mention de son nom dans la distribution. Pas moyen de retrouver le titre et la date de diffusion de l’épisode. C’était durant la période où la région Rhône Alpes n’était pas équipée pour recevoir la 3e chaîne. Je ratai ainsi : « Les fleurs succombent en Arcadie » avec Catherine Hubeau, la première série de « Cannon » avec William Conrad et surtout celle de « Hawaii police d’état » avec Jack Lord, « L’hiver d’un gentilhomme » avec Gabriel Cattand, « L’oiseau de nuit » avec Burt Reynolds tous diffusés durant l’année 1973.

Le 9e épisode des « gens de Mogador » fut programé ce jeudi soir là. La saga devenait ennuyeuse.
Pas vu l’épisode « Le gros lot » de « Match contre la vie » étant au collège.
Comme on le devine, j’étais sur un nuage après l’apparition de Muriel la veille.

Vendredi 19 janvier 1973

Aucun souvenir de l’épisode de « Match contre la vie » vu ce vendredi là : « Le pari ». La soirée fut excellente avec le second épisode de « Docteur Caraïbes » et « Columbo » dont le titre de l’histoire était « Accident » (rediffusé de nombreuses fois par la suite).
La une proposait une rétrospective de l’émission « Discorama » avec Denise Glaser, la 2 un « Au théâtre ce soir » intitulé « Lysistrata » avec Claudine Coster, la 3 « Les marionnettes dans la rue », un documentaire, suivi de « La porteuse de pain » et du documentaire « Le mineur » dans la série « Album de famille des français ».
L’essentiel pour moi, n’était pas à la télévision. Les journées au collège se succédaient en compagnie de mon meilleur ami d’enfance à qui je parlais de Muriel Baptiste.
Chez moi, je coupais et collais dans des cahiers que je confectionnais avec des feuilles de papier Canson blanches, format A3 soigneusement repliées en deux et reliées par du scotch l’une à l’autre, tout ce que je pouvais trouver sur Muriel, « Les rois maudits ». Malheureusement, beaucoup de documents ne se sont pas conservés car je décollais et refaisait sans arrêt tout. Je n’étais pas économe car il était facile alors de commander un numéro ancien de « télé poche », combien de timbres ais-je envoyé au « 101 rue Réaumur » !
Mais quelques années plus tard, le magazine télé supprima ce service de vente au numéro.


Samedi 20 janvier 1973

Peu de choses à voir ce samedi. Ce n’est qu’à partir du mois de septembre de la même année que la télévision va se préoccuper du téléspectateur du samedi après midi avec tout d’abord « La Une est à vous » de Guy Lux qui durera trois années. Puis d’autres formules prendront le relais (Denise Fabre, Pierre Douglas et Garcimore présentant « Au plaisir du samedi » sur la une, Michel Lancelot sur la 2 animant dès janvier 1975 « Un jour futur »).
Il convient de dire que dans les années soixante, le samedi après midi était un jour travaillé, même par les écoliers. L’ORTF a cependant mis quelques années pour se mettre au diapason et proposer autre chose que « Le petit conservatoire de la chanson » ou « Loisirs loisirs » et intégrer la notion de « week end » dans sa grille des programmes.
A voir donc « Match contre la vie » vers 15h00 et en fin de soirée « L’homme de fer » avec l’épisode « L’ombre du doute » après un « Top à Claude François. Sur la une, le 5ème épisode des « Thibault » en soirée après « Loisirs Loisirs » dans lequel, à 17h05, on pouvait voir Jean Piat dans un extrait de la pièce « Le tournant », de Françoise Dorin, mais il ne fut pas question des « rois maudits » pour autant.
Jean Piat n’a pas profité du succès de son personnage de Robert d’Artois pour continuer une carrière à la télévision, lui préférant le théâtre. Pourtant, bien davantage que Muriel Baptiste, il récoltait début 1973 les lauriers du fort taux d’audience de la série. On le retrouve au grand écran dans « La rivale » l’année suivante, une comédie de Sergio Gobbi avec Bibi Andersson et Geneviève Fontanel, qui bénéficia d’un peu de promotion à la télé mais fut un échec.
Il ne revient qu’en 1977 sur TF1 dans « Les jeunes filles » de Lazare Iglésis d’après l’ouvre d’ Henry de Montherland. Il faut ensuite attendre « L’affaire Saint Romans » sur FR3 en 1988 pour une ultime série à ce jour. Il a réservé son talent pour les planches.





Dimanche 21 janvier 1973

Ennui total avec sur la une « Robinson et le triporteur » à 17h15, ce film avec Darry Cowl fut diffusé plusieurs fois à l’époque de l’ORTF. Le laborieux feuilleton allemand « Les sables volants » était programmé à 19h10.
Il convient de préciser que durant ces années là, mes parents sortaient le dimanche pour se rendre chez des amis ou dans la famille, et que je les suivais.
Je ne ratais rien à la télévision éternellement divisée pour la première chaîne entre les sports vers 14h suivi d’un film vers 17h (généralement un vieux film sans intérêt), et la deuxième qui proposait un vieux film d’aventures en début d’après midi.
Le dimanche 21 janvier illustre mon propos : sur le Une, « Le sport en fête » à 14h30 (avec une partie variétés dont l’invité d’honneur était Serge Reggiani) et à 17h15 « Robinson et le triporteur », tandis que sur la 2, on trouvait à 14h35 « La perle noire » de Richard Thorpe, datant de 1953, avec Robert Taylor et Stewart Granger.
A noter que Jean Piat poursuivait la promotion de la pièce « Le tournant » sur la 2 cette fois, à 12h30, dans l’émission « On en parle » présentée par Jacques Chabannes. Jean Piat était accompagné de l’auteur de la pièce, Françoise Dorin. Après « Loisirs loisirs », la veille, il continuait à présenter « Le tournant ».
Pendant des années, j’ai pensé, en suivant l’actualité de Jean Piat (par exemple ses interviews dans la presse ou à la télévision) qu’il parlerait des « rois maudits » et évoquerait Muriel Baptiste, jusqu’à ce jour de 1990 où il m’a écrit ne plus se souvenir d’elle et ne l’avoir jamais revue après la série de Barma.



Lundi 22 janvier 1973

3e épisode de « Docteur Caraïbes » à 19h30 sur la deux, et rediffusion à 20h15 sur la une du premier des 31 épisodes de « Les habits noirs », un feuilleton déjà vu en octobre 1967. Ensuite, 3e épisode de « Balsamo » au rythme toujours aussi lent.
La rediffusion des « habits noirs » permettra à ce feuilleton de connaître un étonnant succès. Dans la distribution, on retrouve Jean François Calvé, l’un des derniers partenaires de Muriel à la télévision dans « L’affaire Bernardy de Sigoyer ». Cette seconde diffusion fut « sans lendemain » car la série est oubliée depuis, et n’a pas été éditée en vidéo. A noter que « Les habits noirs a été diffusé deux fois à la même case horaire, tout comme un autre feuilleton, « Adieu mes quinze ans » avec Patricia Calas (1971 puis 1974). Le fait est inhabituel car pendant les années 70, le feuilleton du soir, avant ou après le journal télévisé, était inédit.
A l’époque de l’ORTF, il y avait rarement une troisième diffusion, de ce fait, beaucoup de séries après deux passages ne demeuraient que dans la mémoire des téléspectateurs. Ce fut malheureusement le cas pour « La princesse du rail » après deux diffusions, février 1967 et juillet 1972.
Rien d’autre à signaler ce lundi 22 janvier ou la 2 consacrait sa soirée à Maître Floriot, le célèbre avocat, dans l’émission de Jacques Rouland « La vie du bon côté », et la 3 diffusait le film de François Leterrier « Un roi sans divertissement » avec en vedette Claude Giraud (Mortimer dans « Les rois maudits » et le père de Sébastien dans « Sébastien parmi les hommes »).


Mardi 23 janvier 1973

Mes parents ont regardé « Les sans studio » sur la Une, émission des frères ennemis. Côté télé, rien d’autre à signaler, et depuis trente quatre ans, ma mémoire a oublié ce jour comme les autres dans une époque fantastique.

Mercredi 24 janvier 1973

Une page de l’histoire de la télévision se tourne avec le sixième et dernier épisode des « rois maudits » : « Le lis et le lion ». Marguerite de Bourgogne y est évoquée à deux reprises : lorsque l’épouse de Philippe de Valois avoue à ce dernier avoir comploté contre « ce méchant Robert d’Artois qui fit étrangler Marguerite », et lors de la scène finale, l’agonie de Robert où il s’adresse à Lormet : « Non, Marguerite pas elle, elle a souffert Lormet quand tu l’as étouffée ? »

Jeudi 25 janvier 1973

Sur la 2, après un spécial Rika Zaraï de Guy Lux, dixième épisode des « gens de Mogador ». En lisant plus de trente ans après les romans, j’ai découvert que je connaissais tous les lieux décrits, car je n’habite pas très loin de la Provence. En 1973, je ne saisissais pas toutes les subtilités des « Gens de Mogador », les histoires d’adultère, les intrigues sentimentales, j’étais jeune et je trouvais que la série manquait d’action. Il y en a dans « Les rois maudits » ou « La princesse du rail ». « Les gens de Mogador » est une succession de drames et de joies, d’évènements familiaux, mais la série et les romans ont ce qui est à la fois un avantage et un inconvénient : le manque de rythme est reposant mais parfois ennuyeux. Je n’ai jamais beaucoup aimé Marie France Pisier et toute la partie « Ludivine » m’a moins plu que le reste.

Ce 25 janvier 1973, la Une proposait une « Soirée allemande » avec le film de Schloendorff « La soudaine richesse des pauvres gens de Kombach », un film d’art et d’essai qui passe parfois dans les ciné clubs. La 3 proposait « La porteuse de pain » et le magazine « 52 ».
Vers cette époque, j’achète le 45 tours de la bande originale de « Docteur Caraïbes » face A instrumental de Jack Arel et face B « Sous le ciel de feu » chanté par Herbert Léonard. Allez savoir pourquoi, cette musique là me fit souvent penser à Muriel Baptiste.



Vendredi 26 janvier 1973

Un excellent « Columbo », « Poids mort », avec Suzanne Pleshette, vue dans « Les envahisseurs » en 1969 (épisode « La mutation », très émouvant, relatant une histoire d’amour entre David Vincent et une extra terrestre) et que je retrouverai quelques années plus tard à la télé lors d’une diffusion du fameux « Les oiseaux » d’Hitchcock. Après « Columbo », la première chaîne proposait une émission médicale sur la toxicomanie avec le professeur Olivenstein.
Sur la 2, programme inhabituel, un western « Les compagnons de la gloire » d’Arnold Laven, avec Tom Tryon, suivi de l’émission littéraire « Italiques ».

La 3 a diffusé le neuvième épisode de « La porteuse de pain » et ensuite a raté une belle occasion de parler de Muriel Baptiste avec une soirée « Colette » pour le centenaire de sa naissance célébré deux jours plus tard le 28 janvier 1973. Pas de mention de la version 1964 de « Gigi » qui révéla Muriel. Dans cette émission participaient les comédiens suivants : Nathalie Nerval, Elisabeth Meaulne, Martine Couture, Daniel Soukhotine, Yves Lartigue, Pierre Boutron, Guy Shelley. Je savais depuis le reportage de juillet 1972 de Télé Poche sur Muriel qu’elle avait joué dans « Gigi ». Et chaque fois qu’une émission est consacrée à Colette, même aujourd’hui, je jette un œil, mais là en l’occurrence, c’était sur la 3e chaîne à l’époque où ma région, le Dauphiné, ne la captait pas. Alors, pas de regrets.


Samedi 27 janvier 1973

Rien à l’horizon à part « Match contre la vie » et « L’homme de fer ». L’épisode « Le sergent mène l’enquête » a été rediffusé depuis, notamment sur TMC.

Dimanche 28 janvier 1973

« Le sport en fête » de Michel Drucker accueille Jean Marais, qui parle de « Balsamo » et du tournage de « Karatékas and co ». « Les Monroe » à 17h15 (épisode « Le cougar ») et le dernier épisode des « sables volants » à 19h15, constituent un dimanche ennuyeux qui précède un mercredi 31 janvier où Télé Poche me réserve une immense surprise.

Lundi 29 janvier 1973

« Docteur Caraïbes », « Les habits noirs », « Balsamo »

Mardi 30 janvier 1973

« Les sans studio », autrement dit rien à regarder.

Mercredi 31 janvier 1973

Je tiens tout tremblant Télé Poche dans mes mains. Muriel Baptiste est en couverture en page 2, une photo en couleurs, elle joue dimanche dans le film « Les risques du métier ». Il sera difficile d’attendre jusque là. Par chance, c’est le film de la Une, que mes parents regardent en général.
La photo vient d’être prise, c’est une Muriel de 1973, pas une photo tirée du film avec Brel. Muriel sourit, elle a un peu vieilli par rapport aux « Rois maudits ». Elle sourit à la vie, à son public, mais une fois de plus n’a pas donné d’interview. Ce devait être une femme très secrète et réservée.
A l’époque, tout cela me semble naturel, il ne me vient pas à l’esprit une seconde que tout va s’arrêter. Nous sommes plus d’un mois après la diffusion de « La reine étranglée » et je n’ai qu’elle en tête. Je regarde ce jour là distraitement « Docteur Caraïbes » et « Les habits noirs ».
Gilles Béhat, alias Charles de la Marche, est sur la 2 dans une rediffusion d’un téléfilm de 1970, « L’hercule sur la place ». Mais je n’ai pas regardé.

Jeudi 1er février 1973

Sur la 3, la fameuse série « Témoignages », ce soir là « Un vrai faux » avec Aude Loring, Gabriel Cattand et Pierre Mondy. Que je rate tout comme « Match contre la vie ». Il me reste le 11e épisode de « Mogador ».

Vendredi 2 février 1973

Un très bon « Columbo » ce jour-là, « Une ville fatale » avec Patrick O’Neal. Lors de cette première diffusion de 1973, la série avait un générique (des titres sur fond gris) et une musique, toujours la même, sans doute un montage de l’ORTF. Dès 1974, cette musique disparut sauf dans les rediffusions de « La une est à vous ».


Samedi 3 et dimanche 4 février 1973


L’attente de ce dimanche là

Dimanche 4 février 1973, Muriel Baptiste est dans « Les risques du métier » que diffuse la première chaîne le dimanche soir. Je sais la chose depuis seulement quelques jours (Télé Poche paraissait en l'occurrence le 31 janvier). Une Muriel resplendissante est en photo couleurs en deuxième page et va rejoindre mes cahiers. C'est la première fois que je la revois depuis janvier (brève séquence dans l'épisode "La louve de France" des "Rois Maudits", lorsque Isabelle de France se rappelle de Marguerite). Un mois de janvier où chaque minute, j'ai pensé à Muriel. Ce passage télé des "risques du métier" est donc pour moi un évènement. A l'époque, peu de bons programmes à se mettre sous la dent: "Columbo" le vendredi soir, "Match contre la vie" dont je vois 2 épisodes sur 3 pour cause d'emploi du temps scolaire, "Les gens de Mogador" pas mal mais sans plus, "Docteur Caraibes" avec Louis Velle, excellente série qui est programmée chaque soir. Par contre "Balsamo" avec Jean Marais qui promettait d'être passionnant (genre cape et d'épées) est raté.

Le samedi après midi, "Loisirs, loisirs" (Pouah!). Seul "Match contre la vie" sur la 2 est à voir. Le samedi soir, après le Top des Carpentier, dédié à Aznavour, c'est "L'homme de fer", 3e série ORTF, en fait des épisodes toujours piochés dans la première saison 1966 américaine. Et puis c'est "Samedi soir", avec Bouvard, le Fogiel ou Ardisson de l'époque.
Le dimanche, l'attente grandit encore: mes parents ne savent pas à quel point j'attends le film du soir ni surtout pourquoi. Rien de bien exaltant à voir: "Le luron du dimanche" avec Thierry Le Luron, "Le sport en fête" de Drucker (bof), l'éternel vieux film vers 17h sur la une, la deux n'est pas mieux servie avec un film de "Lassie". A 19h10, "Le jeune Fabre" commence, une série que j'ai assez aimée mais dont je raterai le 13eme et dernier épisode. Et puis arrive 20h40 et le film commence. Il faut attendre un long moment avant que Muriel Baptiste intervienne dans le film, mais là, quel paradis, même si la séquence est trop courte. A partir de fin mars, ce sera Muriel tous les soirs dans "Le premier juré", mais cette soirée là est déjà merveilleuse. A cette époque, Annunciata s'éclipse un peu au profit de Marguerite de Bourgogne dans mon esprit. C'est Muriel/Marguerite que je retrouve à la télé, d'ailleurs la photo de Télé Poche est difficile à rapprocher de la brune bohémienne aux cheveux longs de "La princesse du rail".





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